Le Grand Reset : la justice sociale aux caractéristiques chinoises

Par John Mac Ghlionn
20 juillet 2021
Mis à jour: 20 juillet 2021

Que pensez-vous du Grand Reset (ou grande réinitialisation) ? Êtes-vous pour ou contre ? D’un côté, certains le considèrent comme une force du bien, un nouveau départ indispensable pour l’humanité. Ces derniers – dont la plupart penchent à gauche et apprécient probablement The Guardian – y voient un moyen de s’attaquer aux effets dramatiques du changement climatique et à la brutalité du capitalisme. De l’autre côté, il y a les fervents opposants. Ces derniers perçoivent le Reset comme une menace existentielle pour l’humanité. Un accaparement éhonté du pouvoir. Des marionnettistes, avertissent-ils, cherchent à nous priver de notre autonomie. Qui a raison, qui a tort ?

Avant d’aller plus loin, il convient de poser une question importante : qu’est-ce que le Grand Reset ? Le Washington Post voudrait nous faire croire que la démocratie meurt dans l’obscurité (en référence au slogan du journal « Democracy Dies in Darkness » – ndlt). En réalité, elle meurt à Davos (ville connue pour accueillir chaque année le forum économique mondial (World Economic Forum, WEF), réunion des dirigeants de la planète et des élites économiques – ndlt). Cette affirmation peut sembler facile, voire conspirationniste, mais elle ne l’est pas. Considérez ce qui suit :

« Bienvenue en l’an 2030. Bienvenue dans ma ville – ou devrais-je dire, ‘notre ville’. Je ne possède rien. Je n’ai pas de voiture. Je n’ai pas de maison. Je n’ai pas d’appareils ménagers ni de vêtements. Cela peut sembler étrange, mais c’est parfaitement logique pour nous, dans cette ville. Tout ce que vous considériez comme un produit est maintenant devenu un service. »

Il ne s’agit pas d’un passage d’un roman de George Orwell. Non, il s’agit de lignes tirées directement d’un article écrit par Ida Auken, une collaboratrice du Forum économique mondial (FEM). Chaque année, les membres du FEM, dont beaucoup sont des politiciens de haut rang et des dirigeants de la Big Tech, se réunissent à Davos. De quoi discutent-ils ?

Eh bien, ces derniers temps, ils ont mis l’accent sur la « justice sociale« , un terme fourre-tout utilisé pour aborder des enjeux tels que la répartition des richesses, les possibilités d’emploi et, bien sûr, les privilèges, ou l’absence de privilèges. L’année dernière, Mark Doumba, un membre du Forum, a écrit un article très révélateur. Il plaide pour que le Reset « place la justice sociale en son centre ». En outre, « la richesse », selon l’auteur passionné, « doit être plus largement redistribuée ». En d’autres termes, « le capitalisme tel que nous le connaissons doit être réformé ». C’est peut-être le cas. Cependant, il semble plutôt saugrenu de penser que le FEM, largement composé de millionnaires et de milliardaires (Bill Gates est consultant, tout comme Eric Schmidt, ancien PDG de Google), soit l’instance la plus appropriée pour s’attaquer aux inégalités mondiales.

Par ailleurs, il convient de rappeler que le terme « justice sociale » est un métamorphe sémantique. Sa versatilité lui permet de justifier à peu près n’importe quoi. Comme l’a récemment noté l’écrivain Colin Turfus, le terme est « sans doute une forme de nihilisme : il ne croit pas vraiment en quoi que ce soit, sauf à la validité de son raisonnement dialectique comme seul moyen de parvenir à un ordre social juste et à une amélioration de la société de manière plus générale ».

Il n’est pas nécessaire d’être un adepte de QAnon pour s’interroger sur la finalité du Grand Reset. Après tout, nous avons déjà connu un Grand Reset, sous la forme d’une pandémie mortelle. Les experts qui ont ouvert la voie – des personnes telles que le Dr Fauci et des organisations comme l’OMS – nous ont laissé tomber. Plus important à relever encore, ils nous ont menti, à plusieurs reprises. Souvenez-vous, il y a plusieurs mois, lorsque des individus tels que Bret Weinstein et Heather Heying, deux biologistes évolutionnistes, ont remis en question les origines du virus. Ils ont été critiqués et ridiculisés, sans pitié. Deux scientifiques hautement qualifiés ont eu l’audace de remettre en question le récit dominant, et pour cela, ils ont été censurés – littéralement.

L’année dernière, Klaus Schwab, à la tête du FEM, a écrit un article plutôt glaçant décrivant les moyens par lesquels prendra forme le Grand Reset. L’adhésion est obligatoire. Vous ne pouvez pas vous désengager. « Chaque pays, des États-Unis à la Chine, doit participer » et « chaque industrie, [des industries] pétrolières et gazières aux [entreprises] technologiques, doit être transformée ». En bref, il affirme que « nous avons besoin d’un ‘Grand Reset’ du capitalisme. » Voilà un millionnaire hyper-influent, l’un des hommes les plus puissants du monde, qui discute de la destruction même de ce qui lui a permis de devenir millionnaire. Pardonnez-moi si je suis un peu confus, et plus que suspicieux. Par ailleurs, le capitalisme, depuis trop longtemps, a une connotation péjorative. C’est dangereux. L’opposé du capitalisme est le communisme, et nous savons comment cela se termine. Moins de libertés. Moins de pouvoir individuel. Moins de liberté d’expression.

Le Grand Reset, à bien des égards, tourne autour du concept de contrôle. Contrôler où vous allez, ce que vous dites, quand vous le dites et comment vous le dites. C’est la justice sociale avec des caractéristiques chinoises. Comme l’écrit Anthony P. Mueller, professeur d’économie, « l’idée maîtresse du Forum[le FEM] est le contrôle mondial. Les valeurs principales, ce ne sont pas les marchés libres et le choix individuel, mais l’interventionnisme étatique et le collectivisme ». « La liberté individuelle », suggère-t-il, deviendra une chose du passé. Cela semble être tout droit sorti du manuel d’emploi du Parti communiste chinois (PCC). Comme le régime chinois ne le sait que trop bien, ce sont les créatures dociles qui sont les plus faciles à gérer.

Sommes-nous en train d’assister à une période de changements profonds, au sein de laquelle nos vies sont fondamentalement bouleversées ? Sommes-nous un peu plus que de malheureuses grenouilles dans une marmite, que l’on fait lentement bouillir vivantes ? Si la récente pandémie nous a appris quelque chose, c’est que nos libertés peuvent être supprimées en un instant. Les gouvernements n’hésitent pas à enfermer les gens chez eux pendant des mois. Aux États-Unis, les confinements ont été sévères, en particulier dans des endroits comme la Californie et la ville de New York. Les gens ont perdu leur emploi et beaucoup ont perdu la vie. Le Grand Reset semble flirter avec l’idée d’un confinement prolongé, avec de brèves périodes de « liberté » soigneusement contrôlées. L’autonomie deviendra une chose du passé. Samora Machel, l’ancien leader socialiste du Mozambique, a dit la célèbre phrase suivante : « Pour que la nation vive, la tribu doit mourir. » Pendant ce temps, les despotes de Davos disent : « Pour que le mondialisme vive, l’autonomie humaine doit mourir. »

John Mac Ghlionn est un chercheur et un essayiste. Ses travaux ont été publiés par des journaux comme le New York Post, le Sydney Morning Herald, l’American Conservative, National Review, The Public Discourse et d’autres entités respectables. Il est également chroniqueur à Cointelegraph.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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