La prédiction d’un agent du KGB : comment nos adversaires nous voient

Par Jean Chen
18 janvier 2021
Mis à jour: 15 mai 2021

Les êtres humains ont une faiblesse : il nous est facile de voir les problèmes des autres, mais pas nos propres problèmes. En fait, la plupart d’entre nous sont presque aveugles lorsqu’il s’agit de voir nos  problèmes.

Cependant, si nous examinons la façon dont nos ennemis nous voient, cela peut nous donner quelques idées sur nous-mêmes.

Aujourd’hui, pour beaucoup de gens, les élections présidentielles américaines de 2020 laissent un arrière-goût amer. Ils ont le sentiment que quelque chose ne va pas du tout en Amérique. Mais qu’est-ce que c’est ?

Pour l’expliquer, il peut être utile de voir les choses avec les yeux de l’adversaire de l’Occident que beaucoup croyaient vaincu : l’Union soviétique du XXe siècle.

La prédiction d’un agent du KGB

Je suis tombé sur une vidéo YouTube d’une interview de 1985 de Yuri Bezmenov, un agent du KGB qui a fait défection en Occident en 1970. L’interview porte sur la stratégie de l’Union soviétique pour subvertir les pays occidentaux, en particulier les États-Unis. Elle est bien révélatrice et je souhaite d’abord vous faire part d’une citation :

« L’idéologie marxiste-léniniste est injectée dans les têtes malléables d’au moins trois générations d’étudiants américains – ceci sans être remise en cause ou contrebalancée par les valeurs fondamentales et le patriotisme américains… Le processus de démoralisation aux États-Unis est déjà pratiquement achevé… Il est imposé principalement par les Américains aux Américains en raison du manque de normes morales.

« Comme je l’ai déjà mentionné, donner de vraies informations ne sert pas à grand-chose. Une personne démoralisée est incapable d’évaluer les vraies informations. Les faits ne lui disent rien. Même si je l’inonde d’informations, de preuves authentiques, de documents, de photos. Même si je l’emmène de force en Union soviétique et que je lui montre un camp de concentration, elle refusera d’y croire jusqu’à ce qu’elle reçoive un coup de pied dans son gros derrière. Quand la botte militaire l’écrasera, alors elle comprendra, mais pas avant. C’est ça la tragédie de l’état de démoralisation. »

Il est effrayant de regarder la vidéo (on trouve des vidéos plus détaillées sur ces deux liens). Ce que M. Bezmenov a décrit il y a 35 ans se déroule aujourd’hui sous nos yeux. Pour moi, le plus alarmant est le fait que la démoralisation est « imposée principalement par les Américains aux Américains en raison du manque de normes morales ». En fait, comme l’a souligné Bezmenov, « au cours des 25 dernières années, la démoralisation a atteint des proportions telles que même le camarade Andropov [chef du KGB de 1967 à 1982] et tous ses experts ne pouvaient même pas rêver d’un tel succès ».

Comme l’a expliqué l’ex-agent secret soviétique, seulement 10 à 15 % du personnel et des ressources du KGB ont été attribués à l’espionnage clandestin traditionnel à la James Bond, le reste allant à la subversion idéologique « légitime, ouverte et visible ». La stratégie de cette subversion se réalise en quatre étapes : démoralisation, déstabilisation, crise et « normalisation ».

La première étape – la démoralisation – dure environ 15 à 20 ans, le temps nécessaire pour élever une génération. Elle consiste à laver les cerveaux des gens avec l’idéologie communiste. Pour cela. Il faut manipuler tout d’abord les médias et le monde universitaire.

La deuxième étape – la déstabilisation – consiste à jeter la société dans le chaos, elle dure généralement de 2 à 5 ans. Au cours de cette étape, les statu quo dans l’économie, les relations étrangères et les systèmes de défense sont modifiés. « L’establishment » promet toutes sortes de bonnes choses afin de gagner le soutien des masses populaires lui permettant de créer un énorme gouvernement qui s’immisce dans la vie des gens. Le rôle des médias et du monde universitaire est également essentiel pour le succès de cette étape.

La troisième étape déclenche une crise qui conduit à une guerre civile, une révolution ou une invasion étrangère. Cette étape ne dure que 2 à 6 mois. C’est le stade où les idéalistes de gauche, ou les « idiots utiles », ne sont plus nécessaires, car ils seraient désillusionnés et deviendraient des obstacles. Ils vont être éliminés, exilés ou emprisonnés, comme ce qu’on a vu sous plusieurs régimes communistes, par exemple le régime chinois. « C’est le même schéma partout », a précisé Yuri Bezmenov.

Ces trois étapes culminent dans la quatrième et dernière étape de « normalisation » – la population commence à accepter et à assimiler le communisme. Cette étape finale peut prendre jusqu’à 20 ans.

Aujourd’hui, 35 ans après cette interview, la prédiction effrayante de l’ex-espion du KGB semble toujours aussi pertinente. Selon les sondages annuels de la Fondation commémorative des victimes du communisme, le soutien au socialisme et au marxisme parmi les jeunes Américains augmente constamment. En fait, cela se produit dans tous les pays occidentaux. En même temps, des propositions ambitieuses comme la grande réinitialisation (The Great Reset)  visent à changer fondamentalement le monde en matière d’économie, de relations internationales et de systèmes de défense, et à établir une gouvernance mondiale, ce qui ressemble à la deuxième étape mentionnée par Bezmenov – la déstabilisation.

