La solution à ce qui est néfaste dans les médias sociaux

Nous avons besoin d'un média social 2.0 qui crée une communauté au lieu de nous transformer en fanfarons solitaires
Par Monroe Mann
20 août 2019 Mis à jour: 20 août 2019

Les médias sociaux détruisent les relations humaines, entraînent « l’envie sur Facebook », réduisent l’estime de soi, provoquent la solitude chez les utilisateurs et encouragent les comportements arrogants et égoïstes. Les médias sociaux vendent également leurs utilisateurs, en recueillant leurs données pour que les spécialistes du marketing puissent mieux les cibler, souvent pour des articles dont ils n’ont pas besoin et n’ont pas les moyens de se procurer, créant l’endettement par carte de crédit.

La culture nourrie par les médias sociaux entraîne souvent des brimades et des suicides et fait généralement ressortir le pire chez les gens.

Mais si ça pouvait être différent ?

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai aussi connu certains des effets secondaires des médias sociaux, y compris la perte d’amis, le sentiment que ma vie n’était pas comme celles des autres, l’isolement social, le fait de me vanter beaucoup trop, de dire des choses que je ne dirais jamais en personne, de faire des messages et des tweets auxquels personne ne répond et de recevoir des critiques brutales et injustifiées.

À l’époque, je ne me rendais pas compte que c’était les médias sociaux qui faisaient ressortir le pire dans plusieurs de mes interactions sociales et qui me mettaient mal à l’aise dans ma vie. Puis il y a eu un déclic (pendant le cycle électoral de 2016, lorsque le vitriol et la haine sont sortis en force aux États-Unis), j’ai réalisé que cette forme de socialisation faisait plus de mal que de bien en ce qui concerne l’image de soi et de mes relations.

Il est devenu évident que mes relations sur les médias sociaux et moi-même faisions du tort à notre propre estime et que nous perdions notre temps précieux devant un écran en utilisant les médias sociaux.

J’ai donc abandonné la plupart des médias sociaux et réduit considérablement mon utilisation.

Ce n’est pas par hasard que je venais de terminer mon doctorat en psychologie environ huit mois auparavant. C’est grâce à ces études et à des recherches ultérieures que j’ai commencé à réfléchir aux problèmes qui ont entraîné mon exode vers les médias sociaux.

Sir Tim Berners-Lee, l’inventeur du World Wide Web, a déclaré en 2017 qu’il craignait que rien de bon ne provienne jamais de l’Internet et que son avenir était en péril. Sans parler spécifiquement des médias sociaux, il a écrit dans une lettre publiée à la World Wide Web Foundation : « J’imaginais le Web comme une plate-forme ouverte qui permettrait à tous, partout dans le monde, de partager des informations, d’accéder à des opportunités et de collaborer au-delà des frontières géographiques et culturelles. »

Il a ajouté qu’il était consterné que ce ne soit pas le cas.

Les psychologues du monde entier ont mené de nombreuses études montrant, entre autres, que l’utilisation des médias sociaux populaires a pour effet d’envier les autres, d’affecter négativement l’estime de soi et d’augmenter la probabilité que vous disiez des choses terribles aux autres.

Pourtant, bien que plusieurs aient identifié les failles des médias sociaux, en ce qui concerne la façon dont ils affectent négativement les gens, les relations et les carrières, personne n’a vraiment franchi l’étape suivante pour expliquer quelles sont les solutions.

Des médias plus sociaux

En tant qu’avocat d’affaires, titulaire d’un MBA et d’un doctorat en psychologie, et en tant que développeur web principal de BreakDiving.io (un site de médias sociaux), j’ai passé beaucoup de temps à analyser les médias sociaux sur trois volets : le volet psychologique, le volet juridique et le volet commercial. Donc s’il y avait un média social 2.0, à quoi ressemblerait-il dans un monde idéal ?

1. Un média social 2.0 pourrait être un organisme sans but lucratif

Tant que les entreprises de médias sociaux donneront la priorité au profit, elles perturberont inévitablement nos vies d’une manière malveillante. De telles entreprises n’ont pas à cœur les intérêts de l’utilisateur. Lorsqu’un site de médias sociaux devient si grand qu’il est essentiellement un « service public » qui est redevable aux actionnaires, il aura constamment du mal à servir le public avec bonne conscience. C’est ce qui s’est passé avec Facebook et Twitter.

Une solution pourrait être de démanteler les grands sites de médias sociaux, mais il vaudrait mieux que nous puissions régler ce problème sans intervention gouvernementale.

Premièrement, les sites de médias sociaux ne devraient probablement pas être officiellement réglementés par le gouvernement en tant que services publics. De plus, les entreprises trouveraient probablement plus facile de servir leurs utilisateurs si elles n’étaient pas non plus des entreprises privées ou publiques.

