L’ancien PDG de Huawei était un espion chinois

Par Epoch Times
16 juin 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

Au cours d’une audience parlementaire britannique, un haut responsable du géant chinois des télécommunications Huawei a récemment reconnu avoir eu des liens avec une grande agence d’espionnage chinoise .

John Suffolk, vice-président de Huawei et responsable mondial de la cybersécurité, a déclaré le 10 juin aux parlementaires britanniques que l’ancien PDG de Huawei, Sun Yafang, travaillait pour le ministère de la Sécurité Publique chinois.

Suffolk a déclaré que Sun « avait joué un rôle dans ce ministère », tout en ajoutant que le fournisseur de technologie n’était pas obligé d’espionner pour le gouvernement chinois.

« Aucune loi en Chine ne nous oblige à travailler avec le gouvernement chinois », a déclaré Suffolk.

Selon Ifeng, le site de nouvelles en ligne de Phoenix TV, un média pro-Pékin basé à Hong Kong, Sun a travaillé dans le domaine des télécommunications au sein du département d’espionnage de l’État et a utilisé ses relations pour « sauver » Huawei alors que l’entreprise n’arrivait pas à atteindre la profitabilité

Plus tôt au cours de l’audience, Suffolk avait déclaré qu’il est du devoir de Huawei de respecter les lois locales dans chacun des 170 pays où il est présent.

« Nous ne faisons pas de jugements moraux sur ce qui est juste ou faux, cela revient aux législateurs. La loi définit l’éthique en ce qui nous concerne, car c’est essentiellement aux gouvernements de définir ce qui est juste ou faux », se défend Suffolk.

Huawei, premier fabricant mondial d’équipements de télécommunications, s’est imposé comme le leader de la course à la 5G pour la fourniture de services sans fil ultrarapides. L’entreprise prétendait à la fin janvier avoir des contrats 5G avec plus de 30 pays. Cependant, l’infrastructure 5G de la société fait l’objet d’un examen approfondi depuis qu’une poignée de gouvernements dont les États-Unis et le Royaume-Uni remettent en question les pratiques de sécurité de Huawei.

Doutes sur l’indépendance de l’entreprise

Huawei a maintes fois réfuté les préoccupations des autorités et des experts américains au sujet de ses liens étroits avec l’État chinois. La société affirme appartenir à 100% à ses salariés actionnaires et opérer de manière indépendante du gouvernement.

Mais selon un rapport publié en avril par deux chercheurs, les employés de Huawei n’ont pas de droits de propriété réels : la société appartient au fondateur de l’entreprise, Ren Zhengfei, et à un comité syndical appelé Huawei Investment & Holding Company Trade Union Committee, ce dernier détenant 99% des actions.

Tout comme Sun Yafang, Ren Zhengfei a travaillé pour le ministère de la Sécurité Publique et a été directeur de l’académie d’ingéniérie en télecoms au sein de l’armée chinoise, une institution qui supervise la recherche militaire en télécommunications.

« Ce qu’on a appelé les ‘actions des employés’ dans Huawei ne sont en réalité que des intérêts contractuels dans un système de partage des bénéfices … Peu importe qui, dans la pratique, possède et contrôle Huawei, il est clair que ce ne sont pas les employés ne le font pas” concluent les chercheurs.

« Au vu de la nature publique des syndicats en Chine, si la participation du comité syndical est réelle et si le syndicat et son comité fonctionnent comme les syndicats fonctionnent généralement en Chine, Huawei peut être considérée comme appartenant à l’État chinois » ajoutent-ils.

Lors de l’audience parlementaire britannique, Suffolk a été confronté à Norman Lamb, démocrate libéral britannique et président du Comité pour la science et de la technologie, qui l’a interrogé sur le niveau de financement reçu du gouvernement chinois par Huawei.

Suffolk a nié que l’entreprise ait reçu 40 milliards de dollars du régime chinois, mais a concédé avoir reçu des prêts de la China Development Bank, une entreprise publique.

« D’après ce que je sais, moins de 10% des 30 milliards de dollars ont été utilisés au cours des 30 dernières années », a déclaré Suffolk.

‘En accord avec la loi’

Lors de l’audience, le représentant de Huawei a souligné à plusieurs reprises que la société se conformait à la loi.

« Je ne pense pas que nous soyons complices de quoi que ce soit, je pense que notre objectif est de comprendre la loi et de la respecter », a déclaré Suffolk lors de l’audience. Il a ensuite rappelé que Huawei est « une organisation commerciale ».

La loi sur le renseignement chinois, mise à jour en 2017,  exige que toutes les organisations chinoises soutiennent, aident et coopèrent avec les « efforts de renseignement nationaux » et protègent « les secrets du renseignement national dont elles ont connaissance. »

« Le gouvernement chinois s’adresse à vous [une entreprise chinoise] et vous demande vos informations, vos données, un accès à vos ressources et à vos réseaux. Votre seul choix est d’accepter », a déclaré Klon Kitchen, chercheur en sécurité à la Heritage Foundation, lors d’une table ronde le 21 mars.

« Cette entreprise est profondément attachée non seulement à la Chine mais aussi au Parti communiste chinois. Cette relation, l’existence de ces connexions, met en danger les informations américaines qui traversent ces réseaux », a déclaré le secrétaire d’État américain Mike Pompeo dans une interview à CNBC.

Huawei a subi de multiples sanctions de pays tels que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. Plus récemment, le ministère américain du Commerce a interdit aux entreprises américaines de vendre de la technologie à Huawei, invoquant des préoccupations de sécurité nationale.

« Nous devons protéger nos infrastructures de télécommunications, et les États-Unis appellent tous les partenaires de sécurité à être vigilants et à rejeter toute entreprise qui compromettrait l’intégrité de nos technologies de communication ou de nos systèmes de sécurité nationaux », a déclaré le vice-président américain Mike Pence à la Conférence de Munich sur la sécurité en 2019.

Plus d’infos: https://www.epochtimes.fr/?s=Huawei

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