La première ministre ontarienne rencontre à huis clos un responsable chinois accusé de torture

12 octobre 2015
Mis à jour: 12 octobre 2015

TORONTO – La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a provoqué une petite tempête médiatique en ne permettant pas aux médias de couvrir sa rencontre avec un homme accusé de superviser torture et meurtres, et qui fait l’objet de deux enquêtes en Chine en raison de ses délits.

Le haut fonctionnaire est Luo Zhijun, le secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) dans la province du Jiangsu. À la demande de la délégation chinoise, le cabinet de Mme Wynne a exclu les médias de trois événements auxquels a assisté M. Luo bien que la première ministre ait affirmé par la suite – après que plusieurs médias ont rapporté l’incident – que l’exclusion avait été causée par une erreur dans son itinéraire.

Ce n’était pas sage de la
 part de Mme Wynne de rencontrer une telle personne qui est soupçonnée de graves violations des droits de la personne, et encore moins de se plier à son désir de tenir des rencontres à huis clos.

– Joel Chipkar, porte-parole de l’Association du Falun Dafa du Canada

Luo Zhijun était à Toronto le 7 octobre pour souligner le 30e anniversaire de l’accord amical Ontario-Jiangsu.

Luo est un allié de l’ex-dirigeant du PCC Jiang Zemin, dont le réseau au sein du Parti est systématiquement démantelé par l’actuel dirigeant Xi Jinping.

Comme plusieurs des alliés les plus haut placés de Jiang Zemin, Luo Zhijun a démontré sa loyauté en orchestrant une répression violente du groupe de méditation Falun Gong dans sa juridiction. Selon un recensement, au moins 48 adeptes ont péri dans ses prisons et camps de travail forcé.

Beaucoup de gens croient que Luo Zhijun fait actuellement l’objet d’une enquête par le régime de Xi Jinping, et des chroniqueurs d’Epoch Times ont prédit sa chute imminente.

Liens avec Michael Chan

Malgré tout cela, Luo Zhijun était en visite officielle à Toronto la semaine dernière, participant à une fête organisée par son ami de longue date Michael Chan, le ministre ontarien de l’Immigration, de la Citoyenneté et du Commerce. Selon des reportages publiés dans les médias chinois de Toronto, Luo entretient une relation étroite avec Chan depuis les années 1990.

M. Chan poursuit actuellement le Globe and Mail pour des reportages documentant les inquiétudes du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) concernant ses liens solides avec le régime chinois.

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Dans le passé, Epoch Times a révélé la relation entre Chan et Pékin, dont sa déclaration d’amour pour la mère patrie lors de la célébration du 60e anniversaire du Parti communiste chinois en 2009 qui comprenait, entre autres, un défilé militaire.

« La mère patrie est éminente […] la mère patrie est forte […] les cœurs chinois à l’étranger sont avec la mère patrie. Nous sommes fiers du développement de la mère patrie », avait déclaré Chan selon les médias officiels chinois.

Deux poids deux mesures

Alors que les événements regroupant Mme Wynne et M. Luo Zhijun étaient interdits aux médias, certains médias de langue chinoise spécialement choisis par le cabinet de la première ministre ont pu assister sur invitation.

Un porte-parole de Mme Wynne a déclaré qu’ils assistaient aux événements en tant qu’invités et non comme journalistes.

Jack Jia, éditeur de Chinese News, a affirmé au Globe and Mail que les médias chinois ne posent normalement pas de questions controversées aux responsables, ce qui explique le traitement spécial qui leur est réservé.

L’édition chinoise d’Epoch Times n’a pas, bien entendu, été invitée. Lorsque la journaliste Becky Zhou a tenté d’assister à une réception tenue au Musée royal de l’Ontario, un membre du personnel de Mme Wynne l’en a empêchée.

Ce membre du personnel était Wilson Chan, l’ex-rédacteur du Sing Tao Daily. Il dirigeait cette publication lorsqu’un article du Toronto Star (propriétaire du Sing Tao) a été traduit en chinois et édité pour ajouter une teinte de propagande pro-Pékin. Il a ensuite été congédié par la publication et embauché par le cabinet de Michael Chan, avant d’être transféré au cabinet de la première ministre.

Violations des droits de la personne

Luo Zhijun et plusieurs de ses collègues font l’objet d’enquêtes par la World Organization to Investigate the Persecution of Falun Gong. Plusieurs sont également poursuivis dans des pays de par le monde.

Selon l’Association du Falun Dafa du Canada, Luo Zhijun a été impliqué dans la persécution, la torture et la mort des pratiquants de Falun Gong alors qu’il occupait les postes de maire de la ville de Nankin, de gouverneur de la province du Jiangsu et dans son poste actuel de secrétaire du PCC dans le Jiangsu.

« Ce n’était pas sage de la part de Mme Wynne de rencontrer une telle personne qui est soupçonnée de graves violations des droits de la personne, et encore moins de se plier à son désir de tenir des rencontres à huis clos », commente Joel Chipkar, porte-parole de l’association.

M. Chipkar suggère que ce dispositif a empêché que des avis de poursuites judiciaires soient délivrées à Luo Zhijun.

Des poursuites déposées en pays étrangers étaient autrefois la seule manière que les victimes de torture et crimes contre l’humanité en Chine pouvaient obtenir une forme de justice, mais cela a récemment changé.

Avec la balance du pouvoir au sein du PCC penchant maintenant fortement pour Xi Jinping, les Chinois du monde entier profitent des nouvelles règles juridiques en Chine qui leur permettent de poursuivre l’ex-dirigeant Jiang Zemin.

Plus de 100 000 poursuites ont été déposées contre Jiang Zemin en raison de ses efforts pour éliminer le Falun Gong. Sa campagne a causé des milliers de morts, dont plusieurs par les prélèvements d’organes forcés, selon diverses études.

Version originale : Premier Wynne Meets Privately With Chinese Office Accused of Torture

 

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