La guérison, une intégration parfaite du corps et de l’esprit

29 janvier 2017 Mis à jour: 14 février 2017

La maladie est pratiquement toujours vécue par l’être humain comme un moment douloureux, déchirant et parfois tragique. À certains moments, la condition anormale du corps peut pourtant permettre d’accéder à de puissantes ressources psycho-physiques, qui une fois expérimentées peuvent changer la vie.

Pour enquêter sur le rôle de l’esprit dans le processus de guérison, le potentiel du corps humain et même de la conscience, en lumière des acquis de la physique quantique, Epoch Times a pu interviewé Erica Poli, psychiatre et psychothérapeute, conseillère du Tribunal de Milan et enseignante dans différentes instituts de formation.

Epoch Times : Dr. Poli, qu’est-ce qui détermine la guérison ?

Dr. Poli : Selon mon expérience de la médecine clinique qui me précède depuis des siècles, la guérison est un phénomène se basant sur les mécanismes de la physiologie du corps. On parle de guérison, mais en vérité on devrait parler d’autoguérison. Comme disaient les anciens, Medicus curat, sanat nature, le processus de guérison est naturel, inhérent à la physiologie de notre corps, ou mieux encore, de notre unité psycho-somatique. Le médecin encourage, supporte et garantit ce processus, mais la guérison est toujours de l’autoguérison.

Pensons par exemple à la guérison d’une petite coupure, quelque chose de tout à fait commun et normal. La coupure se rétablira d’elle-même avec un restitutio integrum, c’est-à-dire la reprise du tropisme tissulaire normal qui après avoir produit une croûte deviendra rose et plutôt lisse. Normalement nous savons qu’une coupure se soigne d’elle-même et que la seule chose à faire est d’éviter la prolifération bactérienne. Mais le processus de guérison tout entier est au-delà du champ de ce qui est reproductible en laboratoire ; personne n’a en fait reproduit la guérison d’une coupure dans des conditions expérimentales.

Bien qu’il soit possible de reproduire des cultures de cellules, cela est très différent du processus transitoire ayant lieu quand la peau est blessée. Le sang amène des fibroblastes et des plaquettes, des filaments de fibrine sont formés, et le caillot puis finalement la croûte permettent la formation de la nouvelle peau. Cela est un exemple parfait d’un prototype de guérison dans lequel l’intervention externe consiste uniquement à soutenir le processus de soin, mais pour lequel tout le processus est inhérent.

Toute guérison est-elle donc une autoguérison ?

Il s’agit d’un processus faisant partie des « programmes » desquels nous sommes biologiquement équipés, qui se produisent également chez les animaux et parfois avec une plus grande facilité. Chaque jour notre corps enlève les cellules anormales, anciennes ou tumorales. L’organisme est en contact quotidien avec des pathogènes, des antigènes, des polluants et des substances toxiques, et nous arrivons pourtant à maintenir un état d’équilibre – de compensation.

L’intervention médical favorise ou soutient l’unité psycho-somatique lorsque ce processus est difficile ou trop coûteux en termes symptomatiques, ou dans le cas où il doit être protégé de façon à ce que son développement puisse se faire sans affecter le résultat positif.

Et la psyché y joue un rôle ?

Il y a maintenant de nombreuses preuves. Dans mon premier livre Anatomia della guarigione est indiquée une importante littérature à ce sujet. Il est maintenant clair que les processus mentaux comme les pensées, les émotions, les croyances, les relations, mais également la biographie, les événements de la vie, et même l’ADN émotionnel (ce qui a été hérité de notre famille et de nos ancêtres) et le monde socio-culturel, jouent un rôle. En d’autres termes, tous les facteurs environnementaux depuis votre naissance – et nous avons découvert grâce à l’épigénétique qu’ils interagissaient avec le développement du corps – jouent un rôle vital pour déterminer comment nous tombons malades, et également comment nous vieillissons et probablement comment nous mourrons.

Il est maintenant connu que les pensées et les émotions sont corrélées à la biochimie et à la neurophysiologie et se traduisent en des molécules comme les neurotransmetteurs, les inflammatoires et anti-inflammatoires dans le système immunitaire. Il est maintenant connu que cet état, lorsqu’il est chronique, constitue la base de tous cancers et maladies dégénératives.

Pouvez-vous donner d’autres exemples ?

