Le donateur qui a financé la campagne d’une démocrate était décédé depuis une dizaine d’années

Par Zachary Stieber
2 août 2019 Mis à jour: 2 août 2019

Nouvelle irrégularité pour Rashida Tlaib (D-Mich), un donateur pour sa campagne s’avère être décédé depuis plus d’une décennie.

Mme Tlaib a reçu un don de 2 500 $ d’un certain George S. Farah père le 22 juin, selon les documents déposés par la Commission électorale fédérale.

Les archives publiques consultées par la Washington Free Beacon montrent qu’un homme portant le même nom et vivant à la même adresse est décédé le 1er février 2009.

Mme Tlaib est le seul fonctionnaire fédéral à recevoir un don au nom de M. Farah pour ce cycle électoral, mais le représentant Dan Kildee (D-Mich.) a également reçu des fonds au nom de M. Farah entre 2011 et 2017.

Or George S. Farah père, un homme d’affaires et promoteur immobilier qui a émigré des territoires palestiniens aux États-Unis dans les années 1950, est décédé à l’âge de 73 ans il y a plus d’une décennie, d’après les informations rapportées par Mlive.com.

Les dons politiques de personnes décédées sont rares, mais soulèvent certaines questions, d’après les juristes électoraux et des experts du financement des campagnes électorales au Centre pour une politique responsable (Center for Responsible Politics).

« Chaque fois qu’une contribution est faite au nom d’une personne décédée, c’est potentiellement problématique », a déclaré Larry Noble, avocat au cabinet d’avocats Skadden Arps de Washington et ancien directeur exécutif du centre. « En général, les morts ne sont pas censés donner. »

Un cas qui serait légal est celui d’une personne qui établit une fiducie et qui laisse des instructions sur la façon de faire un don en son nom.

C’est ce qui s’est passé dans le cas d’un dénommé Kildee, a déclaré un représentant au Free Beacon.

« Gisele Farah est la seule bénéficiaire d’une fiducie au nom de son défunt mari, George S. Farah père, décédé en 2009 « , a déclaré le porte-parole de la campagne Kildee.

Rep. Rashida Tlaib
Win McNamee/Getty Images)

« Depuis sa mort, Gisele Farah, en tant que seule bénéficiaire de la fiducie, a contribué à la campagne grâce aux fonds de sa fiducie. Les dossiers de notre campagne ont été modifiés pour préciser que les contributions à la campagne provenaient de Gisele Farah et devraient être désignées sous son nom. »

Gisele Farah n’a pas commenté publiquement les dons.

La représentante démocrate, pour sa part, a envoyé une déclaration similaire au Free Beacon.

« Gisele Farah est la seule bénéficiaire d’une fiducie au nom de son défunt mari, George S. Farah père qui, comme vous l’avez noté, est décédé en 2009 », a déclaré une porte-parole de Mme Tlaib.

« Gisele Farah, en tant que seule bénéficiaire de la fiducie, a contribué à notre campagne avec les fonds de sa fiducie. Nous modifierons nos dossiers de campagne et nos dépôts pour préciser que la contribution électorale provenait de Gisele Farah et qu’elle devrait être désignée sous son nom. »

Selon le ministère de la Justice, la peine maximale pour avoir fait de fausses déclarations à un organisme fédéral et versé des contributions illégales à une entreprise dans le cadre d’une campagne électorale est de cinq ans d’emprisonnement et de 250 000 $ d’amende.

Mme Tlaib a déjà été accusée d’irrégularités par le passé.

Son père, Harbi Elabed, a dit que sa fille avait menti sur l’endroit d’où elle vivait pour être élue.

Squad, Omar, AOC
(Holly Kellum/NTD)

M. Elabed a déclaré au journal Detroit News en 2010 que la maison dans laquelle Mme Tlaib avait juré d’habiter à l’époque, 9123 Rathbone, Detroit, dont il était partiellement propriétaire, n’était pas sa maison.

« Elle a menti », assure son père. « Elle a menti pour se faire élire. Je ne lui ai jamais appris à agir comme ça. Je voulais lui montrer le bon chemin. C’est ma maison. Elle n’y vivait pas. Elle vivait à Dearborn dans sa maison avec son mari et son fils. »

Dearborn ne faisait pas partie du district pour lequel Mme Tlaib a été élue. Bien qu’aucune loi n’oblige une personne à passer un certain temps chez elle, ce qui permet aux politiciens d’avoir plusieurs maisons et de passer la plupart de leur temps à l’extérieur de leur district s’ils le désirent, le parjure est une infraction passible d’une peine d’emprisonnement pouvant atteindre cinq ans et une amende de 1 000 $.

La démocrate soutient que son père se trompe.

« Les gens ont beaucoup remis ça en question, mais jamais mon père et cela m’attriste. Le fait est que j’ai respecté la loi. J’ai emménagé dans le district avant de déposer ma demande. Point final », justifie-t-elle. Elle prétendait avoir des factures prouvant où elle vivait, mais elle ne les a jamais produites.

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