L’Autriche et la Belgique s’opposent aux pratiques de prélèvement forcé d’organes de Pékin

Par Eva Fu
28 juin 2020
Mis à jour: 13 août 2020

L’horrible pratique de prélèvement d’organes à vif à Pékin a de nouveau été mise en lumière en juin, lorsque deux pays européens se sont joints à un mouvement d’opposition à ce commerce illicite.

Depuis des décennies, le régime est confronté à des allégations de plus en plus nombreuses selon lesquelles il tue en masse des prisonniers d’opinion pour vendre leurs organes sur le marché des transplantations.

En Autriche, « nous sommes profondément préoccupés par cette situation, elle est tout simplement insupportable », a déclaré Gudrun Kugler, membre du parlement autrichien, le 23 juin, après que la commission des droits de l’homme du parlement a adopté à l’unanimité sa résolution de lutte contre le trafic d’organes et d’êtres humains.

« À maintes reprises, des rapports sur le trafic illégal d’organes humains ont fait surface en République populaire de Chine, ce qui est contraire à toutes les règles en matière de droits de l’homme et d’éthique », selon une déclaration du bureau de Gudrun Kugler.

Les minorités ethniques et religieuses, notamment les musulmans ouïgours, les pratiquants de Falun Gong et les chrétiens, font partie des groupes particulièrement touchés par ces abus, a-t-elle ajouté.

CHINE : CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR

La résolution demande au gouvernement autrichien de protéger les victimes du trafic d’organes en coopérant avec les organismes internationaux, tels que l’Assemblée mondiale de la santé, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, basé à Vienne, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et le Conseil de l’Europe, et de soutenir cette cause chaque fois que cela est possible.

Le Parlement autrichien a pris cette décision en réponse à une pétition de citoyens autrichiens en octobre dernier, qui déclarait : « Nous, les Autrichiens, ne voulons pas d’organes provenant de Chine pour lesquels des innocents ont été tués », selon la déclaration.

En juin 2019, un tribunal populaire indépendant basé à Londres, après une enquête d’un an ayant pris en compte les témoignages de plus de 50 personnes, a trouvé des preuves évidentes que le prélèvement forcé d’organes a lieu en Chine depuis des années et « à une échelle importante« .

« La conclusion montre que de très nombreuses personnes sont mortes sans raison de façon indescriptible et hideuse, [et] que d’autres pourraient souffrir de la même façon », a déclaré Sir Geoffrey Nice QC, président du tribunal qui a précédemment dirigé les poursuites contre l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic pour crimes de guerre, en prononçant le jugement.

Le jugement final du tribunal, rendu en mars, a déclaré qu’il n’y avait « aucune preuve » que ces abus en matière de transplantation avaient cessé, qualifiant cette pratique de « violation la plus grave possible des droits de l’homme d’une personne ».

Le 12 juin, la Belgique a également adopté une résolution condamnant la poursuite de la pratique du prélèvement forcé d’organes en Chine. Dans un projet de loi adopté en avril dernier, le pays a officiellement interdit à ses citoyens de se rendre à l’étranger pour des transplantations d’organes. Les contrevenants risquent jusqu’à 20 ans de prison et 1,2 million € d’amende.

Les pratiquants de Falun Gong brandissent des bannières jaunes lors d’un défilé à Hong Kong le 9 décembre 2018. (Li Yi/The Epoch Times)

Le centre d’information Falun Dafa a salué le geste du parlement autrichien, déclarant que la résolution intervient à « un moment important » à la lumière de la récente prise de pouvoir par la Chine en imposant une loi de sécurité nationale pour Hong Kong. La nouvelle loi prévoit la création d’une agence de sécurité de Pékin dans la ville.

Dans un communiqué de presse du 25 juin en allemand, le centre a exprimé son inquiétude pour les pratiquants de Falun Gong à Hong Kong, qui « pourraient bientôt être victimes de vols systématiques d’organes ».

Ce problème inquiétant est une préoccupation internationale constante depuis 2006, lorsque des dénonciateurs ont pour la première fois attiré l’attention sur la question.

En août dernier, le Comité national républicain américain, composé de 168 membres, a adopté à l’unanimité une résolution dénonçant cette « vile pratique ». En mai, une réponse au « génocide des organes » a été l’une des 12 recommandations qu’un groupe de pression de Washington, le Committee on the Present Danger : China (le comité sur le danger actuel : la Chine), (CPDC), a présenté au président Donald Trump et au Congrès américain.

Les États-Unis, le Canada, la République tchèque et l’Italie font partie d’une liste croissante de pays qui ont initié ou adopté des mesures pour réduire les abus en matière de transplantation d’organes ces dernières années.

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