L’amour familial est le fondement de la civilisation

Par Kimberly Ells
20 septembre 2021
Mis à jour: 20 septembre 2021

Rebecca Roache, maître de conférences en philosophie au collège Royal Holloway à l’université de Londres, écrit : « Le souhait d’être biologiquement lié à ses enfants, comme le souhait de ne s’associer qu’au sein de son groupe racial, peut avoir des effets néfastes. »

De même, le Dr Ezio Di Nucci, de l’université de Copenhague, écrit : « Une préférence pour les enfants auxquels on est biologiquement lié est moralement illégitime » et que la tendance à préférer ses propres enfants est un « vice moral ». Selon lui, il en est ainsi parce que « dans le contexte de l’amour parental, les considérations biologiques ne sont pas normativement pertinentes ».

Malgré ces déclarations d’universitaires dans des tours d’ivoire, presque tous les parents du monde entier font preuve d’une « détermination passionnée… à protéger et à préférer leurs propres enfants ». Cela signifie-t-il que toutes les familles de la terre sont infectées par une sorte de « racisme familial systémique » ? Cela semble être le sentiment croissant, bien qu’il soit généralement formulé dans un langage moins alarmant.

Mais la préférence quasi universelle pour ses propres enfants n’est pas une maladie, un trouble, un symptôme d’inégalité ou un signe de racisme. La plupart des gens l’appellent autrement : l’amour. Et la plupart des gens pensent que c’est une bonne chose. En fait, l’amour des mères et des pères a historiquement été la norme à laquelle tout autre amour est mesuré.

Est-il surprenant que lorsque nous assistons à un récital de piano, nous soyons plus impatients d’entendre notre propre enfant jouer ? Est-il surprenant que, lorsque nous assistons à un match de football dans un lycée, nous espérons que l’entraîneur fasse sortir notre enfant du banc pour qu’il donne le meilleur de lui-même ? Non, ce ne sont pas des signes de racisme ou d’inégalité systémiques. C’est ce qui lie le monde ensemble. C’est ce qui offre à presque chaque personne sur terre son propre groupe d’encouragement et son propre système de soutien.

Aimer tout le monde

Mais pourquoi cela devrait-il être important ? Est-ce que le lien d’appartenance entre un enfant et un parent est important ? Ne sommes-nous pas censés aimer tout le monde ? Ne sommes-nous pas censés aimer tout le monde comme nous-mêmes ? N’est-ce pas là le grand objectif ? Oui. Mais c’est un défi de taille et il faut beaucoup de temps pour l’apprendre. L’apprentissage de l’amour fonctionne mieux dans de petits groupes cohérents de personnes qui s’appartiennent les unes aux autres. Les petits groupes de personnes qui nous permettent de nous entraîner à aimer sont nos familles. Avec le temps, lorsque nous réalisons que chaque personne dans le monde fait littéralement partie de notre vaste famille interconnectée, nous pouvons mieux aimer tout le monde parce que nous avons appris à tout d’abord aimer certaines personnes dans nos micro-familles.

Lorsqu’un enfant est orphelin ou séparé de ses parents pour une raison quelconque, une société juste s’efforce de remédier à cette situation dans le meilleur intérêt de l’enfant. L’adoption, bien qu’elle soit rarement sans faille, offre souvent à un enfant la merveilleuse opportunité de vivre dans une famille où il est désiré et aimé, suivant le modèle établi par l’appartenance et l’intendance biologiques.

Défaire le lien de parenté

Depuis l’époque de Platon, des philosophes de toutes tendances ont affirmé que les parents n’avaient rien de spécial et que des non-parents pouvaient élever des enfants mieux que leur propre chair et leur propre sang. Dans les années 1970, l’auteure Shulamith Firestone écrivait : « Une mère qui subit une grossesse de neuf mois est susceptible de penser que le produit de toute cette souffrance et de tout cet inconfort « lui appartient ». […] « Mais nous voulons détruire ce lien de possessivité. »

En 2017, la militante anti-mariage et féministe radicale Merav Michaeli a dit que l’intendance des pères sur leurs enfants causait « une souffrance permanente chez les enfants » et a proposé que les relations biologiques ne soient pas reconnues par l’État, mais que celui-ci avalise plutôt des accords de garde d’enfants dans lesquels « un enfant peut avoir plus de deux parents ; ils ne doivent pas nécessairement être ses parents biologiques ».

De plus, en 2019, la féministe Sophie Lewis a dit que nous devions « faire exploser les notions de parenté héréditaire » et travailler à grande échelle à « défaire le lien de parenté ». Elle a également dit que « les nourrissons n’appartiennent jamais à personne », ce qui nie catégoriquement la validité des liens familiaux.

Ceux qui souhaitent abolir ou dénoncer les liens maternels et paternels parce qu’ils favorisent la possessivité ou un quelconque racisme se trompent lourdement. Ils sous-estiment la puissance de l’appartenance familiale, la suprématie du service sacrificiel et la conception anatomique de l’être humain qui les exige tous deux.

Le dévouement long et ardu nécessaire pour aider un petit être sans défense à devenir une grande personne compétente est un élément clé pour faire grandir l’amour. Aimer ce qui vous appartient n’est pas mauvais. C’est une bonne chose.

Un lieu de connexion, pas de compétition

La conception et la naissance nous relient inéluctablement les uns aux autres en forgeant ce que nous en sommes venus à appeler des relations familiales. Si ce n’était pas le cas et si la vie était organisée comme dans le roman classique Sa Majesté des mouches (titre original : Lord of the Flies), dans lequel les gens sont essentiellement parachutés dans une communauté au lieu de naître dans des familles spécifiques au sein d’une communauté, il n’y aurait pas de liens perceptibles entre les gens. Les utopistes socialistes appellent cela « l’égalité ». Ce qu’elle apporte, c’est un chaos impitoyable. Elle apporte des rivalités ou des alliances. Commencer la vie dans un lieu de neutralité ou d’opposition plutôt que de connexion est plus susceptible d’entraîner l’inimitié, l’animosité, la haine et la mort.

Heureusement, que ce soit par un coup de chance ou par la volonté de Dieu, les relations familiales lancent les gens dans la vie à partir d’un lieu de connexion plutôt que de compétition.

Les liens physiques entre parents et enfants garantissent que chacun part d’un lieu d’appartenance relié et de position spécifique, ce qui leur assure le meilleur potentiel de survie et d’amour possible. La haine ou l’indifférence sont toujours possibles, mais l’appartenance inhérente accomplie par la formation des familles fait pencher la balance en faveur de l’amour.

Alors, aimer son propre enfant est-il un « vice moral » raciste ? Eh bien, si une nouvelle mère ne se souciait pas plus de son nouveau-né que du bébé de la voisine, le monde – et les bébés dans le monde – en souffrirait énormément. En fait, je pense qu’un tel monde ne pourrait pas durer une seule génération. L’amour familial n’est pas du racisme. C’est le fondement même de la civilisation.

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