La provocation nucléaire iranienne : combien de temps durera-t-elle ?

Alors que l'Iran se lance dans l'enrichissement d'uranium pour fabriquer une bombe nucléaire, la possibilité d'intervention militaire augmente considérablement
Par James Gorrie
15 juillet 2019 Mis à jour: 29 juillet 2019

Contre la volonté de l’Europe, d’Israël et des États-Unis, les dirigeants iraniens ont décidé de reprendre leur programme d’armes nucléaires.

Pourquoi une telle précipitation ?

Pour une certaine raison, le régime iranien est très pressé de mettre au point des armes nucléaires – ou de déclencher une guerre avec les États-Unis ou Israël. Ou, peut-être, avec l’un de ces pays après l’autre.

Mais pourquoi ?

C’est vrai que les sanctions nuisent à l’économie iranienne, mais l’état de cette économie laisse à désirer déjà depuis des décennies. En outre, même avec le retrait de l’administration Trump de l’accord nucléaire iranien signé sous Barack Obama et avec l’application de nouvelles sanctions commerciales américaines contre l’Iran, les pays européens contournaient ces sanctions pour commercer avec le régime iranien. Ils estiment qu’en aidant l’Iran sur le plan économique, ce pays perdrait tout intérêt pour l’enrichissement de l’uranium.

Cependant, alors que les Iraniens reprennent leurs activités d’enrichissement, les Européens sont forcés de faire un choix difficile : commercer avec l’Iran ou avec les États-Unis. Ce choix est clair. Les entreprises européennes se retirent de l’Iran, aggravant la misère économique endémique de son peuple.

Alors, qu’est-ce que les dirigeants iraniens espèrent obtenir par leur politique ?

Dans les dictatures, le pouvoir l’emporte sur l’économie

Dépasser le seuil d’enrichissement de l’uranium prévu dans l’accord sur le nucléaire est certainement contraire aux intérêts économiques de l’Iran. Et alors ? Le pouvoir l’emporte sur l’économie. Les avantages économiques nationaux sont d’une importance secondaire pour les dictatures. Les dictatures existent pour le bénéfice des dictateurs et leurs cohortes, et non pour le bénéfice des gens qui sont sous leurs bottes.

Cette simple maxime a été prouvée à maintes reprises au cours du siècle dernier : de l’Union soviétique à Cuba, de la Chine communiste à la Corée du Nord et à diverses autres dictatures à travers le monde. Et pourtant, l’Occident, en particulier la gauche, continue de penser que l’argent peut changer la nature des dictateurs et de les retenir de l’agression. Mais, en fait, c’est juste le contraire. Le transfert illégal par Barack Obama de centaines de millions de dollars aux Iraniens en échange de leur acceptation de l’accord sur le nucléaire de 2015 l’a prouvé une fois de plus.

Est-ce que l’Iran a utilisé cet argent pour le développement économique ? Bien sûr que non. Cet argent a été utilisé pour financer encore plus de terrorisme et de guerres par procuration contre Israël en Syrie et à Gaza ou contre l’Arabie saoudite via le Yémen.

De qui l’Iran a-t-il peur ?

Quelle est la raison pour laquelle le régime iranien a repris son programme provocateur d’armes nucléaires ? Craint-il d’être attaqué par les États-Unis ? Probablement pas. Même au plus fort de la présence militaire américaine en Irak voisin, aucune invasion américaine de l’Iran n’a eu lieu. En fait, l’élimination de Saddam Hussein en Iraq par les Américains a enlevé de l’Iran sa plus grande menace régionale.

Est-ce que le régime a peur d’une attaque terrestre non provoquée par Israël ? C’est peu probable. Israël n’a pas cette capacité et la situation géographique n’est pas non plus favorable à un tel scénario. De plus, Israël n’a tout simplement aucune envie de faire la guerre à l’Iran ou à qui que ce soit. L’histoire de sa collaboration avec des États islamiques comme l’Égypte, la Jordanie et l’Arabie saoudite, entre autres, en est la preuve.

Et l’Arabie saoudite ?

