La plus grande société de vidéosurveillance au monde, Hikivision, confirme être contrôlée par un groupe industriel militaire chinois

Par Nicole Hao
4 juin 2021
Mis à jour: 4 juin 2021

La plus grande société de vidéosurveillance au monde, Hikvision, est actuellement répertoriée comme une menace pour la sécurité nationale de nombreux pays. Dans son dernier rapport annuel, tout récemment publié, on découvre qu’un groupe militaro-industriel chinois est au contrôle.

Au cours des deux dernières années, Hikvision a été inscrite sur la liste noire par les autorités de Washington, en raison de ses relations avec l’armée chinoise et du risque qu’elle représente pour la sécurité des États-Unis. Hikvision avait précédemment nié ses liens avec l’armée chinoise et a demandé à la Maison-Blanche de l’autoriser à faire des affaires sur le marché américain.

« Pour protéger la nation et le peuple américains, je déclare par la présente une urgence nationale en ce qui concerne cette menace [de Hikvision et de plusieurs autres entreprises liées à l’armée chinoise figurant sur la liste noire] », a annoncé le président américain de l’époque, Donald Trump, dans son décret contre Hikvision le 17 novembre 2020.

Le 24 avril dernier, Hikvision a publié son rapport annuel 2020 (PDF), dans lequel China Electronics Technology Group Ltd. (CETC) est identifié comme son « contrôleur actuel ». CETC est l’un des principaux groupes industriels militaires chinois, et est le plus grand entrepreneur de défense électronique de Chine.

Sous le régime du Parti communiste chinois (PCC), tous les groupes industriels militaires doivent obéir aux ordres du régime.

Menace

Hikvision est soupçonnée de représenter une menace pour la sécurité des États-Unis, en collectant des données de surveillance à partir d’équipements fournis aux États-Unis et en aidant l’armée chinoise à développer des armes.

Il a été constaté que Hikvision « représente un risque inacceptable pour la sécurité nationale des États-Unis ou la sécurité et la sûreté des Américains », a déclaré le Bureau de la sécurité publique et intérieure de la Commission fédérale des communications dans un communiqué le 12 mars. Celle-ci a souligné que Hikvision recueille des détails sur la vie des Américains, comme le travail, l’école et les soins de santé.

Hikvision, dont le nom complet est Hangzhou Hikvision Digital Technology Co. Ltd, a été fondée en 2001. L’entreprise fournit des systèmes de surveillance complets qui utilisent des caméras vidéo, des radars, des capteurs et des drones pour collecter des données, et utilise des technologies de traitement vidéo et audio, l’intelligence artificielle et le big data pour analyser les données collectées.

Hikvision a participé au réseau de surveillance de style orwellien du Parti communiste chinois (PCC) – à Skynet et à son sous-projet Dazzling Snow, qui ne couvre que les zones rurales depuis que la dictature l’a planifié ainsi au début des années 2000.

Avec l’expansion de l’entreprise, l’équipement de Hikvision surveille non seulement les Chinois, mais aussi ceux qui vivent dans des pays libres.

En février, la Fondation Thomson Reuters a publié un rapport exclusif montrant que 28 des 32 conseils d’arrondissement de Londres utilisaient des technologies fournies par Hikvision.

Le rapport annuel 2020 de l’entreprise indiquait que « Hikvision a établi 19 centres de services régionaux à l’étranger, avec 66 succursales sous sa direction […] fournissant des services à 155 pays et régions ».

Le siège de Hikvision à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang (est), le 22 mai 2019. (STR/AFP via Getty Images)

Liens avec l’armée du PCC

Hikvision entretient des liens étroits avec le PCC et ses militaires, non seulement au niveau de la direction de l’entreprise, mais aussi dans ses activités.

Chen Zongnian, président de Hikvision et représentant du 52e institut du CTEC, est également un représentant du PCC au sein de Hikvision, selon la société. Qu Liyang, directeur de la division de l’innovation de Hikvision, est également un représentant du PCC au sein de l’entreprise. Et la société fonctionne sous la surveillance d’un comité du Parti.

Le site officiel de Hikvision affiche régulièrement les activités du PCC dans l’entreprise. Le sujet principal de ces publications est le même, à savoir « maintenir et améliorer le leadership du PCC ».

La société de contrôle de Hikvision, CETC, fait partie du complexe militaro-industriel chinois. La Chine possède 10 complexes militaro-industriels, qui couvrent les armes nucléaires, l’aérospatiale, les navires et bateaux, les chars, les véhicules blindés, les munitions et l’électronique.

Le CTEC est le seul complexe industriel militaire électronique. Ses produits équipent toutes les forces armées chinoises, notamment les systèmes de télécommunication, les radars, les logiciels, le matériel, les systèmes de commande et de contrôle et les systèmes de surveillance qui couvrent l’océan, l’aérospatiale, le cyberespace et d’autres domaines, selon le média chinois Military Aviation Research.

Hikvision elle-même a donné des exemples de la façon dont la société est impliquée dans la défense chinoise sur son site Web.

Des caméras Hikvision sont en vente dans un centre commercial électronique à Pékin, le 24 mai 2019. (Fred Dufour/AFP via Getty Images)

Li Yanxiang est un ingénieur de Hikvision. Il a représenté l’entreprise, travaillant en étroite collaboration avec plusieurs experts en armement du Département général de l’armement de l’Armée populaire de libération chinoise (APL), ainsi qu’avec des commandants d’unités de combat, pour développer des armes, puis a écrit un article qui a été publié sur le site officiel de Hikvision le 18 mars 2015.

Li Yanxiang a déclaré que les soldats de l’APL tiraient des missiles en se basant sur leurs expériences et celles apprises des autres, ce qui n’était pas précis et faisait que certains missiles manquaient les cibles pendant les exercices.

Li Yanxiang a alors suggéré de développer un nouveau système pour améliorer la précision des missiles en utilisant la technologie de surveillance.

« [Nous devrions] utiliser les caméras de surveillance pour capturer le moment où le missile atteint la cible ou la rate, et recueillir la vitesse du vent ainsi que la température et l’humidité de l’air. Nous pouvons alors calculer si l’angle d’incidence est correct et dans quel angle le missile a la plus forte force de pénétration/létalité », écrit Li Yanxiang.

Selon M. Li, le système de surveillance doit également recueillir des données sur le terrain où les soldats tirent le missile et où se trouve la cible, le rayon de l’explosion et si un missile est largué.

« Le système de surveillance doit capturer les détails du moment où le missile/la fusée/la boule de canon a touché la cible, et enregistrer l’explosion. Ensuite, avec un logiciel professionnel d’analyse des trajectoires balistiques, nous pouvons obtenir des données précises sur l’angle d’incidence [et toutes les autres données] », a déclaré M. Li.

Il a ensuite parlé brièvement du système de surveillance que Hikvision fournirait. « Nous devons utiliser des caméras à haute vitesse, qui peuvent capturer au moins 200 à 500 images par seconde. Pour une grande partie des séquences, nous devons construire un serveur de mémoire locale et une alimentation électrique. »

Dans l’article, Li Yanxiang aborde même les missiles sol-air, les missiles sol-sol tirant depuis des lanceurs fixes ainsi que les missiles sol-sol tirant à partir des lanceurs mobiles.

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