Les États-Unis ont été souvent cités comme un exemple de la démocratie et de la liberté. Cependant, leurs institutions, basées sur la Constitution et la séparation des pouvoirs, semblent être impuissantes face aux tensions lors des élections présidentielles de 2020. La profonde frustration et la méfiance envers le système américain ne peuvent pas être dissipées par l’intimidation politique ou l’ignorance délibérée des allégations d’irrégularités électorales fondées sur des preuves. De nombreuses personnes sont profondément inquiètes pour l’avenir de l’Amérique.

« Les États-Unis sont en état de guerre. Une guerre totale non déclarée contre les principes de base et les fondements de ce système… La bombe à retardement fait tic-tac. Avec chaque seconde, le désastre se rapproche. Contrairement à moi, vous n’aurez nulle part où faire défection, à moins que vous vouliez vivre en Antarctique avec des pingouins. Nous y sommes. C’est le dernier pays de liberté et de possibilités », a mis en garde l’ex-agent secret soviétique.

Comment en sommes-nous arrivés là, presque sans le savoir ?

La voie clandestine de l’infiltration

Le sénateur américain Ted Cruz a parlé un jour de la faculté de droit d’une université prestigieuse qu’il avait fréquentée : « Il y avait plus de communistes autodéclarés [à la faculté] que de républicains… Si vous leur demandiez de voter pour savoir si ce pays devrait devenir socialiste, 80 % des professeurs voteraient oui et 10 % trouveraient même que ce vote était trop conservateur. »

Le livre Comment le spectre du communisme dirige le monde contient une analyse complète de l’infiltration non violente du communisme en Occident. En 1884, un an après la mort de Karl Marx, la Société fabienne britannique a été fondée pour amener le communisme progressivement dans le monde. Elle encourage les membres de cette organisation et de ses groupements dérivés à promouvoir les idées du socialisme – cette première étape du communisme selon la théorie marxiste-léniniste – en se joignant à des organisations appropriées et en s’attirant la sympathie de personnalités importantes, telles que des ministres, des hauts fonctionnaires, des industriels, des doyens d’université et des chefs religieux. Depuis lors, de nombreux intellectuels américains ont commencé à accepter les idées communistes ou leur variante socialiste.

Le mouvement de contre-culture des années 1960 a produit un grand nombre de jeunes étudiants « anti-traditionnels » qui ont été fortement influencés par le marxisme culturel et la théorie de l’école de Francfort. Après avoir obtenu leur diplôme, ils sont entrés dans les institutions ayant l’influence sur la société et la culture, telles que les universités, les médias, les agences gouvernementales et les ONG à but non lucratif. Ce qui les guidait à l’époque était principalement la théorie de la « longue marche à travers les institutions » proposée par le marxiste italien Antonio Gramsci. Cette « longue marche » visait à modifier les traditions les plus importantes de la civilisation occidentale. Comme résultat, des générations de jeunes ont été endoctrinées avec l’idéologie communiste.

Pourquoi les intellectuels sont-ils si enclins au communisme ?

Les intellectuels ont tendance à se laisser berner par les idéologies radicales et ce phénomène a attiré l’attention des chercheurs. Par exemple, l’historien britannique Paul Johnson a constaté que les intellectuels radicaux partagent les faiblesses de l’arrogance et de l’égocentrisme.

Cette arrogance est mise en évidence dans une déclaration de Jules-Antoine Castagnary, homme politique et critique d’art français du XIXe siècle : « À côté de l’Éden divin d’où l’on m’a chassé, je me construirai un Éden nouveau que je peuplerai de ma personne. Je placerai à l’entrée le Progrès… – je lui mettrai en main l’épée flamboyante et il dira à Dieu : ‘Tu n’entreras pas !’ »

Le progrès scientifique rapide observé depuis le XVIIIe siècle a considérablement renforcé la confiance de l’humanité dans ses propres capacités et a alimenté le courant intellectuel du progressisme. Les gens ont commencé à adorer la raison humaine plutôt que Dieu. On pense que la raison est capable de conduire les gens sur le chemin du bonheur et de la moralité. Les gens veulent créer une utopie, un « paradis sur terre », qui est l’idée essentielle du communisme. En tant que « prêtres » de la science moderne, les intellectuels croient qu’ils sont les interprètes de la vérité et que leur cause est si importante que tous les moyens sont bons pour servir leurs fins. Cela a provoqué un bain de sang et une grande misère.

Que pouvons-nous faire ?

Deux siècles d’expérimentation avec la fierté et la raison humaines ont conduit au déclin de la moralité et à la perte de dizaines de millions de vies à la suite des ravages du communisme.

John Adams, l’un des Pères fondateurs des États-Unis, a déclaré : « Notre Constitution n’a été faite que pour un peuple moral et religieux. Elle est totalement inadéquate pour le gouvernement d’un peuple différent. » Il est intéressant de noter que Joseph Staline, un dictateur communiste impitoyable, a fait écho à cette déclaration sous un autre angle : « L’Amérique est comme un corps sain dont la résistance se base sur trois domaines : son patriotisme, sa moralité et sa vie spirituelle. Si nous arrivons à saboter ces trois domaines, l’Amérique s’effondrera de l’intérieur. »

Il est temps pour nous de redevenir humbles, de regarder à l’intérieur et de suivre la véritable sagesse des vraies croyances spirituelles. C’est la seule solution.

Jean Chen est originaire de Chine et écrit sous un pseudonyme afin de protéger sa famille en Chine.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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