L’agriculture biologique, absente du programme de la droite et du centre

28 novembre 2016 Mis à jour: 30 novembre 2016

Le domaine de l’agro-écologie ne relève pas du domaine strictement politique. Malgré cela, dans le programme du vainqueur des primaires de la droite et du centre, François Fillon, le mot « écologie » n’apparaît pas une seule fois. Il est préconisé au contraire de libéraliser les normes agricoles qui pèsent sur les agriculteurs. On peut ainsi y lire que « la France s’est voulue, depuis plusieurs années, le bon élève de l’Union européenne en allant au-delà des exigences communautaires, avec l’interdiction, sans distinction aucune, de la culture des OGM » et plus loin que « la France est le seul pays qui a demandé l’interdiction du glyphosate ».

L’agriculture intensive appauvrit à grande vitesse les ressources naturelles

L’agriculture industrielle des 60 dernières années a eu des conséquences dévastatrices sur notre environnement : appauvrissement des sols, perte nutritive des aliments, pollution des nappes phréatiques, présence de pesticides dans l’alimentation, déforestation, perte d’absorption des eaux pluviales, baisse de la biodiversité, etc.

Claude Bourguignon, ingénieur agronome et fondateur du Laboratoire d’analyse des sols, constate depuis des décennies les ravages de l’agriculture intensive sur les sols français : « Avant on avait l’équilibre agro-sylvo-pastoral, les champs, la forêt, les animaux. C’était ça qui faisait la situation agricole pérenne, une situation que l’on est en train de détruire depuis 50 ans, parce qu’on met les animaux d’un côté, qu’on les entasse dans des usines, et puis les cultures de l’autre, et enfin la forêt à une troisième place ». Selon lui, l’agriculture intensive est responsable de la destruction des sols. Elle est le contraire d’une agriculture pérenne. Selon GisSol, groupement d’intérêt scientifique qui coordonne le programme d’inventaire de l’état des sols en France, près de 40% des surfaces agricoles françaises présentent ce risque de tassement irréversible à cause du labourage intensif – une perte irréversible de la fertilité des sols.

Concernant les OGM, plusieurs études montrent également leur nocivité pour l’organisme et pour la biodiversité, mettant sur le marché des espèces stériles, génétiquement modifiées et infectant les espèces saines. Les pesticides chimiques, quant à eux, en plus de polluer les aliments et les sols, peuvent créer de nouvelles espèces super-résistantes. C’est le cas actuellement en Floride, où une espèce de mouche résistante aux pesticides et porteuse de nouveaux virus a fait son apparition. Elle aurait le potentiel de créer un « fléau majeur » sur les cultures américaines et causer la perte de 2 millions d’emplois. Malheureusement, son prédateur naturel a été chassé par les pesticides.

Vers une agriculture innovante et raisonnée

Bien sûr, la France doit rester compétitive et garantir sa souveraineté alimentaire. Mais lorsque l’on sait qu’1 m2 de culture agro-écologique produit autant ou plus qu’1 m2 de monoculture intensive, pour un coût inférieur en pesticides, en pétrole, en machine et pour une qualité supérieure, on peut se poser la question de savoir de quel côté se trouve l’innovation.

L’agriculture biologique est reconnue par les Nations unies comme une solution aux problématiques d’environnement et de développement durable. Elle permet de renouer avec la ruralité grâce aux circuits courts et de préserver les valeurs et les savoir-faire traditionnels d’un terroir. Elle garantit aussi la préservation des sols dans le temps, prévient de la désertification causant les inondations et accroît la biodiversité, c’est-à-dire les capacités naturelles de la faune et de la flore à créer de la complexité, de l’équilibre et à subvenir à nos besoins.

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