La mère de la petite Fiona reste en prison

Par Epoch Times avec AFP
22 avril 2021
Mis à jour: 22 avril 2021

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon a rejeté jeudi la demande de remise en liberté de Cécile Bourgeon, condamnée à 20 ans de réclusion criminelle en décembre pour avoir porté des coups fatals à sa fille Fiona en 2013 en Auvergne, a-t-on appris auprès de son avocat.

« C’est malheureusement la décision que l’on attendait, même si on piétine allègrement les principes de la procédure pénale dans cette affaire. On a le sentiment que les juges sont terrorisés par la réaction de l’opinion publique et le qu’en dira-t-on », a déclaré à l’AFP son avocat Renaud Portejoie.

Cécile Bourgeon, 33 ans, demandait à être libérée dans l’attente de l’examen de son pourvoi en cassation formé après le verdict de la cour d’assises d’appel du Rhône, qui a également condamné son ex-compagnon et co-accusé Berkane Makhlouf à 18 ans de réclusion.

Le corps de Fiona n’a jamais été retrouvé

Le couple, toxicomane à l’époque, avait signalé la disparition de Fiona le 12 mai 2013, faisant croire à un enlèvement dans un parc de Clermont-Ferrand. Après quatre mois d’enquête, ils avaient avoué que la fillette était morte et enterrée près d’un lac. Le corps n’a jamais été retrouvé.

Depuis, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se sont rejeté la responsabilité du décès. Jugés en première instance en 2016, la première avait été acquittée des coups mortels et condamnée à cinq ans de prison pour avoir menti, le second avait été condamné à 20 ans de réclusion.

En appel, les deux accusés ont été condamnés à 20 ans en 2018. La Cour de cassation a annulé cet arrêt de la cour d’assises de Haute-Loire en 2019, renvoyant l’affaire devant celle du Rhône fin 2020.

Risque de fuite

Au début du mois d’avril, le parquet général s’était opposé à une remise en liberté, arguant d’un risque de fuite de Cécile Bourgeon après sa nouvelle condamnation à 20 ans de réclusion, et du trouble à l’ordre public causé par cette affaire au « retentissement national durable ».

« Nous allons former un nouveau pourvoi contre cette décision qui est extrêmement critiquable. Il y a une question de principe derrière le cas de Cécile Bourgeon: une détention provisoire de six ans est-elle encore raisonnable ? C’est délirant, c’est contraire à toute la jurisprudence en la matière », estime Me Portejoie, dont la cliente a passé 71 mois cumulés derrière les barreaux.

L’avocat espère que la nouvelle demande de remise en liberté de Cécile Bourgeon pourra être réexaminé d’ici à quatre mois.

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