Il serait peut-être préférable que les entreprises de médias sociaux ne soient pas à but lucratif : gérées indépendamment comme des sociétés de type C, mais à 100 % dans l’intérêt du public. Cela ne veut pas dire que les employés ne peuvent pas recevoir un salaire à six chiffres (les musiciens du New York Philharmonic gagnent près de 150 000 $ par année, selon le New York Times), mais cela permet à l’entreprise de se concentrer sur l’intérêt public, plutôt que de tout faire pour augmenter la valeur pour les actionnaires au détriment de la valeur des membres.

2. Un média social 2.0 ne devrait pas vendre les données de ses membres

Dès le départ les données ne devraient pas être utilisées pour envoyer aux membres de la publicité ciblée ? À moins, bien sûr, qu’il ne s’agisse d’une chose à laquelle les utilisateurs choisissent sciemment d’adhérer et qu’ils puissent facilement le contrôler.

Une telle publicité servirait probablement mieux les membres sous la forme de commanditaires corporatives non ciblées du site, ou par l’entremise d’un autre mécanisme visant à faire passer la vie privée et l’expérience de l’utilisateur en premier.

Le service peut-il encore être gratuit ? Oui, grâce aux dons et aux cotisations modestes de ceux qui croient en la mission sans but lucratif.

De plus, le média social 2.0 peut utiliser le modèle de freemium du monde du jeu pour encourager la croissance : C’est gratuit de s’inscrire et d’utiliser toutes les fonctions critiques, mais si vous voulez vous déplacer plus rapidement ou débloquer des fonctions bonus, vous devez payer un petit supplément pour le faire. Votre vie privée est protégée, que vous payiez pour le service ou que vous utilisiez le plan gratuit.

3. Un média social 2.0 a besoin d’une philosophie positive qui peut favoriser la communauté

Les plateformes de médias sociaux acceptent généralement tous ceux qui veulent s’y joindre. Leurs modèles d’affaires sont basés sur la collecte d’un maximum d’utilisateurs pendant autant d’heures que possible. Comme les utilisateurs n’ont pas à prouver qu’ils comprennent les conditions d’utilisation, ils n’ont pas à prouver qu’ils adoptent et comprennent la philosophie du site.

En fait, en général, il n’y a pas de philosophie qui unit les membres ou, s’il y en a une, les membres ne la comprennent pas. Par conséquent, la plupart des médias sociaux n’ont aucun moyen réel de protéger leurs communautés contre les trolls, les brutes ou les comportements qui mènent à l’atteinte à l’estime de soi, au découragement, à la solitude ou simplement aux membres qui, sans le savoir, violent les conditions du service.

Pour résoudre ce problème, les médias sociaux doivent guider les utilisateurs vers une voie plus élevée. Un discours politiquement correct n’est pas la solution. Ironiquement, la liberté d’expression ne l’est pas non plus. La solution est un discours inspirant, quelque chose qui a besoin d’être enseigné. Interdire le discours haineux à l’arrière ne résoudra pas les problèmes, mais exiger un discours aimable à l’avant le résoudra.

Le comportement souhaité doit être communiqué en amont et renforcé par la pratique. La communauté ne devrait pas être un endroit pour tout le monde – elle doit être un endroit pour ceux qui adhèrent à la philosophie du groupe. Si tout le monde est accepté, la qualité et la valeur de l’adhésion se dissipent.

4. Un média social 2.0 devrait avoir des conditions de service équitables et faciles à comprendre

Le modèle « Cochez cette case si vous êtes d’accord », bien que jugé légal, est une parodie de justice. Personne ne les lit, ceux qui les lisent ne les comprennent probablement pas et, même s’ils les comprennent, il s’agit d’accords unilatéraux sans marge de négociation, écrits entièrement en faveur de l’entreprise.

De plus, dans la plupart des cas, vous avez renoncé à votre droit d’intenter une poursuite, vous n’avez pas un contrôle clair sur votre matériel protégé par le droit d’auteur et le fait d’être radié est totalement arbitraire et sans procédure d’appel si vous souhaitez être réintégré.

Considérez ceci : sur la plupart des sites, vous pouvez être expulsé ou bloqué pour « discours  haineux ». Comment un concept aussi nébuleux, aux définitions multiples, peut-il être inclus dans un contrat juridique ? Qui détermine ce qui constitue un « discours haineux » ? Pourquoi un comportement aussi nébuleux justifie-t-il un licenciement immédiat sans un processus d’examen au préalable ? Pourquoi y a-t-il deux poids, deux mesures alors que deux personnes font exactement la même chose, c’est-à-dire que l’une est exclue et l’autre non ?

Ces accords doivent changer. Ils doivent être plus faciles à comprendre, plus axés sur l’utilisateur et les entreprises doivent être plus claires dans leurs explications de ces accords. Pourquoi ? Ainsi, le petit gars qui n’a pas du tout l’occasion de négocier ne serait-ce qu’un seul mot dans ces ententes peut se sentir mieux en utilisant le service et comprendre ce qui est convenu.

