L’armée chinoise organise un exercice militaire le jour des élections à Taiwan

Par Olivia Li
15 janvier 2020 Mis à jour: 15 janvier 2020

L’Armée populaire de libération de la Chine (APL) a tenu un exercice militaire le 11 janvier, le jour de l’élection présidentielle de Taïwan. Peu après la victoire du président Tsai Ing-wen, les médias d’État chinois ont averti que Pékin pourrait avoir recours à une action militaire pour réunir Taïwan et le continent.

L’exercice militaire a été mené par le 73e groupe d’armée, l’une des trois armées de groupe actives appartenant au commandement du théâtre d’opérations oriental de l’APL. Basée dans la ville de Xiamen, dans la province du Fujian, une ville côtière faisant face à Taïwan de l’autre côté du détroit, elle est présumée être la principale force militaire de la Chine pour attaquer Taïwan si jamais Pékin déclare la guerre à l’île autonome.

Le régime chinois prétend que Taïwan fait partie de son territoire et n’a pas renoncé à l’usage de la force pour le mettre sous son contrôle. Taïwan, officiellement connue sous le nom de « République de Chine », a son propre gouvernement démocratiquement élu, sa propre armée et sa propre monnaie.

Le Commandement du théâtre de l’Est a publié le 11 janvier une déclaration au sujet de l’exercice sur les médias sociaux chinois WeChat, qui commençait par un poème : « Un exercice n’est pas différent d’une vraie bataille, les soldats sont instantanément entourés par la fumée de la guerre. »

L’exercice militaire a suivi les normes les plus strictes et les plus difficiles, selon la déclaration. Des photos d’hélicoptères d’attaque CAIC Z-10 et d’un hélicoptère Mi-17 Medium ont été affichées pour montrer la force militaire de l’APL.

Les photos prises pendant l’exercice ont révélé que l’unité d’aviation de l’armée de terre du 73e groupe utilisait des destroyers de type 052D et de type 052C, 2 plates-formes d’atterrissage pour hélicoptères de type 075 et divers hélicoptères militaires, dont des hélicoptères d’attaque CAIC Z-10 et le Harbin Z-20. De plus, des brigades blindées et des brigades d’artillerie ont servi d’unités de soutien lors de l’exercice.

Selon le billet, l’objectif principal de l’exercice était de « s’opposer à ceux qui prônent l’indépendance de Taïwan » et « d’empêcher les forces étrangères de s’ingérer dans les affaires de la Chine et de Taïwan ».

Les médias d’État chinois ont également fait état de l’exercice et ont souligné que « le choix de la date de l’exercice mérite réflexion », ce qui pourrait être un indice que l’exercice vise à menacer les citoyens taïwanais de ne pas voter pour un candidat anticommuniste.

Le même jour, la marine de commandement du théâtre de l’Est de l’APL, aussi connue sous le nom de Flotte de la mer de l’Est, a annoncé qu’un détachement de destroyers effectuerait un véritable entraînement au combat de cinq jours et quatre nuits sur l’océan. Les destroyers de type 052D et de type 052C y participeraient, et il y aurait des exercices de tir réel ainsi que des exercices de défense aérienne et de défense antimissile, a-t-il dit.

Avertissement post-électoral

Peu après la réélection du président taïwanais Tsai Ing-wen, les médias publics chinois ont diffusé une mise en garde contre une action militaire visant à réunifier Taïwan avec le continent.

Hu Jinxi, rédacteur en chef de l’une des publications bellicistes chinoises, le Global Times, a publié un commentaire le 12 janvier, le lendemain de l’élection de Taïwan, laissant entendre que le recours à la force militaire contre Taïwan est maintenant une priorité pour la Chine.

« Réunir Taïwan avec le continent en ayant recours à la force militaire n’est pas une grosse affaire, compte tenu de la différence entre les forces militaires du continent et celles de Taïwan. Ce sera plus facile que la libération de Pékin par l’APL il y a 70 ans », a déclaré Hu Jinxi.

Il a souligné que le véritable défi auquel la Chine doit se préparer est l’intervention militaire ou les sanctions économiques des États-Unis.

« Stratégiquement, nous avons besoin de certitudes absolues dans deux domaines. Tout d’abord, nous devons être capables de faire facilement subir à l’armée américaine une perte insupportable si elle vient à intervenir. De plus, nous devons nous assurer que les États-Unis n’oseront pas lancer une riposte à grande échelle contre la Chine, ni menacer la Chine d’une guerre nucléaire », a écrit Hu Jinxi.

« Deuxièmement, la Chine doit dépasser les États-Unis en termes de puissance économique, de sorte que les États-Unis soient incapables de sanctionner la Chine, ou d’unir les forces occidentales pour imposer des sanctions radicales à la Chine. En d’autres termes, lorsque la Chine utilise la force militaire pour s’unir à Taïwan, [nous voulons nous assurer que] notre action militaire n’entraînera pas de graves incertitudes économiques pour notre pays. »

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