L’architecture chinoise, miroir de l’univers

25 mars 2017
Mis à jour: 25 mars 2017

L’architecture moderne s’élance dans le ciel, déclarant sa domination sur les humains. Elle ne nous connecte pas avec les cieux, mais semble les défier.

Durant des milliers d’années, les Chinois ont développé leur propre style architectural. Basé sur les principes du taoïsme et du bouddhisme, il reflète la compréhension chinoise que les cieux, la terre et l’homme sont intimement connectés. Le Japon, la Corée et une bonne partie de l’Asie, ont copié ce style.

L’harmonie entre le ciel et la terre

I Chingle Livre des Mutations et d’autres écrits disent que les anciens agissaient selon les lois du ciel, de la terre, de la nature ainsi que le moment de l’année. La philosophie taoïste était basée sur l’élément central, celui qui engendre les cieux, la terre et l’homme.

Le confucianisme souscrit au principe de l’harmonie entre le ciel et la terre. La nature est un grand univers et l’être humain en est un petit. Parce qu’il est la nature en miniature, un être humain doit vivre et agir selon les lois de la nature de l’univers.

Cette vision traditionnelle vaut pour tous les domaines de la vie chinoise, dont l’architecture. Plus que la situation géographique et son usage pratique, un bâtiment devait s’harmoniser avec la nature, au dedans et au dehors.

Les architectes chinois dessinaient les éléments du cosmos dans chaque structure. Des caves primitives et des constructions simples aux bâtiments complexes, on trouve régulièrement les éléments de l’univers inscrits dans l’architecture chinoise.

Les points de la boussole

Tous les architectes chinois commençaient par les points de la boussole – nord, sud, est et ouest. Les architectes utilisaient des plans que les astrologues préparaient au préalable. À la différence des cartes d’aujourd’hui, le sud se trouvait au-dessus, le nord en dessous, l’ouest à droite et l’est à gauche.

Sur la base de la situation de la Chine dans l’hémisphère nord, les Chinois pensaient qu’un climat agréable – des hivers plus chauds et les brises d’été dans les régions du sud – venait des cieux. Le sud était donc le point de référence pour toute construction.

L’architecte isolait les constructions au nord, à l’ouest et à l’est, et les ouvrait au sud. Cela empêchait aux autres courants météorologiques, comme les vents du nord et d’autres conditions climatiques, d’influer sur la température de la maison.

À titre de protection contre les désastres climatiques, quatre créatures mythiques étaient placées sur le faîte des maisons comme esprits protecteurs des quatre points cardinaux. Le wen noir, un animal fictif, était placé au nord. Au sud se trouvait le canari de cinabre, à l’ouest le tigre blanc et à l’est le dragon vert.

Les tuiles

(Wikimedia Commons)

Il y a environ 3.000 ans, les premières tuiles étaient fabriquées en terre. Plus tard, un mélange de terre et de pierre a couvert le toit des maisons. Par la suite, les toits ont été rehaussés de brillants et de vernis de différentes teintes.

Les tuiles étaient scellées par des clous et souvent ornées de motifs d’animaux ou de plantes servant à se protéger des catastrophes naturelles.

Des motifs spécifiques étaient réservés à la demeure des empereurs, comme les splendides tuiles jaunes que l’on peut encore voir aujourd’hui sur les bâtiments de la Cité interdite à Pékin. Les tuiles du Temple des cieux de Pékin sont bleues.

Le bois, premier matériau de construction

Le bois a été le premier matériau de construction utilisé par les Chinois. Le bois pouvait être facilement amené des nombreuses forêts de Chine et il n’était pas difficile de s’en débarrasser. On privilégiait le bois pour son odeur agréable. Pour les architectes, c’était un matériau de construction vivant qui respirait, absorbait et rejettait la moisissure. Mais il avait également ses revers car beaucoup de maisons étaient sujettes aux incendies.

La charpente

(Wikimedia Commons)

Les architectes chinois préféraient construire une maison en commençant par la charpente. À la différence d’une structure solide, la construction d’une charpente comporte des poutres et des piliers qui portent le poids à certains endroits de pression. Ce procédé permettait d’obtenir des pièces larges et ouvertes.

L’architecture chinoise fournissait une transition douce à l’environnement et harmonisait véritablement les êtres humains avec leur monde et les cieux.

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