La « Gestapo » de Pékin s’appuie sur le reportage d’ABC dans sa campagne de propagande contre le Falun Gong

Un survivant de la torture se souvient de ses ressentis et de la propagande du régime chinois
Par Daniel Y. Teng
22 juillet 2020
Mis à jour: 22 juillet 2020

Une émission de l’Australian Broadcasting Corporation (ABC) a été exploité par le célèbre bureau 610 du Parti communiste chinois (PCC) – une force de police secrète extralégale apparentée à la Gestapo – pour justifier ses 21 ans de persécution de la pratique de la méditation spirituelle du Falun Gong.

La semaine dernière, l’Association australienne du Falun Gong a averti la chaîne ABC que l’émission qu’elle entendait diffuser à la télévision pourrait être exploité par le PCC dans sa campagne de propagande et de désinformation contre cette pratique.

Le bureau 610 – ainsi nommé pour la date de sa création le 10 juin 1999 – a été créé sous le mandat de l’ancien leader chinois Jiang Zemin pour mener à bien le travail d’éradication du Falun Gong en Chine.

Le nom officiel du bureau est Groupe central de coordination sur la lutte contre le Falun Gong (devenu plus tard Groupe central de coordination sur la lutte contre les religions hérétiques).

Il est directement responsable devant le Comité central, l’un des organes politiques les plus puissants du régime du PCC.

Selon un rapport du Tribunal chinois, le bureau 610, ainsi que la Commission des affaires politiques et juridiques, auraient le pouvoir (pdf) de mobiliser « le personnel et les ressources de la police, du ministère de la Sécurité d’État, du ministère des Affaires étrangères, et des domaines des finances, de la culture, de l’éducation, de la science et de la technologie, et des départements de santé dans tout le pays ».

« Le régime a mobilisé l’ensemble de l’appareil d’État dans la campagne contre le Falun Gong », selon ce reportage.

L’émission d’ABC soutient les efforts de propagande de Pékin

Le 17 juillet, un site web, créé sous l’égide du bureau 610 dans le but exprès de diffamer le Falun Gong, a défendu la nouvelle émission Dark Karma d’ABC en disant que cette dernière justifiait les 21 ans de persécution de cette pratique par le PCC.

Dark Karma (and the Power of Falun Gong) (karma noir et le pouvoir du Falun Gong) est une enquête conjointe du correspondant à l’étranger d’ABC et une rétrospective sur le Falun Gong à travers les ressentis des personnes qui ont interagi avec les pratiquants et leurs activités.

Le site web associé au bureau 610 a publié un article affirmant que le PCC a « mis en garde le monde » contre cette pratique.

« Aujourd’hui, 21 ans plus tard, le diffuseur national australien commence à peine à faire face au Falun Gong et à le dénoncer… », poursuit l’article 610.

La bande annonce de Dark Karma a été fortement critiquée par l’Association australienne du Falun Dafa pour « des erreurs factuelles de base » et des « représentations incendiaires » des croyances du Falun Gong.

John Deller de l’Association Falun Dafa d’Australie a déclaré le 21 juillet : « Elle reflète un profond analphabétisme culturel, à la limite du sectarisme anti-religieux. Cela obscurcira bien plus qu’il n’éclairera, et seul le Parti communiste chinois y gagnera. »

Le 20 juillet 1999, le PCC a lancé une campagne nationale pour « éradiquer » le Falun Gong, une discipline de qigong bouddhique qui était autrefois pratiquée par des dizaines de millions de personnes.

Depuis lors, par l’intermédiaire du bureau 610, des millions de pratiquants du Falun Gong ont été détenus sans procès dans des cachots noirs, des prisons et des camps de rééducation par le travail.

Les autorités chinoises ont permis l’utilisation de la torture, des exécutions extrajudiciaires et des prélèvements forcés d’organes des pratiquants de Falun Gong pour le marché noir des organes.

