La sagesse intemporelle : plus précieuse que l’or

Par Joshua Charles
15 mars 2021
Mis à jour: 19 mars 2021

Il y a peu de choses dont notre monde a plus besoin en ce moment que de la sagesse.

Mais de quoi s’agit-il au juste ?

Permettez-moi de commencer par observer que nous, les humains, pouvons « connaître ou savoir » des choses à trois niveaux différents.

Le premier et le plus bas niveau consiste en de simples données, composées de faits, de chiffres, de dates, de personnes et d’observations isolés. Il s’agit de la forme la plus inférieure du « savoir ».

Le deuxième niveau est la connaissance, qui organise et systématise les données que nous saisissons de manière à en comprendre la cause et le résultat.

Le troisième niveau, le plus élevé, est la sagesse.

Tout au long de l’histoire, de grands sages ont donné des définitions différentes de la sagesse mais qui, à mon avis, sont mutuellement compatibles.

Commençons par Socrate. Dans l’Apologie de Socrate, un dialogue socratique de Platon qui était son élève, on nous raconte que Chéréphon, l’ami de Socrate, a demandé à l’oracle de Delphes s’il y avait un homme plus sage que Socrate. L’oracle a répondu qu’il n’existe personne de plus savant que lui. Socrate était perplexe et, après avoir réfléchi à la réponse de l’oracle, il en conclut qu’elle signifiait : « Parmi vous, mortels, l’homme le plus sage est celui qui, comme Socrate, comprend que sa sagesse est sans valeur. » Socrate nous montre donc que la sagesse implique un sens de ses propres limites, un sens de l’humilité.

Dans son Éthique à Nicomaque, Aristote, élève de Platon, distingue deux types de sagesse : théorique et pratique. La sagesse théorique consistant essentiellement en une connaissance et une compréhension approfondies d’un sujet particulier. La sagesse pratique, en revanche, était la connaissance de la manière de bien vivre car, selon Aristote, « il est évident qu’il est impossible d’être sage sans être bon ». Ainsi, pour Aristote, la sagesse était à la fois une connaissance profonde et une vie vertueuse.

Xunzi, un philosophe chinois qui a vécu juste après Aristote, affirmait que l’homme sage est celui qui s’ordonne tout d’abord à lui-même et, à partir de là, ordonne à son environnement, sa famille, son lieu de travail ou, s’il est un dirigeant, à l’État.

« Pour que l’homme bien élevé cultive son cœur, disait-il, rien ne vaut l’intégrité. » Fort de cette intégrité personnelle, l’homme sage peut alors s’adapter au monde qui l’entoure : « Si vous êtes bien ordonné, alors vous serez bien éclairé. Lorsque vous êtes bien éclairé, vous pouvez alors vous adapter aux situations. Transformer et s’adapter successivement s’appelle la vertu céleste. » Nous voyons donc que Xunzi pensait que la « vertu céleste » de la sagesse incluait la capacité à s’adapter au monde qui nous entoure.

De même, certains livres de la Bible sont presque exclusivement centrés sur la sagesse. Par exemple, le roi Salomon a identifié Dieu comme la source ultime de la sagesse. Selon saint Thomas d’Aquin, qui citait lui-même Aristote : « il appartient à la sagesse de prendre en considération la cause suprême », que saint Thomas identifiait à Dieu, qui ordonne providentiellement à toutes choses.

Et comme la sagesse est finalement identifiée à Dieu, la Bible est remplie de conseils pour écouter ceux qui ont l’autorité sur nous, les sages et les gens d’expérience. Ses livres de sagesse insistent également sur le fait que pour être des personnes sages et avisées, nous devons aussi écouter les critiques et accepter les reproches des sages. De même, les Écritures affirment ce qu’ont dit Aristote, Xunzi et bien d’autres, à savoir qu’être un sage signifie vivre vertueusement.

Ainsi, la sagesse dépasse de loin les données et les connaissances à de multiples égards.

Premièrement, alors que les données et les connaissances peuvent être orientées vers une variété de causes de moindre importance (la beauté dans l’art, la conception dans l’ingénierie, la loi dans la jurisprudence, etc.), la sagesse est finalement orientée vers la cause la plus élevée, à savoir Dieu. En tant que telle, elle s’applique et oriente tout le reste de la vie, car la vie provient de Dieu.

Deuxièmement, la sagesse requiert de l’humilité et une volonté d’accepter les conseils et même les reproches, ce qui n’est pas nécessaire pour acquérir des données ou des connaissances.

Troisièmement, la sagesse est intrinsèquement liée à la vertu, et donc non seulement à ce que nous pensons de la vie, mais aussi à la façon dont nous la vivons. Les données et les connaissances peuvent rester des abstractions dans l’esprit, mais la sagesse doit nécessairement s’incarner. Elle est un état d’être. Elle voit au-delà de l’horizon et comprend ce que les données et la connaissance ne pourront jamais saisir pleinement, mais seulement décrire.

Enfin, la sagesse doit être animée par l’amour – de l’apprentissage, de la vie, des êtres humains et finalement de Dieu. Beaucoup de gens ont des données et des connaissances précises dans leur tête, mais ils risquent d’en faire un mauvais usage s’ils manquent de sagesse, parce qu’ils ne sont pas ancrés par l’amour de quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes car, comme l’a fait remarquer saint Paul, « la connaissance enfle la tête, mais l’amour édifie ». Posséder des données et des connaissances peut conduire, et conduit souvent, à l’arrogance. Posséder de la sagesse conduit à l’inverse.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un traitement exhaustif de la sagesse, cela nous donne suffisamment d’éléments pour identifier de manière générale ce qui caractérise une personne sage selon l’avis de plusieurs grands philosophes à travers l’histoire. Pour être une personne sage ou judicieuse, il faut, au minimum, être quelqu’un qui :

1. Craint et respecte Dieu ;
2. Reconnaît humblement ses imperfections et ses limites ;
3. Écoute les corrections et les conseils des autorités, des anciens et de ceux qui ont plus d’expérience ; et
4. Adapte tout cela dans le but de mener une vie vertueuse.

Ce sont les quatre principes qui sont à la base de la rubrique « Timeless Wisdom/Arts et culture », dont l’objectif est d’apporter la sagesse des grands sages du monde entier et de l’histoire de l’humanité à la vie moderne, même si, ou peut-être surtout si, elle contredit nos propres opinions et hypothèses.

La raison en est simple et a été parfaitement formulée il y a 3000 ans par le roi Salomon : « Heureux l’homme qui trouve la sagesse et l’homme qui acquiert l’intelligence, car le gain qu’il en tire est meilleur que celui de l’argent, et son profit meilleur que celui de l’or. »

Joshua Charles est un ancien rédacteur de discours à la Maison-Blanche pour le vice-président Mike Pence, auteur à succès numéro 1 du New York Times, historien, écrivain et conférencier. Il a été un conseiller historique pour plusieurs documentaires et a publié des livres sur des sujets allant des Pères fondateurs, à Israël, en passant par le rôle de la foi dans l’histoire américaine et l’impact de la Bible sur la civilisation humaine. Il a été le rédacteur en chef et le développeur du concept de Global Impact Bible, publié en 2017 par le Museum of the Bible, basé à Washington, et est un chercheur affilié au Faith and Liberty Discovery Center de Philadelphie. Il est membre de Tikvah et Philos Fellow et a parlé à travers les États-Unis sur des sujets tels que l’histoire, la politique, la foi et la vision du monde. Il est pianiste de concert et détient une maîtrise en administration publique et un diplôme en droit. 

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