Il y a eu une étude conduite en cardiologie sur la personnalité de type A (indiquant une personne hautement compétitive, nerveuse et tendue) qui a conclut qu’elle était plus susceptible de développer de l’hypertension et des accidents ischémiques. Une personnalité réprimant fortement la colère a été déterminée comme plus susceptible de développer des maladies auto-immunes et ainsi de suite. Il y a également des preuves consistantes selon lesquelles l’insomnie est responsable d’une réduction de la chimie de la joie, de la colère et de la peur.

Un enfant ayant été élevé dans un environnement de peur ou de maltraitance développe une régulation de son système nerveux autonome avec un ton adrénergique ; en d’autres mots il aura un niveau d’adrénaline plus élevé que la moyenne, et ainsi un système d’alerte plus développé. Mais cela se répercute bien entendu sur les organes.

On peut dire que la biologie raconte l’histoire de la personne. En d’autres mots, certains symptômes peuvent indiquer le type de conflits, de traumatismes et de difficultés qu’elle a subit.

On peut ainsi raconter son passé

Oui car le corps, contrairement à l’esprit, emmagasine beaucoup d’informations. On estime que l’esprit conscient et rationnel peut traiter de cinq à neuf informations à la seconde. Tandis que l’esprit somatique (également appelé programmeur autonome et qui appartient à l’inconscient) effectue des dizaines ou des centaines d’opérations dans le même instant, comme le flux sanguin, la pression artérielle, la filtration de l’urine, le mécanisme de rétroaction des glandes périphériques à partir du cerveau et vice versa.

Tous ces processus se déroulent en permanence dans le corps, bien au-delà du contrôle de la conscience. En fait, il ne contrôle pas le battement du cœur. Les travaux de Hameroff, assez discuté ces derniers temps, ont établi la grande activité des microtubules, ces petits organites présents dans le cytoplasme des cellules ; ils sont comme une sorte d’intestin de la cellule et sont caractérisés par des espaces interdigitaux occupant un grand volume dans un espace confiné, tout comme les villosités intestinales. À chaque milliseconde se produisent dans un microtubule un certain nombre de réactions chimiques (qui entre autres constituent la base de réponse des médicaments), de l’ordre de 1027. Un tel nombre ne peut être calculé par l’esprit rationnel, et ces réactions se produisent dans tout le corps.

La médecine chinoise traditionnelle considère le corps humain comme un petit univers.

Bien sûr. Si nous pouvions amplifier les signaux du corps humain, nous découvririons les sons de mélodies. Le battement du cœur produit un son, le péristaltisme un autre, la filtration urinaire encore un et ainsi de suite.

Il y a donc une harmonie, un orchestre.

Oui. Le concept d’équilibre ou compensation est très ancien en médecine, particulièrement allopathique. L’homéostasie, un concept introduit par Claude Bernard au XVIIIe siècle, constitue l’un des fondements de la médecine moderne. Nous savons par les mécanismes de biofeedback que par exemple en situation de stress il est nécessaire d’augmenter l’énergie venant stimuler la thyroïde. Pour donner un exemple, il est nécessaire dans le cerveau d’activer plus rapidement l’hypothalamus, les facteurs de libération de l’hypophyse atteignant ainsi la thyroïde et pour augmenter le nombre « d’étapes » du corps. On pourrait comparer cela aux navires de guerres romains ? (Epoch Times: « Oui ») Dans les galères, il y a avait une personne avec un tambour donnant le rythme aux rameurs. Cela explique la fonction thyroïdienne dans le corps humain : elle donne le rythme au corps.

Pour activer le métabolisme, n’est-ce-pas ?

Oui. À un certain moment, le corps, après avoir vérifié l’épuisement du calcium de la moelle osseuse (nécessaire pour les réactions métaboliques), augmentera les électrolytes fournissant un message au cerveau. Cet organe va à son tour déterminer le taux d’électrolytes et le niveau des hormones thyroïdiennes de façon à réduire le TSH, l’hormone stimulant la production de la thyroïde. L’abaissement de la TSH, en tant que messager feedforwarder (c’est-à-dire en prévision), sera dirigé vers la thyroïde pour informer de ralentir la production. Toute notre vie, comme l’activité respiratoire, est une adaptation continue aux stimulis et réactions.