5. Un média social 2.0 devrait donner un but et une orientation à ses membres

Les entreprises modernes de médias sociaux sont devenues énormes, mais elles n’ont ni guide ni principes directeurs pour leurs membres. Facebook et Twitter sont devenus la version moderne du téléphone des années 1990.

Un téléphone lui-même n’est ni bon ni mauvais, mais il peut être utilisé pour le bien et le mal. Il en va de même pour les médias sociaux.

Cependant, la possibilité qu’un téléphone des années 1990 soit dangereux se limite à frapper quelqu’un avec un enregistrement furtif ou quelques personnes à l’autre bout de la ligne. Le téléphone n’élargit pas l’auditoire potentiel à autant de personnes que les médias sociaux, ce qui permet à une personne de diffuser de l’information informelle non filtrée à un grand nombre de personnes et, habituellement, dans un forum public.

Une grande partie de la négativité sur Facebook et Twitter est donc attribuable à un manque de formation de ses membres et à un manque de communication claire des attentes. À moins que la direction ne donne le ton, en veillant à ce que tout se déroule sans heurts dès le départ, le chaos va s’installer, comme c’est déjà le cas sur la plupart des principaux sites de médias sociaux.

Le chaos peut être évité grâce aux directives et à l’objectif fournis par la direction dès le départ, et non simplement en éliminant les membres qui violent des termes qu’ils ne lisent jamais et qu’ils ne comprendraient de toute façon pas entièrement. Les entreprises de médias sociaux serviraient mieux leurs membres en leur inculquant un noble système de croyances dès le départ. Si chaque membre comprend le but clair et noble que l’on attend de lui ou d’elle – plutôt que le site n’étant qu’un site générique – ce but peut trouver son expression.

6. Un média social 2.0 ne devrait utiliser la psychologie que pour améliorer l’expérience de l’utilisateur

Les grands médias sociaux emploient d’innombrables psychologues pour exploiter les utilisateurs en les amenant à passer plus de temps sur leurs sites, à acheter plus de choses ou à s’engager dans certaines activités rentables. Dans ce processus, ils utilisent la psychologie pour profiter de vous, de vos amitiés, de vos anxiétés et de vos rêves.

Ils devraient plutôt analyser l’expérience de l’utilisateur pour aider ses membres à s’améliorer ou à améliorer leur vie et à éviter les effets psychologiques ou physiques délétères.

Récemment, Instagram a apparemment modifié sa plateforme pour que les goûts ne soient plus visibles publiquement. C’est un pas dans la bonne direction parce qu’il reconnaît qu’il n’est pas bon pour la santé mentale de créer des fonctions spécifiquement pour attirer le public : si vous avez beaucoup de like, vous devenez arrogant ; si vous n’en avez pas beaucoup, vous perdez confiance en vous et vous perdez de l’estime de soi. Aucun des deux résultats n’est louable.

7. Un média social 2.0 peut encourager des liens solides en personne

Dans l’ensemble, les grandes entreprises de médias sociaux ne semblent pas vraiment se soucier de créer et d’établir des amitiés. Ils semblent se concentrer presque entièrement sur l’augmentation du temps passé de l’utilisateur devant l’écran – plus vous passez de temps devant l’écran, plus les annonceurs peuvent essayer de vous vendre de choses. Il n’y a que deux problèmes : ce n’est pas bon pour vous, en plus, l’utilisateur et les vraies relations se forgent dans le monde réel, pas en ligne.

Le média social 2.0 devrait reconnaître que l’idéal le plus noble serait de créer une plateforme de médias sociaux qui aide à former de véritables amitiés réelles et à transmettre ces liens solides dans le monde, avec des rencontres réelles.

En d’autres termes, un site de médias sociaux ne devrait être qu’un moyen de garder tout le monde en contact entre deux réunions réelles. Cependant, la plupart des médias sociaux d’aujourd’hui ne l’ont pas fait. Au lieu de cela, les médias sociaux sont devenus un substitut sous-partite à l’amitié authentique, au véritable réseautage et à l’interaction dans la vie réelle. Les médias sociaux devraient être utilisés pour ouvrir le monde aux gens, pas pour les enfermer dans un monde virtuel qui n’existe pas vraiment.

J’espère qu’un plus grand nombre d’entreprises de médias sociaux intégreront ces principes dans leurs communautés. Nous essayons de mettre ces principes en action à BreakDiving.io et de créer des communautés en ligne où les gens peuvent apprendre et socialiser ensemble, en ligne et dans le monde réel.

Monroe Mann, Ph.D., Esq, MBA, LLM, ME, est le directeur de breakdiving.io, le nouveau site de médias sociaux sans but lucratif qui aide les utilisateurs à trouver succès, bonheur et amitié. Il est avocat spécialisé en droit du divertissement et en affaires, auteur de Successful New Year (une nouvelle année réussie), et peut être contacté via monroemannlaw.com. Abonnez-vous sur youtube.com/monroemann

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