L’association L214 dénonce la pose de hublots sur des vaches à des fins de recherche

Par Emmanuelle Bourdy
20 juin 2019
Mis à jour: 12 juillet 2019

Même si cette expérimentation sur les vaches appelée «vaches à hublot» n’est pas nouvelle ainsi que le montre un documentaire datant de 1970 retrouvé dans les archives de l’INA, elle n’en est pas moins barbare.

Les «vaches à hublot», aussi appelées vaches fistulées, sont des vaches équipées d’un hublot ou canule en plastique de 15 à 20 cm de diamètre permettant ainsi d’accéder directement au bol alimentaire du bovin afin d’en analyser le contenu.

Ainsi, la panse des vaches est observée grâce à ces canules. Régulièrement, un technicien ouvre ce hublot au moyen d’une clé, il passe ensuite le bras par le trou pour y déposer des échantillons d’aliments ou y faire des prélèvements. Une fois l’intervention terminée, il referme le hublot en poussant de tout son poids pour refermer le clapet. L’animal est ensuite nettoyé par un jet à haute pression.

Des images, tournées en février et mai et diffusées par l’ONG L214, montrent ce rituel. Le tournage a été effectué dans un centre de recherche en nutrition animale situé dans la Sarthe, appartenant à l’entreprise Sanders, filiale du groupe Avril.

Jean-Baptiste Coulon, président du centre de Theix (à proximité de Clermont-Ferrand), explique en quoi ces recherches ont un caractère nécessaire et quels en sont les multiples objectifs : «Tout d’abord, optimiser l’apport alimentaire des animaux ; limiter les problèmes sanitaires, par exemple les troubles liés au fonctionnement du rumen ; améliorer la qualité des produits, en maîtrisant les matières grasses du lait, qui dépendent de la façon dont sont dégradés les aliments dans la panse ; et enfin, étudier comment limiter les émissions de méthane.»

Jean-Baptiste Coulon précise qu’en France, une trentaine de vaches au total sont ainsi pourvues de ce hublot dans les centres de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique). D’autres pays tels que la Suisse, le Canada, les États-Unis utilisent également ce système de canules sur les bovins.

Mais pour Sébastien Arsac, responsable des enquêtes pour L214, ces canules sont posées à vie sur l’animal et il estime que «ces pratiques sont symptomatiques de comment on traite les animaux et de la course à la performance» tout en précisant qu’«on considère les vaches comme des rumens sur pattes.»

L’association L214 explique que depuis 1950, la production de lait par vache et par jour a presque quadruplé. Elle qualifie cela de «mutilation» sur les bovins. Elle indique qu’elle «porte plainte contre ce centre d’expérimentation, interpelle le gouvernement sur ces pratiques et l’invite à interdire ces recherches, qu’elles soient privées ou publiques». Interrogé par l’AFP, le procureur du Mans a indiqué jeudi matin ne pas avoir reçu de plainte.

L’avocate de L214, Hélène Thouy, s’est exprimée sur le sujet : «Le Code rural prévoit que l’expérimentation animale n’est licite qu’en cas de stricte nécessité. Rendre des vaches laitières plus productives ne nous semble pas relever de cette catégorie». Hélène Thouy, qui a toujours défendu la cause animale, a précisé que le délit d’expérimentation illicite est passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, ainsi que le cite Le Parisien. L214 a également lancé une pétition pour mettre fin à ces pratiques.

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