Erica Poli, psychiatre et psychothérapeute, a écrit plusieurs livres sur la guérison, la relation de couple et la conscience. (Gracieuseté de l’auteur)

Pouvez-vous nous donner un exemple plus simple ?

En allant naviguer en mer, vous connaissez bien sûr la route, mais à cause des vents et du courant de la mer il est nécessaire d’ajuster constamment les voiles. Dans le corps humain se passe la même chose : nous sommes constamment dans une danse.

Le cerveau humain est divisé en deux. Une entité animale, instinctive et ancienne destinée à la survie et à toujours essayer de résoudre rapidement des tâches et de maintenir le statu quo. Son autre partie est analytique, qui cherche à toujours fonctionner au meilleur de sa capacité. Le cerveau est donc toujours divisé entre être très rapide pour survivre, ou être très précis pour l’inventivité. L’homme est dans un jeu constant entre ces deux tendances, qui sont en opposition : plus vous êtes rapide et plus vous êtes inexact, et vice versa. Ces deux parties continuent à « jouer » pour maintenir le cap du bateau.

À propos de l’océan, le corps humain est plein d’eau…

Bien sûr. Pensez-vous qu’au début du XXe siècle, Albert Szent-Györg a remporté le Nobel pour sa recherche sur l’électromagnétisme de l’eau, qui fut alors un peu abandonné et repris plus tard au cours des vingt dernières années. Nous sommes composés à 70-80 % d’eau, un pourcentage variable selon les étapes de la vie. L’eau présente dans le corps est pratiquement entièrement ionisée et non-libre, ayant des liaisons permettant aux molécules d’avoir des charges positives ou négatives.

L’eau ionisée prend une conformation cristalline étrange, dans laquelle les différentes molécules attirent les charges opposées créant des structures supramoléculaires : une sorte de cristal avec des propriétés électromagnétiques fonctionnant comme un diapason.

Le diapason fonctionne d’une façon intéressante car l’onde sonore est produite dans sa zone creuse. Lorsque vous le frappez alors qu’il se trouve sur une table, les autres diapasons autour de lui vibreront à la même fréquence sans être touchés : c’est le phénomène de résonance, qui est dans ce cas assuré par la propagation des ondes sonores dans l’air.

Les molécules d’eau, grâce à la présence de réseaux cristallins à l’intérieur, peuvent fonctionner de façon similaire : lorsqu’ils sont chimiquement perturbés par un médicament ou une hormone, leur conformation physique est changée et cela causera une altération de l’espace autour, provoquant la résonance de toutes les molécules dans l’eau environnante. Bien entendu plus forte est la perturbation, plus forte est la résonance.

Le corps est-il un énorme diapason ?

Oui, il résonne.

Existe-t-il alors une distance de communication à l’intérieur ?

Exactement, et certaines études reconnues sur le plan scientifique ont été les pionnières de l’application de la physique dans les systèmes biologiques. À l’heure actuelle, la science est capable d’interagir au niveau macroscopique avec l’organe, avec sa morphologie et son anatomie sous-jacentes; également sur le plan biochimique avec des médicaments et des molécules. Mais elle n’y arrive toujours pas avec le monde biophysique car il n’y a aucune preuve.

Ce qu’elles rapportent est connu de la médecine orientale depuis des millénaires. Mais en Occident, nous avons toujours considéré l’énergie de façon hasardeuse, si ce n’est magique, car il y a pas d’aspect objectivable de ces phénomènes à un niveau purement pratique. Si une personne ayant une session d’acupuncture obtient des résultats, il est difficile à un médecin occidental d’expliquer pourquoi. Peut-être parce qu’elle fait confiance à l’acupuncteur, ou cela est due à de la suggestion ou à l’effet placebo.

Des études commencent cependant à montrer la voie et confirment que l’acupuncture fonctionne en produisant des perturbations électromagnétiques dans un système [le corps humain, ndr] assimilable à un aimant. Cela se traduira donc par des changements.

Mais ce qui manque actuellement est une étude approfondie. Nous savons maintenant que nous sommes des êtres résonnants ou vibratoires. Néanmoins l’application scientifique que nous pouvons avoir des mécanismes biophysiques sont encore à l’étude et je crois qu’ils constitueront l’horizon futur.