Le bureau 610 tire profit des médias étrangers pour exporter la persécution

Le bureau 610 coordonne les canaux de propagande du PCC et utilise les journaux, la télévision, la radio et les sites Internet chinois pour diaboliser le Falun Gong.

Il a un accès direct aux principales agences de presse d’État, à savoir l’Agence de presse Xinhua et le Réseau de télévision mondial de Chine. En même temps, il entretient des liens avec les ambassades, les consulats, les associations d’étudiants, et plus particulièrement avec le département du travail du Front uni. Toutes les agences sont chargées de renforcer le récit du PCC sur le Falun Gong.

Le professeur Clive Hamilton, auteur de Silent Invasion – qui détaille les opérations d’influence de Pékin en Australie – a déclaré que les opérations du Front uni en Australie englobaient l’influence non seulement des médias de langue chinoise mais aussi des médias grand public.

Il a fait référence à un reportage de Media Watch de 2016 qui affirmait que la chaîne ABC censurait le contenu des informations afin d’avoir accès aux consommateurs chinois.

Le logo du radiodiffuseur public australien ABC dans le bâtiment de son siège social à Sydney le 27 septembre 2018. (Saeed Khan/Getty Images)

John Deller a dit qu’ils avaient écrit à ABC la semaine dernière pour les avertir que l’émission serait « prise par le PCC et allait être utilisée pour valider la persécution ».

« Nous voyons maintenant sur le site web du bureau 610 qu’ils reprennent l’histoire d’ABC – exactement comme nous les avions avertis », a-t-il ajouté.

« Il y a des conséquences évidentes pour les personnes en Chine, et pour celles qui ont reçu la protection du gouvernement australien en tant que réfugiés. Cela a vraiment ouvert de vieux souvenirs et des blessures alors que beaucoup se sentaient en sécurité ici », a-t-il poursuivi.

Tony Liu, un survivant d’un camp de travail forcé en Chine qui a été détenu pour avoir pratiqué le Falun Gong, a déclaré qu’il s’est senti « sous le choc et désespéré » lorsqu’il a vu la bande annonce de l’émission d’ABC.

M. Liu, qui a subi d’horribles tortures aux mains des gardiens et des autres détenus, a déclaré :

« Cela m’a rappelé mon retour en Chine lorsque les médias du Parti communiste chinois ont diffusé de la propagande sur le Falun Gong et ont délibérément tourné les gens de la société contre nous. »

« Ils ont intentionnellement essayé de détruire notre bonne réputation ainsi que de nous détruire physiquement. Je ne m’attendais pas à ce que cela se produise en Australie », a-t-il ajouté.

La pression internationale s’intensifie pour mettre fin à la persécution

John Deller pense que le PCC est en train de perdre espoir alors que l’attention internationale se porte sur Pékin à l’occasion du 21e anniversaire du début de la persécution.

Le 20 juillet, dans une démarche exceptionnelle, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a appelé le PCC à libérer les pratiquants de Falun Gong emprisonnés et à rendre compte de ceux qui sont toujours portés disparus.

« 21 ans de persécution des pratiquants de Falun Gong, c’est beaucoup trop long, et cela doit cesser », a-t-il déclaré.

Plus d’une centaine de pratiquants de Falun Gong méditent sur l’herbe devant le Washington Monument pour demander l’arrêt de la persécution de leur pratique spirituelle par le PCC, à Washington, D.C., le 19 juillet 2020. (Lisa Fan/The Epoch Times)

« De nombreuses preuves montrent que le gouvernement de la RPC [République populaire de Chine] continue de réprimer et d’abuser de cette communauté jusqu’à ce jour, y compris la torture des pratiquants de Falun Gong et la détention de milliers de personnes. »

Le même jour, 20 législateurs australiens, actuels et anciens, se sont joints à un groupe de 606 législateurs de 30 pays pour signer une déclaration commune appelant à la fin des persécutions en Chine.

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