L’association L214 dévoile des images d’un élevage de poulets du Pas-de-Calais qui veut s’agrandir

Par Epoch Times avec AFP
6 avril 2021
Mis à jour: 7 avril 2021

Le mardi 6 avril, l’association de défense des animaux L214 a diffusé des images tournées dans un élevage industriel de poulets du Pas-de-Calais qui souhaite tripler sa surface.

Sur ces images tournées en mars par l’association, qui publie régulièrement des vidéos « choc » pour dénoncer les conditions d’élevage et d’abattage des animaux, on peut voir des poulets morts gisant au milieu d’animaux vivants, des bêtes boitant fortement ou encore des poulets dont le corps semble démesurément gros par rapport à leur tête.

L’élevage, qui produit des poulets de chair depuis 1998 à Pihem, près de Saint-Omer, souhaite multiplier par cinq la taille de son élevage. L214 dénonce « un projet démesuré, un calvaire sans nom pour les animaux, et une aberration économique ».

« Ils mourront de faim et de soif »

« Les poulets sont entassés à 21 par m2, dans un bâtiment fermé, sans jamais pouvoir sortir », explique l’association dans un communiqué. « La litière sale leur brûle la peau et les pattes, et entraîne des problèmes respiratoires. Ils sont nourris avec du maïs et du soja OGM, complétés par des antibiotiques, et sélectionnés génétiquement pour grossir très vite, ce qui entraîne de grandes souffrances : le corps trop lourd, peinant à se tenir sur les pattes, certains ne peuvent même plus atteindre les mangeoires et les abreuvoirs. Ils mourront de faim et de soif », souligne L214.

« À 15 jours, les animaux ont des têtes de poussin sur des corps de poulet. À 30 jours, beaucoup sont fortement boiteux. Entre 35 et 41 jours, ils sont envoyés à l’abattoir. C’est (presque) la fin d’un cauchemar pour eux », précise-t-elle dans le communiqué.

Production de poulets Duc. (Photo : crédit L214)

Le nombre de poulets passera de 150 000 à près de 860 000

Selon l’enquête publique, qui s’est déroulée du 4 janvier au 2 février, l’élevage « est aujourd’hui déclaré pour 20 500 animaux-équivalents, élevés dans un bâtiment de 1020 m2 ». « Le projet consiste à construire deux nouveaux bâtiments de 2400 m2 chacun, ainsi qu’un hangar de compostage« , indique le document.

Le commissaire-enquêteur a émis un avis favorable le 30 mars, assorti de deux réserves portant sur l’accessibilité du site et les capacités techniques et financières de l’éleveur. Si la préfecture donne son autorisation, le nombre de poulets produits sur le site passera d’environ 150 000 à près de 860 000 en « production théorique annuelle », selon les chiffres fournis par l’éleveur dans sa demande.

Le conseil municipal de Pihem a émis un avis défavorable à cette extension, soulignant les nuisances sonores et olfactives qu’elle fait craindre, ainsi que l’augmentation du passage des camions. La préfecture se prononcera après l’avis du Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires qui doit se réunir entre fin mai et fin juin.

Poulets Duc. Image prise dans des élevages de l’Yonne et de l’Aube qui montre des poulets agonisants, cherchant désespérément à respirer, déformés à cause de sélections génétiques visant à accroître la productivité. (Photo : crédit L214)

Appel au Président Macron

Fin mars, dans le département voisin du Nord, la préfecture a autorisé un projet d’élevage intensif devant accueillir 117 600 poulets à Steenwerck, contesté localement et qui avait fait l’objet d’un avis défavorable de la commissaire chargée de l’enquête publique.

En janvier, L214 a appelé dans une lettre ouverte le Président Macron à élaborer « un plan de sortie de l’élevage intensif », mis en cause comme facteur d’apparition de maladies potentiellement dévastatrices.

« Une telle initiative viserait à suspendre immédiatement la construction ou l’extension des élevages intensifs et industriels qui confinent les animaux dans des bâtiments fermés, dans des cages, les forçant à vivre dans des conditions de promiscuité extrêmes », explique l’association.

 

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