La biochimie connait bien cela, ainsi que les relations entre les émotions et la biochimie, ou du moins assez pour interagir suffisamment bien. Par exemple, une colère refoulée provoque une augmentation du taux de cortisol, un effet dopaminergique et inhibe certains neurotransmetteurs, tel que le glutamate dans l’hippocampe.

Nous connaissons beaucoup moins les phénomènes biophysiques, bien que nous les utilisons par exemple dans l’imagerie par résonance magnétique. Cela est le futur et la réouverture d’une dialogue sérieux et intéressant entre la médecine occidentale et la médecine traditionnelle et ancienne, comme les médecines chinoise, indienne, vietnamienne ou taoïste.

Un dialogue entre les médecines ?

Jusqu’à il y a cinq ou six ans, cela était toujours risqué, car on pouvait tomber dans le New Age. Le problème est que la science n’affirme pas une vérité absolue, car elle a pour paradigme de continuer à faire des expériences et de vérifier des hypothèses ainsi qu’éventuellement les réfuter, comme l’a dit Karl Popper. De nombreuses études scientifiques ont été réfutées et la science procède par des essais et des erreurs.

Par exemple ?

Trivialement, au cours des années 1980 il y a eu un boom dans l’administration des antibiotiques à partir du moment où ils ont été scientifiquement approuvés. Mais aujourd’hui un pédiatre classique n’en prescrit plus, car il sait très bien que cela va sélectionner des souches résistances et que la fièvre, à 39 degrés, est une mécanisme de guérison du corps – l’inflammation par l’augmentation de la température tuant les bactéries pathogènes.

La science procède alors à des hypothèses qui sont vérifiées ou réfutées, et qui mériteraient parfois une plus grande précision. Rien de ce que ne dit la science n’est absolu ; ce qui est vrai, l’est dans les conditions actuellement expérimentées.

Jusqu’à il y a encore quelques années, les disciplines traditionnelles restaient peu vérifiables par la science. Dans les 5/6 dernières années, grâce à des équipements plus sophistiqués comme l’ imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, il a été possible d’étudier certains phénomènes plus fins. Le livre Life on the Edge: The Coming of Age of Quantum Biology de Jim Al-Khalili est l’un des textes les plus sérieux sur la diffusion de la physique quantique au niveau biologique. Les deux auteurs mettent en évidence comment de nombreuses études soulignent de nombreux phénomènes physiologiques de la vie animale – comme la migration des oiseaux, la photosynthèse, les réactions enzymatiques dans la corps – dépendant de faibles forces électromagnétiques. À Milan, le professeur Spaggiari, docteur à l’université ainsi que physicien et ingénieur, travaille sur ces questions.

Pourquoi faut-il revoir le New Age ?

Le New Age a le mérite de clarifier certaines questions, mais a également le démérite de ne pas les rendre sérieuses, selon le critère scientifique. Ils ouvrent des portes au grand public, mais est néfaste pour les chercheurs car il réduit tout en des termes simplistes. Un exemple : il a été observé que la glande pinéale était plus active durant la prière. Certains chroniqueurs ont alors écrit : « À la découverte de la zone sacrée de notre cerveau ». Mais cela est un mensonge et ne veut rien dire. Il suffit de dire que l’activation d’une zone cérébrale est concomitante à une autre activité. Et chez combien de personnes cela a-t-il été observé ? Dix ? Quinze ? Il faut donc être très prudent. Dans cette vaste mer d’histoires racontées, combien sont vraies ?

Les phénomènes électromagnétiques sont réels et sont de plus en plus vérifiés. Avec plusieurs collègues, nous avons été voir l’Ordre des médecins pour mettre en œuvre ces traitements dans les établissements publics. L’Organisation Mondiale de la Santé elle-même a demandé dans son dernier rapport à ce que tous les États membres intègrent les médecines traditionnelles comme l’acupuncture, le yoga et le shiatsu. Elle a exhorté les médecins à remplir le rôle de référents et de réglementer la pratique de ces techniques. Cela est parce que ces disciplines ne sont en effet pas l’apanage exclusif des médecins, et pourraient être pratiquées par n’importe qui avec le risque d’administrer de puissants remèdes à base d’herbes – les plantes étant les prédécesseurs des médicaments.

Version italienne : La guarigione, una perfetta integrazione di mente, anima e corpo (P 1)

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