Le Congrès américain vote des sanctions contre le gazoduc russe Nord Stream 2

Par Epoch Times avec AFP
17 décembre 2019
Mis à jour: 17 décembre 2019

Le Congrès américain a voté mardi l’adoption de sanctions contre le gazoduc russe Nord Stream 2, accusé par Washington de renforcer l’influence de Moscou en Europe, mais jugé par ses promoteurs stratégique pour l’approvisionnement du Vieux continent.

Les sanctions, dénoncées par l’Union européenne, visent les entreprises collaborant à la construction sous la mer Baltique de ce gazoduc qui évite notamment l’Ukraine, alliée des Occidentaux, par où transite jusqu’ici une grande partie du gaz russe.

Le texte, voté au Sénat à une très large majorité (86 pour, 8 contre) avait été adopté la semaine dernière par la Chambre des représentants. Il doit encore être promulgué par Donald Trump, un ferme opposant au projet russe.

Le gazoduc déjà construit à 80%

La mesure vise à bloquer la fin des travaux sur ce gazoduc, déjà construit à 80% et qui devait théoriquement entrer en service à la fin de cette année. Il doit permettre de doubler les livraisons de gaz naturel russe vers l’Allemagne, grande bénéficiaire du projet.

Pour Washington et ses alliés ukrainien et polonais, le gazoduc va accroître la dépendance des Européens au gaz russe et ainsi renforcer l’influence de Moscou.

Nord Stream 2 est « une menace pour la sécurité énergétique européenne et une provocation du gouvernement russe », a fustigé le sénateur républicain Jim Risch.

Mais l’Union européenne et Berlin ont dénoncé des sanctions qui visent des entreprises légitimes et qui représentent une ingérence américaine dans la politique énergétique européenne.

Le gel des avoirs et la révocation des visas américains

Les sanctions comprennent le gel des avoirs et la révocation des visas américains pour les entrepreneurs liés au gazoduc.

L’une des principales cibles est Allseas, une entreprise suisse propriétaire du plus grand navire de pose de pipelines du monde, le Pioneering Spirit, engagé par le russe Gazprom pour construire la section offshore.

Le gazoduc représente un investissement d’une dizaine de milliards d’euros, financé pour moitié par Gazprom et pour l’autre moitié par cinq sociétés européennes (OMV, Wintershall Dea, Engie, Uniper et Shell).

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