La guerre biologique est-elle le «sommet stratégique» du conflit des États-Unis avec la Chine ?

Par John Mills
9 avril 2020
Mis à jour: 9 avril 2020

Quand j’étais jeune enfant, je lisais et consommais beaucoup de livres. J’ai découvert un livre dans une brocante qui a éveillé mon intérêt. « Comment le Japon compte gagner ». Dans ce livre, publié en 1940 (avant Pearl Harbor), mais développé à partir de notes et de réflexions des années 1930, un officier de la marine japonaise, enthousiaste et plein d’énergie, a élaboré une théorie pour vaincre les États-Unis sur le Pacifique. Ce livre semblait présager les événements qui se sont déroulés peu après sa première publication.

J’ai toujours pensé : « Comment cela a-t-il pu arriver ? Voilà le plan et l’intention, et nous avons été pris au dépourvu. » Un adversaire engagé a publié et décrit la feuille de route qui a ouvert la voie au conflit mondial le plus destructeur du XXe siècle. Comment avons-nous pu ignorer son existence ? Pourquoi n’avons-nous pas été préparés ? Ici, un aventurier et officier d’État-major avide de promotion communique les intentions, les détails, le plan, la réaction de l’appareil de sécurité nationale des États-Unis d’avant la Seconde Guerre mondiale et fournit un grand « Eh Oh » avec des indicateurs masqués. Cela vous semble-t-il familier?

Après une carrière, et peut-être une deuxième, troisième et quatrième carrière dans la sécurité nationale (en fonction de la méthode de comptage), j’ai maintenant observé comment ces événements se déroulent. Le panorama mondial est chargé, déroutant et perturbant. Pour les principaux dirigeants, les planificateurs et les membres du personnel, il se nomme le « monde de la VICA » – Volatil, Incertain, Complexe et Ambigu.

C’est le devoir des professionnels de la sécurité nationale de parvenir à une conclusion, malgré la VICA, et d’assurer la sécurité nationale du peuple américain et de nos partenaires stratégiques. Cependant, les intentions sont souvent ignorées, car même les meilleurs, les plus professionnels et les plus lucides d’entre eux sont empêtrés et souvent surchargés par de multiples phénomènes simultanés. Trop de données, trop de bruit, trop de paillettes.

Un jour, lors d’une discussion avec un collègue de haut niveau sur une question urgente que je soulevais, mon collègue a répondu (je paraphrase un peu) : « Vous avez tout à fait raison – c’est un phénomène clé qui est négligé, et cela m’inquiète beaucoup. Cependant, notre équipe de mission nationale et moi-même sommes dépassés par la surcharge de travail à cause des alligators qui rampent sur notre pirogue. Je frappe ces alligators avec ma pagaie sur leur tête, dans l’ordre exact prescrit par les priorités nationales. Le problème, c’est que ce que vous avez identifié ne figure pas encore sur la liste des cibles et des sujets prioritaires nationaux ».

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Nous avions tous les deux raison – il y a des phénomènes complexes et il y a des alligators visibles et identifiables. Comment pouvons-nous voir ces nouveaux alligators qui ne sont pas encore sur la liste ? Il suffit de lire ce qu’ils écrivent. Ils lisent certainement aussi les nôtres. Un autre collègue très expérimenté a récemment lancé : « Lorsque je me rends à un débat public, je suis submergé par les ‘universitaires’ du Parti communiste chinois qui ont lu mes travaux en détail – ils me posent des questions complexes sur des sujets dont je ne me souviens même pas ». Ils lisent minutieusement ce que nous avons écrit. Qu’en est-il de leurs écrits ?

Une guerre sans règles

En ce qui concerne le virus du PCC*, il y a eu des erreurs historiques et des signes avant-coureurs. Alors que beaucoup étaient préoccupés par la Russie, ou par d’autres stupidités, par des griefs, par une forme de narcissisme, « l’intention et la stratégie d’une grande puissance rivale se trouvaient sous nos yeux ».

Deux colonels de l’armée de l’air chinoise se sont rencontrés dans les années 1990 et ont commencé à dialoguer, à formuler et à envisager les contours d’un conflit décisif avec les États-Unis. Ce conflit serait libre de toute convention internationale existante. Tout serait sur la table. Résultat ? 1999, la publication du livre intitulé : « Chine : La Guerre Sans Règles ».

