Le lien entre la marijuana et la psychose

La mission d'une mère pour exposer les fausses perceptions au sujet de la marijuana
Par Catherine Yang
13 novembre 2019 Mis à jour: 14 novembre 2019

Lori Robinson se souvient d’avoir tapoté Shane Robinson, son fils de 23 ans, sur le genou pour le réconforter. Il hallucinait, il avait perdu la tête et avait essayé de sauter de la voiture en mouvement. Il n’avait plus du tout l’air de lui-même ni dans son apparence ni dans ses propos.

Elle lui a demandé : « Tu as pris de la drogue ? »

« Maman, a-t-il dit, ne t’inquiète pas, je viens de fumer de la marijuana. C’est une herbe inoffensive. »

À première vue, l’histoire de Shane semble presque incroyable, un amalgame des pires scénarios, mais c’est malheureusement vrai.

Il était un jeune homme charmant et extraverti qui avait un sourire contagieux et le goût de vivre. Ses parents ne l’avaient jamais vu consommer de la marijuana, bien qu’elle soit facile à obtenir en Californie, car elle avait été légalisée à des fins médicales par un vote populaire en 1996. Mais, après son déménagement, il avait essayé la drogue de temps en temps avec des amis qui avaient des cartes de marijuana à des fins médicales. Puis, après avoir subi une blessure en bateau et avoir mal réagi aux analgésiques narcotiques prescrits, Shane s’est tourné vers la marijuana, pensant que cela l’aiderait à soulager la douleur.

Il a eu non pas une, mais deux crises psychotiques après avoir consommé de la marijuana et il a fini par se suicider.

« Comment mon fils, qui a grandi avec des parents qui n’ont jamais pris de drogues, des citoyens solides comme le roc, des piliers de la communauté… a cru que cette drogue était une herbe, et non une drogue ? », a dit Lori.

Lori elle-même a grandi dans les années 1970, à l’époque où l’usage de la marijuana était répandu. Même à l’époque, elle et son mari n’en ont pas pris. Il était bien connu que la marijuana était une drogue qui modifiait le cerveau. Lori est aussi une professionnelle qui travaille dans le domaine de la santé depuis plus de 30 ans. Elle était stupéfaite d’entendre son fils dire que la marijuana n’était qu’une simple herbe – ce serait comme dire que les opioïdes sont inoffensifs parce qu’ils proviennent du pavot.

Lori avait le cœur brisé en réalisant que la société avait vendu un mensonge à son fils et qu’il était trop tard. Aujourd’hui, la marijuana est plus facile à obtenir et plus puissante que jamais. Un pourcentage plus élevé de personnes qui en consomment sont de gros consommateurs, comparativement aux personnes qui consomment de l’alcool ou fument des cigarettes. En dépit de son usage répandu, le public est peu sensibilisé aux faits et aux dangers et même les nie.

« C’est pourquoi je pense que le message est si important », a dit Lori.

Cet écart entre la connaissance des effets de la marijuana à l’intérieur et à l’extérieur est le plus grand écart que le journaliste d’enquête Alex Berenson ait jamais vu, ce qui l’a amené à écrire Tell Your Children : The Truth About Marijuana, Mental Illness, and Violence, publié plus tôt cette année.

Le domaine public : Que croyons-nous savoir ?

M. Berenson, qui a couvert l’industrie des médicaments d’ordonnance pendant des années, a découvert que la plupart des choses qu’on nous a dites au sujet de la marijuana sont fausses et c’est en grande partie fait volontairement.

Les politiciens et les lobbyistes affirment que la décriminalisation de la marijuana réduira la criminalité, alors qu’en réalité, le nombre de personnes en prison pour possession, avant la légalisation, n’avait jamais été élevé. Au maximum, 1,6 % des détenus y étaient pour des infractions liées uniquement à la marijuana.

En fait, après la légalisation, les taux de criminalité ont augmenté dans tous les États qui ont légalisé la marijuana. Les accidents de la circulation et la conduite en état d’ivresse sont également à la hausse.

Certains partisans du cannabis ont affirmé que la légalisation rapporterait d’importantes recettes fiscales, mais les recettes fiscales dans les États qui ont légalisé la marijuana s’élèvent à moins de 1 % du budget de l’État. Les emplois offerts sont en grande partie des postes de vente au détail ou administratifs avec un salaire minimum et sans avantages sociaux, et l’industrie est loin d’être écologique, avec une empreinte carbone élevée pour la culture de la marijuana.

Certains États ont également émis l’hypothèse que la légalisation de la marijuana réduirait les surdoses d’opioïdes, parce que les gens préfèrent la marijuana aux opioïdes comme analgésique. Cela s’est également révélé faux, le taux de mortalité dû aux opioïdes a augmenté dans les États où la marijuana est légalisée. En fait, la marijuana n’est pas efficace comme analgésique pour les personnes qui ont tellement mal qu’elles ont besoin d’analgésiques.

