Le Kenya sévit contre le braconnage d’éléphants et voit leur nombre doubler en trois décennies

Par Louise Bevan
24 août 2020
Mis à jour: 24 août 2020

Au Kenya, la population d’éléphants recommence à croître, après que le gouvernement et des organisations à but non lucratif ont déployé des efforts concertés pour mettre fin au braconnage. Non seulement le nombre d’éléphants braconnés depuis le début de l’année 2020 est faible par rapport à l’année dernière, mais la population d’éléphants en général a plus que doublé au cours des trois dernières décennies.

« Au cours des deux dernières années, nous avons réussi à maîtriser le braconnage dans ce pays », a déclaré le ministre du Tourisme Najib Balala lors d’une visite au parc national d’Amboseli, dans le sud du Kenya, rapporte la BBC.

Des éléphants sont photographiés près d’une source d’eau lors d’un exercice de recensement aérien dans le parc national d’Amboseli, au sud du Kenya, le 21 juin 2018 (TONY KARUMBA/AFP via Getty Images)

En raison du braconnage intensif pour l’ivoire, la population d’éléphants du Kenya a chuté à un niveau dévastateur, soit à 16 000 individus en 1989. Dans les années 1970, l’Afrique en général abritait 1,3 million d’éléphants, alors qu’en 2020, il n’en reste plus qu’un demi-million. Toutefois, ce nombre est en augmentation.

Bien que la chasse et le braconnage soient actuellement illégaux, afin de dissuader encore davantage les braconniers, le gouvernement kenyan a récemment étendu les peines de prison et la sévérité des amendes relatives à ces infractions.

Naomi, gardienne d’éléphants, examine Kone, un éléphant orphelin d’un an et demi, au sanctuaire d’éléphants de Reteti, à Namunyak Wildlife Conservancy, dans le centre du Kenya, le 26 février 2020. (TONY KARUMBA/AFP via Getty Images)

En 2018, le Kenya a enregistré 80 décès d’éléphants par braconnage, l’ivoire étant en grande partie vendue pour la médecine traditionnelle asiatique, a déclaré M. Balala. En 2019, le nombre d’éléphants tués pour leurs défenses en ivoire se chiffrait à 34, alors que sept éléphants ont été illégalement tués jusqu’à présent au cours de l’année 2020.

Ainsi, le coup quasi-fatal porté à la population d’éléphants indigènes d’Afrique commence à s’estomper. La diminution de braconniers actifs – restreints par le gouvernement kenyan et découragés par la pandémie mondiale – a permis à la population d’éléphants au Kenya d’augmenter, soit de 34 000 individus en 2018.

En particulier, le parc national d’Amboseli, au pied du Kilimandjaro, connaît un véritable baby boom.

Le 14 août, NPR a annoncé que le parc s’est vu accueillir la naissance de 170 éléphanteaux depuis janvier. Tout en soulignant que l’excédent de pluie a contribué au rebond de la population, M. Tal Manor, directeur de projet Amboseli Trust For Elephants, a déclaré : « Dans l’ensemble, le Kenya déploie d’importants efforts de lutte contre le braconnage et les éléphants s’y trouvent généralement plus en sécurité. Ils sont donc moins nombreux à être tués que dans d’autres régions d’Afrique. »

Des braconniers kenyans chassant l’éléphant pour l’ivoire entourent un éléphant mort dont les défenses ont été enlevées en août 1973 (Keystone Features/Getty Images)

Parmi les premières initiatives mises en œuvre au cours des dernières décennies, citons les suivantes. En 1989, le service pour la Vie sauvage du Kenya (Kenya Wildlife Service) a été inauguré, donnant de la visibilité au mouvement anti-braconnage. En janvier 1990, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora, CITES) a imposé une interdiction internationale du commerce de l’ivoire.

Cette interdiction a cependant été rapidement supplantée par l’augmentation massive de la demande d’ivoire au Japon et en Chine, rapporte le Washington Post. Le Dr. Samuel Wasser, professeur de recherche à l’université de Washington et auteur principal d’une étude sur le braconnage en 2007, a déclaré que la situation « actuelle (…) est vraiment bien pire qu’avant l’interdiction ».

« Et contrairement à la fin des années 80, le public n’est plus sensibilisé à ce problème. »

Un garde se tient devant des piles d’ivoire incendié dans le parc national de Nairobi après l’interdiction totale du commerce des défenses et des cornes, le 30 avril 2016. (CARL DE SOUZA/AFP via Getty Images)

En 2016, le président kenyan Uhuru Kenyatta a voulu rappeler les dangers du braconnage en brûlant des milliers de défenses d’éléphants et de cornes de rhinocéros saisies dans le parc national de Nairobi, en guise d’avertissement à ceux qui se livreraient à leur commerce illégal.

Alors que les perspectives demeuraient jusqu’à maintenant sombres, le nombre d’éléphants au Kenya inspire toutefois espoir en 2020. Le gouvernement et les ONG poursuivent leur travail diligent, attendant avec impatience de voir comment évolueront les populations d’éléphants d’Afrique.

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