Le directeur de l’Institut Confucius slovaque aurait menacé un chercheur indépendant

4 mai 2021
Mis à jour: 4 mai 2021

Ľuboslav Štora, l’ancien directeur de l’Institut Confucius (IC) de Bratislava, en Slovaquie, a attiré l’attention pour avoir envoyé des messages d’intimidation par courrier électronique à Matej Šimalčík, l’un des principaux experts indépendants sur la Chine dans les pays d’Europe centrale et orientale.

M. Štora a dirigé la branche slovaque de ZTE, le géant technologique de la Chine communiste, avant de travailler pour l’IC. L’Institut Confucius a été fondé en 2007 sur la base d’un accord entre l’université chinoise de Tianjin et l’université slovaque de technologie.

M. Šimalčík est le directeur exécutif du Central European Institute of Asian Studies (CEIAS). En 2020, il a publié avec Adam Kalivoda un rapport d’enquête intitulé China’s inroads into Slovak universities : Protecting academic freedoms from authoritarian malign interference (pdf). Ils ont mis en garde les institutions universitaires slovaques contre le risque de coopérer avec des entités chinoises, étant donné « la nature du régime chinois [autoritaire]. »

Leur étude a révélé que 25 des 113 interactions universitaires qui ont eu lieu entre la Slovaquie et la Chine avaient des liens avec l’Armée populaire de libération (APL) du Parti communiste chinois (PCC) ; que plus de 60 % de ces relations étaient avec des universités chinoises classées comme étant à « haut risque » ou à « très haut risque » par l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI), y compris l’Université polytechnique de Northwestern. En outre, moins de la moitié des accords de coopération conclus sont publiés dans le registre central des contrats de la Slovaquie.

Le rapport accorde une attention particulière à trois IC et trois classes Confucius en Slovaquie, auxquels il est reproché un manque de transparence dans les domaines de leur financement et de leurs processus d’embauche, ce qui inquiète les coauteurs.

Selon un reportage du journaliste William Yang sur la plateforme en ligne Medium, M. Štora a toutefois écrit dans un courriel à M. Šimalčík, en disant : « Bonjour, est-ce que vous dormez bien ? » et « Vous devez être très stressé quand vous marchez dans la rue », et a utilisé des termes injurieux comme « Qui finance ces bêtises pour vous ? ».

En réponse, M. Šimalčík a poliment demandé à Ľuboslav Štora de s’excuser pour ses « commentaires injustifiés ». Mais ce dernier a continué à menacer l’universitaire indépendant avec des mots comme « Soyez patient, Big Brother vous surveille » et « P.S. : essayez de dormir mieux, c’est une prévention contre les crises cardiaques. »

Le quotidien slovaque Denník N a été le premier à rapporter l’histoire.

C’est à ce moment-là que l’ancien directeur de l’IC a commencé à changer de ton, affirmant qu’il ne faisait que plaisanter avec l’universitaire et qu’il n’avait rien su de l’application par le PCC de la reconnaissance faciale aux Ouïghours du Xinjiang.

Edward Lucas, chercheur au Center for European Policy Analysis et ancien rédacteur en chef de The Economist, a déclaré le 29 avril que l’incident suggérait que les IC de la Chine faisaient partie de son offensive de pouvoir.

Actuellement, M. Štora aurait été licencié par son employeur, qu’il a refusé de nommer.

Epoch Times a demandé des commentaires à la fois à Ľuboslav Štora et à Matej Šimalčík, mais n’avait pas encore reçu de réponse au moment de la publication de cet article.

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