Le confinement : une mesure égoïste et inégalitaire

Par Alexandre Massaux, IREF
30 avril 2020
Mis à jour: 30 avril 2020

La plupart des pays développés ont mis en place des confinements au motif de réduire la saturation des hôpitaux. La dureté de ces mesures varie selon les pays : elles sont plus strictes en Italie, en France et en Espagne qu’en Allemagne. L’Inde quant à elle, a institué des mesures draconiennes suspendant la quasi-totalité de l’économie ainsi que les transports.

L’idée qui prédomine pour justifier de telles mesures dans la plupart des pays est que la santé doit passer avant l’économie. Cette approche se révèle néfaste. Elle néglige cette évidence : l’économie ne se résume pas à de l’argent ou à des cours d’actions dans les bourses ; ce sont avant tout les interactions entre des individus qui en font ce qu’elle est. Les confinements, et leurs conséquences, vont très concrètement impacter la vie des gens. Déjà, ils touchent plus brutalement les populations les plus vulnérables et creusent les inégalités.

Les minorités et les pauvres : principales victimes du confinement

La situation des SDF en France est ainsi devenue plus difficile que d’habitude. N’ayant, par définition, pas de véritables domiciles, certains ont même été verbalisés ! C’est aussi beaucoup plus tendu pour les associations qui les aident.

Aux États-Unis, les minorités vont être plus touchées par la crise économique dans les Etats ayant adopté un confinement. Selon le Los Angeles Times, 15% des travailleurs blancs ont perdu leur travail depuis mi-mars, tout comme 18% des Latinos et 21% des Afro-américains. Ces populations avaient vu la pauvreté et le chômage tomber en septembre dernier à un niveau historique, et leur niveau de vie augmenter de façon sensible grâce à la croissance, avant la crise du coronavirus. Sacrifier l’économie revient à les ramener ou les maintenir dans un état de pauvreté dont ils espéraient sortir, avec des conséquences certaines sur leur santé. Car le chômage multiplie par 2 à 3 les risques de suicides et tend à faire ressortir les maladies mentales. Il augmente aussi de 50% le risque de mourir en cas d’attaque cardiaque.

Explosion de la pauvreté et risque d’un nombre massif de morts dans les pays défavorisés

Déjà, l’arrêt de l’économie va créer des situations plus que problématiques dans les pays développés ayant choisi le confinement. Dans les pays en voie de développement, ce sera catastrophique.

L’ONU prévient que la crise du coronavirus risque d’aboutir à la famine pour 130 millions d’individus, deux fois plus que le nombre de ceux qui souffrent actuellement de la faim à cause des conflits et des mauvaises récoltes. Les restrictions drastiques sur la circulation des personnes et l’arrêt de l’activité économique dans les pays industrialisés, réduisant le commerce mondial, dérèglent et appauvrissent les économies des pays moins favorisés.

L’ONU prévient aussi que la récession globale risque de causer des centaines de milliers de morts d’enfants en 2020, anéantissant les progrès de ces deux, voire trois, dernières années en termes de réduction de la mortalité infantile. Elle précise que la baisse de revenus dans les milieux modestes (et particulièrement dans les pays pauvres) va amener à faire des coupes dans les besoins essentiels pour les enfants. En outre, la suspension de l’activité économique a entraîné l’arrêt des campagnes de vaccination contre la polio.

L’économie c’est la survie !

La mondialisation économique, et même la seule activité économique, sont mises à mal pendant cette crise du coronavirus. Les quelques éléments que nous venons d’examiner montrent que ce n’est pas une bonne option : confiner l’économie entre parenthèses va avoir (et a déjà) des effets désastreux, y compris sanitaires. Il est possible qu’ils soient bien pires que le virus lui-même. Opposer l’économie à la santé relève d’un débat de nantis dans des pays qui le sont aussi. Ceux qui le sont moins, ceux qui ne le sont pas du tout, ceux qui sont le plus exposés, vont se retrouver sans rien, alors que la mondialisation leur avait donné de l’espoir. Ne laissons personne retomber dans la misère à cause de réactions excessives et de choix idéologiques liberticides dans les pays développés.

Article écrit par Alexandre Massaux, avec l’aimable autorisation de l’IREF.

L’IREF est un « think tank » libéral et européen fondé en 2002 par des membres de la société civile issus de milieux académiques et professionnels dans le but de développer la recherche indépendante sur des sujets économiques et fiscaux. L’institut est indépendant de tout parti ou organisation politique. Il refuse le financement public.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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