Pour gagner, la Chine ne serait pas limitée, n’adhérerait pas ou ne se conformerait pas aux normes acceptées en matière de guerre entre États-nations. Pour eux, ces règles devaient donner un avantage aux puissances occidentales, essentiellement les États-Unis. Les yeux arrachés et autre tortures, tout le reste, seraient sur la table. La seule règle de ce club de combat est la suivante : « il y a aucune règle ».

Une deuxième publication, encore plus appropriée à la lumière des événements actuels et je dirais même plus inquiétante et préoccupante, est le traité du Dr Guo Jiwei publié en 2010, un médecin et membre du personnel de l’Armée de libération du peuple, troisième université médicale militaire de cette institution, intitulé « Guerre : domination biologique ».

La thèse fondamentale est claire. Si la Chine perd 100 millions de personnes, cela ne représente qu’une personne sur douze. Si le Canada et l’Australie perdent 100 millions de personnes, c’est la totalité de la population et plus d’une bonne partie des Américains auront disparu. Le retour sur investissement en vaut donc la peine. La guerre biologique serait le « Sommet Stratégique » du combat contre les États-Unis. Clausewitz, Sun Tzu et tous les autres stratèges s’y risqueraient, voilà l’essence même de la logique de Guo Jiwei. Et s’il n’y avait pas de règles, pourquoi pas ?

Eh bien si cette publication ne retient pas votre attention, je ne sais pas laquelle le fera. J’ai été très impliqué dans les affaires de sécurité nationale à un haut niveau en 2010 et je peux vous assurer que la guerre biologique, offensive ou défensive, ne figurait pas dans la liste des 100 préoccupations, sujets ou actions les plus importants en matière de sécurité nationale.

Vigilance

Les colonels, les capitaines et les autres membres du personnel qualifiés, leurs écrits avant, pendant et après les écoles de formation peuvent paraître extrêmes pour deux raisons. D’une part, ils veulent attirer l’attention pour leur promotion, d’autre part, ils ont un sentiment de puissance en exprimant des idées qu’ils n’auraient pas pu formuler auparavant ou qu’ils ne pourront pas concrétiser s’ils passent au niveau supérieur.

Un exemple similaire aux écrits du PCC en matière de communication mentionnés précédemment est survenu lorsque je me trouvais à Singapour et que la porte-parole d’un ministère de la République populaire de Chine, dont le titre était trop long, faisait un discours. Sa façon frénétique de secouer son poing devant la caméra (en ignorant le public) et de crier tout en souriant de façon bizarre, et exagérée, relevait du théâtre. Si bien qu’on aurait dit qu’elle était sur le point de monter sur le podium et de se jeter sur la caméra.

Une fois le discours terminé, j’ai demandé à ma collègue qui se trouvait à côté de moi le sens de cette performance frénétique. Elle a ri un peu et m’a dit : « Elle ne nous parlait pas – elle se produisait pour le Comité central de Pékin. C’est une question de niveau scolaire ». Et cela bien avant que le concept de mérite social de ce système totalitaire ne soit mis en œuvre et ne soit connu.

Que faut-il retenir ? Lisez leurs écrits et considérez-les. Ils lisent, étudient et analysent les nôtres. Le prix de la liberté est la « vigilance » – une partie de cette vigilance consiste à être conscient de leurs écrits, de leurs déclarations et de leurs intentions.

Cette épidémie fait-elle partie de leur stratégie ? Je ne suis pas sûr que nous le saurons un jour, mais les régimes totalitaires ne sont limités par aucun concept de frontières constitutionnelles et n’ont aucun problème à ignorer les garde-fous d’une société civile fonctionnelle, même si cela signifie qu’ils doivent se débarrasser d’un citoyen sur douze.

Le colonel (retraité) John Mills est un professionnel de la sécurité nationale qui a servi durant cinq périodes : la guerre froide, le dividende de la paix, la guerre contre la terreur, le monde dans le chaos et maintenant la compétition entre grandes puissances. Il est l’ancien directeur du département de CyberSécurité au ministère de la défense américain, chargé des questions de politique, de stratégie et d’affaires internationales.

*Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du Covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti Communiste Chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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