L’accord sur le climat de la COP26 altéré à la dernière minute par la Chine et l’Inde sur la question du charbon

Par Mimi Nguyen-ly
15 novembre 2021
Mis à jour: 15 novembre 2021

Près de 200 pays participant aux négociations sur le climat de la COP26 à Glasgow, en Écosse, ont approuvé un accord mondial sur le climat samedi, malgré des modifications de dernière minute initiées par la Chine et l’Inde autorisant, contre toute attente, l’assouplissement des mesures sur le charbon.

Malgré deux semaines de discussions pour élaborer les termes du Pacte de Glasgow, aucune des 197 nations n’a opposé de veto aux révisions amenées à la dernière minute par l’Inde et la Chine. De ce fait, les pays se sont finalement engagés à « réduire »  plutôt qu’à « supprimer » progressivement  le charbon.

L’électricité au charbon s’obtient grâce à sa combustion et génère plus que toute autre énergie des gaz à effet de serre. La version initiale de l’accord appelait à une sortie progressive mais définitive du charbon.

Un changement de formulation qui a été soutenu par d’autres pays comme l’Iran et l’Afrique du Sud.

« Permettez-moi de dire à tous les délégués que je m’excuse pour la façon dont ce processus s’est déroulé et que je suis profondément désolé », a déclaré Alok Sharma, le président de la  COP26, après avoir entendu les représentants de la Suisse, de l’Union européenne et des petits États insulaires exprimer leurs objections à l’égard de ces modifications qu’il a approuvées sans avoir eu la possibilité de les examiner.

M. Sharma a reconnu que bien des nations avaient fait des compromis pour valider l’accord prévu initialement.

« Je comprends également la profonde déception, mais je pense, comme vous l’avez noté, qu’il est également vital que nous protégions ce texte », a-t-il ajouté quelques instants avant de donner le coup de marteau sur l’accord.

La formulation « supprimer progressivement » s’est maintenue dans quatre versions différentes, mais la délégation chinoise ne l’a jamais soutenue, rapporte le Times. Les États-Unis ont finalement négocié un accord avec la Chine et l’Inde pour adoucir le texte, selon le journal.

L’envoyé spécial des États-Unis pour le climat, John Kerry, a déclaré lors d’une conférence de presse après l’adoption du Pacte de Glasgow pour le climat : « Vous devez ‘réduire le charbon’ avant ‘de stopper le charbon’. »

Et d’ajouter : « Nous sommes, en fait, plus près que jamais d’éviter le chaos climatique et de garantir un air pur, une eau plus sûre et une planète plus saine. »

Cet accord intervient plus d’une semaine après que l’agence de presse Xinhua, porte-parole du Parti communiste chinois (PCC), a annoncé que la Chine venait « d’atteindre un pic historique » dans sa production quotidienne de charbon.

Le ministre indien de l’Environnement et du climat, Bhupender Yadav, a déclaré à Reuters que cette révision était nécessaire du fait des « circonstances nationales des économies émergentes ».

« Nous sommes en train de devenir le porte-parole des pays en développement », a-t-il avancé, ajoutant que le charbon avait été « pointé du doigt » lors des discussions de la COP26 alors qu’il n’y avait pas d’appel similaire à l’élimination progressive du pétrole ou du gaz naturel. Il a ajouté : « Nous nous sommes efforcés de parvenir à un consensus qui soit raisonnable pour les pays en développement et raisonnable pour la justice climatique. »

Il a également commenté qu’à l’origine de la crise climatique se trouvent « des modes de vie non durables et une consommation [qui repose sur] le gaspillage ».

« Le monde doit s’éveiller à cette réalité. Les combustibles fossiles et leur utilisation ont permis à certaines parties du monde d’atteindre des niveaux élevés de richesse et de bien-être », a-t-il fait valoir.

Le président de la COP26, Alok Sharma, est applaudi après avoir prononcé le discours de clôture du sommet climatique de la COP26 au SECC à Glasgow, en Écosse, le 13 novembre 2021. (Jeff J Mitchell/Getty Images)

Le pacte climatique de Glasgow est le tout premier accord mondial sur le climat dans lequel les nations ont explicitement convenu de réduire l’utilisation du charbon.

Les nations présentes au sommet de la COP26 ont également établis de règles internationales sur les crédits carbone et pour mettre fin aux subventions « inefficaces » en faveur des combustibles fossiles. Elles ont demandé aux pays dont les émissions de carbone sont les plus élevées de s’engager à soumettre des objectifs plus stricts de réduction des émissions d’ici à la fin de 2022. Ces engagements s’inscrivent dans une volonté de limiter le réchauffement de la température mondiale à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels, comme le recommande le GIEC (selon le seuil plus strict fixé par les modèles du GIEC utilisés dans l’accord de Paris de 2015).

Toutefois, au rythme des émissions actuelles, si les pays ne prennent pas de mesures supplémentaires, les températures mondiales augmenteront de 2,4 degrés Celsius.

Avant le sommet, les Nations unies avaient fixé trois critères de réussite – aucun n’a été atteint. Les critères comprenaient des promesses de réduction de moitié des émissions de CO2 d’ici à 2030, une aide financière de 100 milliards de dollars des pays riches aux pays pauvres, et la garantie que la moitié de cet argent soit consacrée à aider les pays en développement à s’adapter aux pires effets du changement climatique.


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