La mort mystérieuse de 360 éléphants près de points d’eau au Botswana fait planer un risque de santé publique

Par Epoch Times
19 juillet 2020
Mis à jour: 19 juillet 2020

Avertissement : Cet article comporte des images que certains lecteurs pourraient trouver dérangeantes.

La mort mystérieuse de plus de 360 éléphants au Botswana alimente la crainte d’une crise de santé publique.

Près de deux mois après le signalement des décès inexpliqués près de points d’eau, en mai de cette année, les experts et les défenseurs de l’environnement demeurent perplexes, puisque les éléphants ne semblent pas avoir été tués pour leur ivoire.

Niall McCann, directeur de la conservation pour l’organisation caritative britannique National Park Rescue, a qualifié ces morts d’« épouvantables », selon CNN. Soulignant la nécessité de découvrir la cause, M. McCann a déclaré que, tant que la véritable cause de ces décès n’est pas établie, plusieurs hypothèses sont subsistent, allant d’un parasite d’éléphant à la Covid-19.

« Ce que je voudrais souligner, c’est que cela pourrait conduire à une crise de santé publique », a déclaré M. McCann.

Jusqu’à présent, les décès d’éléphants se sont concentrés dans le delta de l’Okavango, dans une zone d’environ 8 000 km², où vivent quelque 18 000 éléphants, selon Reuters.

Le Botswana, qui abrite la plus grande population d’éléphants d’Afrique, analyse actuellement les carcasses pour déterminer la cause des décès. Pour l’instant, il semble que seuls les éléphants aient été frappés par cette mystérieuse maladie ; d’autres espèces de la même région ne sont pas touchées.

Le ministère de l’Environnement, des Ressources naturelles, de la Conservation et du Tourisme a déclaré dans un communiqué qu’il attendait les résultats d’autres analyses d’échantillons envoyés au Zimbabwe, en Afrique du Sud et au Canada, mais que les résultats préliminaires ont exclu toute maladie connue.

Cependant, Reuters a déclaré, se référant à un rapport du gouvernement, que des éléphants vivants ont également été vus physiquement faibles.

« Plusieurs éléphants vivants que nous avons observés semblaient être faibles, léthargiques et émaciés. Certains éléphants semblaient désorientés, avaient des difficultés à marcher, montraient des signes de paralysie partielle ou de boitement », selon le rapport. « Un éléphant a été observé marchant en cercle, incapable de changer de direction bien qu’incité par le reste du troupeau. »

Mmadi Reuben, le vétérinaire principal du Département de la faune et des parcs nationaux, a déclaré à Reuters qu’un virus, la végétation, la suralimentation suivant la sécheresse de l’année précédente ou l’anthrax pouvaient être en cause. Aucune mort d’éléphant similaire n’a été signalée en Afrique australe. Les habitants de la région ont été priés de ne pas s’approcher des carcasses.

« Nous n’avons pas affaire à une chose commune, il semble que ce soit une cause rare », a déclaré M. Reuben.

Le Botswana, un pays enclavé, est un lieu de transit important pour les éléphants d’Afrique australe et partage des frontières avec l’Afrique du Sud, la Namibie et le Zimbabwe. On estime à 130 000 le nombre d’éléphants dans ce pays, le plus grand nombre détenu parmi les autres pays d’Afrique.

L’année dernière, le Botswana a levé son interdiction de chasser les éléphants établie en 2014, une décision qui a été internationalement condamnée. Le braconnage n’a donc pas été exclu, car il n’est pas rare que des bandes criminelles empoisonnent les éléphants plutôt que de les abattre.

Avec autant de carcasses d’éléphants gisant dans la brousse, les experts craignent qu’elles n’attirent les gangs criminels et les trafiquants d’ivoire, qui pourraient également être infectés par ce qui a tué ces animaux.

Les défenses d’éléphant valent leur pesant d’or sur le marché noir, et sont principalement exportées vers la Chine, la Thaïlande et le Vietnam. Le commerce illégal de l’ivoire se poursuit depuis des décennies, malgré l’imposition en 1989 du’une interdiction internationale. Selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (International Union for Conservation of Nature – IUCN), les éléphants d’Afrique demeurent vulnérables.

Lors de son entretien avec CNN, M. McCann souligne qu’il est important d’identifier ce qui tue autant d’éléphants, car la disparition d’éléphants au Botswana est déjà « globalement significative ».

En attendant que le Botswana détermine la cause des décès, les experts estiment qu’il pourrait s’agir du prochain problème de santé publique pour cette nation africaine. Sans parler de la répercussion qu’ont ces décès sur les efforts de conservation de cette espèce.

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