La politique de déforestation zéro fait de la Norvège la première nation à refuser tous les produits qui pourraient détruire la forêt tropicale

Par Michael Wing
27 juillet 2019 Mis à jour: 27 juillet 2019

À une époque où nous sommes plus que jamais conscients de l’impact à long terme des modes de vie moderne sur la planète, le gouvernement norvégien établit la norme en étant le premier pays à annoncer une politique de déforestation zéro. Les dirigeants du monde entier en prennent note !

Cela implique qu’aucun contrat du gouvernement ne sera attribué à une organisation dont les activités impliquent la destruction d’arbres ou de forêts, y compris les forêts tropicales humides, ce qui inclut l’approvisionnement en produits tels que l’huile de palme, le soja, la viande bovine et le bois.

Bien qu’il existe des organisations privées qui suivent des normes éthiques similaires en matière d’approvisionnement, la Norvège est la première initiative nationale de ce genre.

« C’est une victoire importante dans la lutte pour la protection de la forêt tropicale », déclare Nils Hermann Ranum de la Rainforest Foundation Norway. « Jusqu’à présent, il n’y avait pas d’engagements similaires de la part des gouvernements. Il est donc très positif que l’État norvégien fasse de même en ce qui concerne les marchés publics. »

Imaginez si le gouvernement de chaque pays à travers le monde entier s’engageait à accorder une telle priorité à la valeur de la vie des arbres. Cela pourrait avoir un impact majeur pour freiner la déforestation et la dévastation des espèces animales qui dépendent des arbres et des forêts pour leur habitat naturel.

L’accès à l’Internet et aux médias sociaux a permis de mieux comprendre à quel point notre avenir, et celui de nos enfants, dépend des forêts pour notre survie. J’aime comparer la valeur de l’oxygène que nous respirons à la Wi-Fi et à quel point ce serait ironique s’il y avait une prime à payer pour l’air que nous respirons comme il y en a une pour une connexion internet décente !

Donc, dans l’ensemble, quelle différence cela fera-t-il ? En soi, ce n’est probablement pas grand-chose si l’on considère la taille relative du pays. Pour mettre cela dans le contexte, la Norvège a un PIB de 399 milliards de dollars américains. En comparaison, l’Allemagne a un PIB de 3,68 billions de dollars, le Royaume-Uni un PIB de 2,62 billions de dollars et les États-Unis un PIB de 19,39 billions de dollars.

Toutefois, cela compense le fait que la Norvège reste l’un des plus grands producteurs de pétrole et de gaz au monde.

(©Shutterstock | Tsuguliev)

Cela dit, la Norvège s’est également engagée à ne vendre que des voitures électriques d’ici 2025. Il faudrait peut-être reconnaître qu’un pays dont l’économie investit beaucoup dans les combustibles fossiles prend des mesures novatrices pour compenser cet impact environnemental.

Ce que le gouvernement norvégien fait est d’ouvrir la voie à d’autres pays pour qu’ils emboîtent le pas et introduisent leurs propres politiques d’approvisionnement afin de créer une dynamique mondiale pour protéger nos arbres.

De toute évidence, la contribution de la Norvège pourrait être éclipsée des milliers de fois si un seul autre pays, dont le PIB est plus élevé, prenait les devants et prenait les mêmes engagements.

Il est logique que les groupes de conservation applaudissent cette annonce, mais aussi que la Rainforest Foundation Norway fasse campagne pour que cela serve de catalyseur pour que d’autres pays prennent les mêmes engagements.

La question de savoir si un tel engagement a un sens pour ces grands pays est en fin de compte laissée à la discrétion de ces pays.

Des élèves du primaire, du lycée et de l’université se rassemblent devant l’édifice du Parlement à Oslo le 22 mars 2019 pour se mobiliser en faveur du climat et contre les politiciens qui, selon eux, n’en font pas assez pour mettre un terme aux changements climatiques. (©Getty Images | TOM HANSEN)

Alors que la nation norvégienne fait des progrès pour empêcher la déforestation de ses arbres, un homme au Brésil replante la forêt qu’il appelle sa patrie. Découvrez son histoire ci-dessous :

(©Getty Images | ISAAC LAWRENCE)

Un Brésilien plante 4 millions de jeunes arbres sur une période de 20 ans pour reboiser sa ferme de 1 500 acres

Le photographe brésilien Sebastião Salgado s’attendait à se réfugier dans la forêt tropicale qu’il connaissait et aimait après avoir couvert l’horrible génocide rwandais de 1994. Ce qu’il a trouvé à la place est une autre sorte d’horreur. Les arbres avaient disparu. Il ne restait plus qu’une terre désertique et stérile où se trouvait autrefois la forêt.

La destruction de son environnement familial a incité le natif du Minas Gerais et son épouse, Lélia, à replanter quelque 1 502 acres de forêt au cours des 20 années suivantes, restaurant ainsi son domaine à sa gloire passée.

« La terre était aussi malade que moi – tout avait été détruit », a dit M. Salgado au The Guardian en 2015. « Seulement environ 0,5 % des terres étaient couvertes d’arbres. Puis mon épouse a eu la merveilleuse idée de replanter cette forêt. Quand nous avons commencé à faire cela, tous les insectes, les oiseaux et les poissons sont revenus et, grâce à cette augmentation des arbres, moi aussi je suis revenu à la vie, c’était le moment le plus important. »

Le couple a embauché plus de 24 travailleurs pour aider à replanter la forêt, arbre par arbre, et de nombreux bénévoles espérant aider à améliorer l’environnement ont participé aux efforts. Au cours des deux décennies qui ont suivi, ils ont complètement transformé la région. Les résultats sont époustouflants et surprenants. Il parle de ce qui est possible quand on prend soin de la terre avec des efforts résolus.

Le projet, qui a pris le nom d’Instituto Terra, a planté quelque 4 millions de jeunes arbres depuis 1998. M. Salgado croit qu’il est important d’« écouter les paroles des gens locaux de ce coin de terre » pour que la forêt puisse s’épanouir. Les espèces adéquates de la flore doivent être introduites ou cela ne réussira pas.

« Vous avez besoin d’une forêt avec des arbres indigènes et vous devez récolter les graines dans la même région où vous les plantez, sinon les serpents et les termites ne viendront pas », explique M. Salgado. « Et si vous plantez des forêts qui n’appartiennent pas à cet endroit, les animaux n’y viendront pas et la forêt sera silencieuse. »

Maintenant, la forêt replantée est tout sauf silencieuse. Parmi la flore et la faune qui ont repeuplé la région, on compte 172 espèces d’oiseaux, 33 espèces de mammifères, 293 espèces de plantes, 15 espèces de reptiles et 15 espèces d’amphibiens. Cette zone prospère et riche en biodiversité a récemment été déclarée Réserve privée du patrimoine naturel.

Le reboisement a également affecté l’environnement et le climat local, causant à la fois plus de précipitations et un temps plus frais. La panoplie végétale et le système des racines aident à contrôler l’érosion du sol. L’écosystème ravivé a également relancé huit sources naturelles qui s’étaient asséchées auparavant. Ces sources coulent à un débit de 20 litres d’eau par minute et fournissent l’hydratation toute une région sujette à la sécheresse.

On a dit qu’il s’agissait de l’une des plus grandes initiatives environnementales au monde. C’est certainement un grand pas en avant pour démontrer à des millions de personnes la vitalité de Mère Nature. L’engagement approprié sur une période suffisamment longue est tout ce qu’il nous faut. Elle s’en emparera et nous surprendra par ses pouvoirs de création et de renouvellement.

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