L’Iran soutient la guerre des Houthis yéménites contre l’Arabie saoudite qui est l’allié des États-Unis et d’Israël. Mais est-ce que l’Iran s’attend à ce que les Saoudiens ripostent en frappant l’Iran ? Encore une fois, c’est peu probable. L’Arabie saoudite sunnite craint l’Iran et son islam chiite radical. La dernière chose qu’ils veulent, c’est enrager les passions chiites dans la région.

Les oppresseurs craignent les opprimés

Non, la plus grande crainte des dirigeants iraniens, ce sont leurs compatriotes iraniens. Comme c’est généralement le cas, c’est la jeune génération rebelle qui représente le plus grand danger pour l’autorité. C’est la même chose en République islamique d’Iran. Les gens en ont marre de vivre au VIIe siècle.

De plus, la menace au régime islamo-fasciste n’est pas seulement réelle, mais elle provient des travailleurs, des femmes et des représentants de toutes les couches de la société iranienne. En 2018, l’Iran a été secoué par un important soulèvement national contre la classe dirigeante. Les tensions sociales restent vives à cause des brutalités policières à l’encontre des femmes qui refusent de porter le voile. Et l’opposition au régime prend de l’ampleur.

Les dictateurs dirigent le pays vers une ruine économique

Comme c’est typique parmi les dictateurs de tous bords, les dirigeants iraniens savent qu’ils ne peuvent pas donner du pain ou des emplois à leur peuple. Surtout sous de lourdes sanctions économiques empêchant le pétrole iranien d’être vendu sur le marché libre. L’économie du pays est en train de s’effondrer et l’inflation avoisine les 40 %.

À l’exception de son secteur nucléaire, le régime iranien ne peut pas se vanter d’avoir une industrie plus efficace que les autres, voire même tout simplement efficace. La dictature ne peut survivre que grâce à la corruption, ce qui signifie voler la richesse des secteurs productifs pour financer sa propre existence. Malheureusement, cela finit par mettre en faillite des entreprises autrefois saines.

En outre, les États-Unis sont aujourd’hui le premier producteur de pétrole au monde, ce qui leur permet de maintenir les prix du pétrole à un niveau relativement bas. Cela constitue une menace à long terme pour l’économie iranienne. Et, à mesure que la production pétrolière israélienne augmentera, l’offre mondiale augmentera également, ce qui fera baisser encore plus les prix.

Que peut faire alors la dictature islamique ?

Une guerre à l’horizon ?

Que reste-t-il alors pour apaiser les masses en colère et rester au pouvoir ? Une guerre, bien sûr. Une guerre contre « les deux plus grands ennemis » de l’Iran : l’Amérique et Israël.

Cela semble être dans les plans des dictateurs iraniens. Leurs médias d’État ont diffusé des vidéos montrant une simulation d’une attaque contre Israël, accompagnée de rhétorique correspondante des chefs militaires iraniens. C’est d’une guerre dont ils parlent depuis 40 ans.

Comment alors commencer une telle guerre ? Attaquer un pétrolier ou deux. Si ça n’agace pas trop le « Grand Satan », alors il faut abattre un drone.

Si cela échoue, reprendre l’enrichissement de l’uranium afin de devenir une puissance nucléaire. Une soi disant « révolution urano-iranienne » ferait probablement l’affaire et provoquerait une attaque préventive contre l’Iran. Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a déclaré publiquement qu’Israël ne permettrait pas à l’Iran de développer ou de posséder des armes nucléaires. Donald Trump a parlé dans le même sens.

La question donc se pose : si l’Iran poursuit dans la même direction, quel genre de guerre va-t-il s’imposer à lui-même ? Qui d’autre y prendra part ? La destruction des installations nucléaires souterraines de l’Iran nécessitera plus que quelques bombardements. Pour le faire, il faudra un engagement important de moyens militaires, même de troupes au sol.

Est-ce que ça va arriver? Cela semble plus probable aujourd’hui qu’hier. Mais nous n’y sommes pas encore.

Y a-t-il une lueur d’espoir ? Oui, si le peuple iranien empêche une guerre inutile en éliminant les « mauvais joueurs » dans son propre pays.

James Gorrie est un écrivain texan. Il est l’auteur du livre The China Crisis.

 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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