L’Azerbaïdjan en passe de reprendre Aghdam, district voisin du Nagorny Karabakh

Par Epoch Times avec AFP
20 novembre 2020
Mis à jour: 20 novembre 2020

L’Arménie devait se retirer vendredi du district d’Aghdam près du Nagorny Karabakh et le céder à l’Azerbaïdjan, aux termes d’un accord de fin des hostilités sous patronage russe, qui a mis fin à six semaines de combats meurtriers.

Si le retrait d’Aghdam a bien lieu vendredi, il s’agira de la première cession à l’Azerbaïdjan d’une région contrôlée par les séparatistes arméniens depuis près de 30 ans et la guerre des années 1990.

Reprend les sept districts azerbaïdjanais

Outre quelques territoires au Nagorny Karabakh même, notamment Choucha, la deuxième ville de la province, Bakou reprend les sept districts azerbaïdjanais qui constituaient le glacis de sécurité de la république auto-proclamée.

Quatre l’ont été par les armes, et trois doivent être rétrocédés: Aghdam vendredi, Kalbajar le 25 novembre et Latchin le 1er décembre.

Sur place, les Arméniens locaux n’ont pas attendu l’arrivée des forces de Bakou pour fuir.

Laisser à l’ennemi honni fermes et vergers

Dans le village de Nor Maragha du district d’Aghdam — Kyzyl Kengerli — l’AFP a vu ces deux derniers jours les habitants abattre leur bétail, récolter leurs fruits et déménager leurs domiciles, avec le sentiment amer de devoir laisser à l’ennemi honni fermes et vergers.

-Un berger arménien mène un troupeau le long de la route du village de Nor-Karmiravan à l’extérieur d’Agdam, le 19 novembre 2020 alors que le territoire doit être rendu à l’Azerbaïdjan le 20 novembre 2020. Photo par Karen Minasyan / AFP via Getty Images.

Dans le village de Nor Karmiravan (Papravend pour l’Azerbaïdjan), les résidents chargeaient des meubles sur leurs remorques. Certains ont mis le feu à leurs maisons pour n’en laisser que des ruines aux Azerbaïdjanais.

A Aghdam, les soldats arméniens eux ont détruit au bulldozer et brûlé leur quartier général local, avant de quitter la zone.

En 1990 exode inverse

A la fin de la guerre des années 1990, au terme d’une première guerre entre Erevan et Bakou pour le contrôle du Nagorny Karabakh, c’était l’exode inverse qui s’était produit, la totalité de la population azerbaïdjanaise fuyant ces régions. L’Arménie avait ensuite encouragé leur repopulation par des Arméniens.

Côté azerbaïdjanais, l’armée se plaît à montrer aux journalistes les ruines désertes reconquises, symbole de la « barbarie » que chaque camp prête à l’autre.

L’accord de fin des hostilités, signé en début de semaine dernière, consacre la victoire de l’Azerbaïdjan dans ce conflit qui a fait des milliers de victimes et lui accorde d’importants gains territoriaux.

Le texte prévoit en outre la présence de quelque 2.000 forces de maintien de la paix russes dans un Nagorny Karabakh amoindri et affaibli.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev triomphateur

Cet accord est dénoncé par l’opposition arménienne qui accuse le Premier ministre Nikol Pachinian d’être un « traître » et réclame, jusqu’ici sans succès, sa démission. Le pouvoir a lui dénoncé un complot visant à faire assassiner le chef du gouvernement.

Les manifestations de rues sont restés limitées à quelques milliers de personnes cependant.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev s’est lui affiché cette semaine, triomphateur, en treillis militaire et aux côtés de son épouse, la vice-présidente du pays, dans certains lieux emblématiques des territoires reconquis.

Rôle joué par la Turquie

Si la fin des hostilités, négociée par Vladimir Poutine a été largement saluée, la France a néanmoins appelé Moscou à lever certaines « ambiguïtés » du texte, particulièrement sur le rôle de la Turquie, grand soutien de l’Azerbaïdjan et ennemi juré de l’Arménie.

-L’artillerie arménienne quitte la ville d’Agdam le 19 novembre 2020, le territoire doit être rendu à l’Azerbaïdjan le 20 novembre 2020. Photo par Karen Minasyan / AFP via Getty Images.

Si la Turquie n’est mentionnée nulle part dans l’accord de fin des hostilités, Ankara a rapidement affirmé après sa signature que des militaires turcs prendraient part à l’observation du cessez-le-feu depuis un centre de coordination conjoint avec la Russie en Azerbaïdjan et qui utilisera notamment des drones selon Vladimir Poutine.

Le président russe, qui jouit d’une bonne relation avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan malgré des différends sur plusieurs dossiers, a assuré qu’il avait « réussi à convaincre » ses partenaires de ne pas déployer des soldats turcs au Nagorny Karabakh même, afin de ne pas « provoquer » l’Arménie.

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