Landes : victimes de malfaçons, ils ne peuvent pas habiter leur nouvelle maison et se retrouvent à la rue

Par Séraphin Parmentier
2 octobre 2020
Mis à jour: 2 octobre 2020

Depuis deux ans, un couple de Landais et leurs trois enfants ne peuvent pas habiter la maison qu’ils ont fait construire du fait de graves malfaçons qui mettent en péril la viabilité de la structure.  

C’est une histoire invraisemblable que relatent nos confrères de Sud Ouest. Il y a deux ans, Lionel et Géraldine Labesque décident de faire construire une maison à Messanges, une commune d’un peu moins de 1000 habitants située au bord de l’Océan Atlantique, à quelques kilomètres de Soustons.

Une maison conçue avec des matériaux naturels et recyclables qui devait abriter le couple et ses trois enfants, Juliette (11 ans), Célia (8 ans) et Gaspard (3 ans) dès le mois de juin 2018. « C’était aussi le projet d’une vie », confie Lionel Labesque à la rédaction du quotidien régional.

Pendant la construction, Lionel et Géraldine Labesque mettent en vente la maison dans laquelle ils habitent. Le 8 mai 2018, quelques semaines avant d’emménager et alors que la construction est presque terminée, le couple découvre qu’il y a « un gros problème ».

La bâtisse comporte plusieurs malfaçons qui la rendent en effet inhabitable. Si la maison dispose d’un toit plat recouvert de graviers, celui-ci a fait l’objet d’une surcharge de 16 tonnes et les solives du plafond, qui n’ont ni été fixées correctement ni renforcées par des sabots métalliques, se sont affaissées.

« Nous avons dû tout arrêter, c’était dangereux. Il a fallu prendre une mesure de sauvegarde », explique Lionel Labesque. « Nous étions prêts à emménager. Nous avions bien entendu quitté notre ancien domicile, qui était vendu », ajoute le père de famille.

L’assureur en liquidation judiciaire, le constructeur insolvable

Lionel et Géraldine Labesque décident alors de porter l’affaire en justice.

« En décembre 2019, le tribunal correctionnel de Dax nous a donné raison et a condamné l’entreprise et l’assurance du constructeur à nous dédommager de la destruction de la maison et de sa reconstruction, soit 506 000 euros », observe M. Labesque dans les colonnes de Sud Ouest.

Mais le couple apprend que l’assureur a été placé en liquidation judiciaire et que l’entreprise de construction n’est pas solvable.

« L’assurance pour la garantie décennale, Elite insurance, active en France sur le principe de la libre prestation, était basée à Gibraltar, alors que sur les papiers, l’adresse était à Paris. Nous avons découvert que ces contrats, autorisés par la Banque de France à travailler sur le territoire, ne possèdent pas de fonds de recouvrement », précise le père de famille.

Les Labesque s’aperçoivent bientôt qu’ils ne figurent pas parmi les créanciers listés dans le dossier de liquidation d’Elite insurance et comprennent qu’ils risquent de ne jamais percevoir le dédommagement que la justice leur a pourtant accordé.

Il y a quelques jours, le couple reçoit un nouveau coup de massue en découvrant que le cabinet en charge de la liquidation de l’assureur a signifié qu’il n’indemniserait pas les sinistres des contrats d’assurance construction n’ayant pas fait l’objet d’un accord avec les créanciers avant le 15 septembre 2020.

Une cagnotte solidaire pour relancer les travaux et « réparer ce qui est réparable »

Depuis deux ans, la famille occupe différents logements prêtés par des proches. Lionel et son épouse continuent en effet à rembourser le prêt qu’ils ont contracté pour faire construire leur maison et doivent également assumer d’importants frais de justice.

Une situation financière particulièrement délicate qui ne leur permet pas de faire face à de nouvelles dépenses pour se loger.

Malgré les difficultés et les coups du sort, la famille garde espoir. Elle souhaite désormais « réparer ce qui est réparable » afin d’achever la construction de la maison de Messanges et a lancé une cagnotte Leetchi pour récolter les fonds nécessaires.

« Les travaux de reprise concernent la structure de charpente à reprendre dans son intégralité, l’étanchéité à refaire, le renforcement des contreventements, la reprise des fondations, placo et électricité à refaire, finitions, etc. », précise Lionel Labesque sur la page de la cagnotte en ligne.

Le couple de Landais a également lancé un appel aux bonnes volontés afin de se faire aider par des entreprises locales.

« Le bureau d’études ayant expertisé notre construction a accepté d’étudier et d’encadrer techniquement la reprise intégrale du chantier, accompagné d’une amie d’enfance devenue aujourd’hui architecte qui souhaite nous apporter son aide », observe Lionel Labesque.

Si le montant global des travaux de reprise s’élève à 180 000 euros, la famille Labesque avait déjà récolté un peu plus de 18 000 euros sur Leetchi le 1er octobre.

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