La sœur d’une djihadiste détenue en Syrie demande son rapatriement sur le sol français : « Je sens chez elle beaucoup de regrets »

Par Séraphin Parmentier
19 septembre 2019
Mis à jour: 19 septembre 2019

En colère contre le gouvernement, la sœur de cette djihadiste fait partie de la dizaine de familles de ressortissants français partis combattre aux côtés de Daech qui a porté plainte contre le ministre des Affaires étrangères.

C’est le visage masqué que la sœur d’une jeune femme qui s’est rendue en Syrie il y a cinq ans a décidé de témoigner auprès de BFMTV. Si ses traits restent masqués, le voile qu’elle arbore au moment de recevoir les journalistes de la chaîne d’information en continu reste bel et bien visible.

Partie en Syrie en 2014 avec son mari pour rejoindre Daesh et faire le djihad, la sœur de Sabrina s’est rendue aux forces kurdes après la mort de son époux, tué au combat. Elle se trouve désormais dans le camp d’Al-Hol, au nord de la Syrie, en compagnie de son fils de trois ans et d’autres femmes et enfants de djihadistes.

« J’en ai beaucoup voulu à ma sœur. Maintenant je lui en veux beaucoup moins. Je sens chez elle beaucoup de remords, beaucoup de regrets, de la culpabilité. Elle veut sauver son enfant, rentrer, payer sa dette et retrouver une vie normale », a expliqué la sœur de Sabrina aux journalistes de BFMTV.

« J’en veux au gouvernement parce que c’est le seul à pouvoir résoudre ce problème »

La sœur de cette djihadiste fait partie des membres des familles de ressortissants français partis combattre aux côtés de Daech qui a déposé plainte devant la Cour de Justice la République (CJR) contre le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian pour « omission de porter secours ».

« Pour l’instant, j’en veux au gouvernement parce que c’est le seul à pouvoir résoudre ce problème, à pouvoir les sauver et les rapatrier. Je veux retrouver ma sœur, c’est la seule famille qu’il me reste », affirme la jeune femme qui parvient à échanger avec sa sœur par SMS.

« Ma soeur me racontait que simplement pour remplir quatre bidons d’eau dont elle a besoin dans la journée, il faut qu’elle s’y prenne à 6 heures du matin. Il faut qu’elle fasse une queue interminable de 3 heures pour arriver à remplir quatre bidons d’eau », raconte-t-elle.

« Il faut qu’ils soient jugés sur les lieux où ils ont commis leurs crimes »

Interrogé sur C-News ce jeudi, M. Le Drian a affirmé qu’il se montrerait « intraitable » envers les ressortissants français partis faire le djihad en Irak et en Syrie.

« Il faut revenir aux réalités sur ce sujet. Il y a eu des combattants et combattantes français qui sont allés combattre la France en ralliant Daech en Syrie. Il faut qu’ils soient jugés sur les lieux où ils ont commis leurs crimes », a déclaré le ministre.

« Je dis combattants et combattantes, qui sont les ennemis de la France parce qu’ils ont attaqué la France, ils ont tué des Français en France à partir de leurs bases », a-t-il ajouté.

Concernant le sort des enfants de djihadistes français, Jean-Yves Le Drian ne s’est toutefois pas montré aussi catégorique, rappelant que le gouvernement d’Édouard Philippe en avait déjà rapatrié certains :

« On peut en rapatrier d’autres, des orphelins, des mineurs isolés, les plus démunis, les plus en difficulté mais sur le fond, je suis intraitable sur un point : les combattants et combattantes doivent être jugés […] là où ils ont commis leurs crimes. »

« C’est très difficile [de rapatrier les enfants], je le dis d’ailleurs aux avocats, il faut à chaque fois négocier. Quand on ramené les 17 personnes, nous avons emmené quelques collaborateurs sur place, ils ont eu du mal, ils ont risqué même leur vie pour rapatrier ces enfants-là », conclut le locataire du Quai d’Orsay.

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