Les critiques les plus virulentes concernent peut-être les mythes médicaux, ceux des professionnels de la santé et de leurs proches qui ont été témoins des effets désastreux.

En pleine recherche

Lorsque Lori et son mari ont découvert que leur fils souffrait d’une dépression psychotique au milieu de la nuit en 2009, Lori a tout de suite eu un soupçon. Elle se souvenait d’avoir lu, deux ans plus tôt, un article dans un magazine où Margaret Trudeau, la mère du premier ministre canadien Justin Trudeau, disait que chaque fois qu’elle avait été hospitalisée pour psychose, c’était après avoir consommé de la marijuana.

Lori s’est lancée dans la recherche.

Lori Robinson et son fils Shane le jour du mariage de Shane (Avec l’aimable autorisation de Lori Robinson)

Pendant les 10 jours où son fils a été dans un établissement psychiatrique, elle a lu tout ce qu’elle a pu à ce sujet. Une recherche d’articles dans une base de données de publications médicales reliant la marijuana à la psychose a donné lieu à plus de 800 rapports. Aujourd’hui, il y en a plus de 2 000 (dont certaines sont des études qui tentent de réfuter le lien). Malgré le très faible niveau de sensibilisation du public, le lien entre la marijuana et la psychose est bien connu dans la communauté médicale.

Un examen pour déceler le THC, le composant psychoactif de la marijuana, s’était avéré positif mais on avait diagnostiqué Shane d’un trouble bipolaire et on n’a pas tenu compte du test de dépistage des drogues. La demande de Lori pour qu’il soit envoyé en désintoxication a également été rejetée. Ils ont dit à Shane et Lori que c’était une maladie mentale : Lori voulait faire confiance aux professionnels de la santé.

Mais il n’y a pas d’antécédents de maladie mentale dans la famille de Shane. C’était une donnée confuse et disparate.

« Dans notre famille, nous avons la longévité et la vitalité », a dit Lori. Sa mère, qui a maintenant 90 ans, lui a dit : « La maladie mentale, mon œil. C’est un jeune homme en très bonne santé. Il n’a jamais rien eu de tel. Lori, réveille-toi. »

Shane Robinson avec sa grand-mère le jour de son mariage (Avec l’aimable autorisation de Lori Robinson)

Le livre Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR) de l’époque ne contenait aucune entrée pour les troubles liés au cannabis. Un an après la mort de Shane, en 2013, la cinquième édition mise à jour (DSM-5) est sortie, avec une section entière consacrée aux troubles liés à la consommation du cannabis.

Mythes médicaux et maladie mentale

Le National Institute of Health signale que, parallèlement à la consommation de marijuana qui a doublé à l’échelle nationale, les troubles connexes ont presque aussi doublé. Les effets vont de l’anxiété à la toxicomanie, des vomissements violents à la schizophrénie violente. Le risque est plus élevé chez les jeunes utilisateurs, avec une plus grande probabilité de devenir des problèmes à vie.

En plus du fait que plus de gens en consomment, ils consomment une drogue qui est plus puissante qu’il y a quelques décennies.

Il y a deux composants actifs de la marijuana qui sont les plus controversés. Le CBD ne permet pas de se défoncer et, en fait, peut inhiber un high. On vante son potentiel pour le traitement des crises convulsives, une forme purifiée d’huile de CBD est l’un des rares traitements approuvés par la FDA pour le cannabis. Le THC est le composant actif qui produit le high, c’est un produit chimique psychoactif.

Lori a rencontré la Dre Karen Randall, médecin pour les urgences et vice-présidente de la gestion de cas chez Southern Colorado Emergency Medicine Associates à Pueblo, au Colorado, qui est également diplômée en science du cannabis. Mme Randall a compilé les données de ses urgences tandis que le Colorado devenait un important centre de marijuana (selon la publicité son comté est « la Napa Valley du cannabis »). Son centre est maintenant le troisème centre d’urgence le plus occupé au pays.

Mme Randall est entrée en fonction à Pueblo en 2013, un an avant la légalisation de la marijuana, et n’avait alors aucune opinion sur la politique. Aujourd’hui, elle fait des présentations à divers groupes afin d’éduquer le public sur les effets.

Par exemple, la plupart des gens ne comprennent pas à quel point la drogue est forte. Dans les années 1970, les joints de marijuana contenaient de 1 à 3 mg de THC et une quantité presque égale de CBD. La plupart des joints au Colorado (É.-U.) contiennent aujourd’hui 18-25 mg de THC, avec beaucoup moins de CBD. (Selon M. Berenson, à comparer avec l’alcool, c’est comme la différence entre une bière et un martini).

Mais la marijuana n’est plus seulement fumée dans un joint – divers procédés permettent d’extraire le THC à 90 % de concentrés, 100-200 mg, puis de le transformer en produits comestibles ou de le fumer sous forme de cire ou de « tampon ». Il est difficile de trouver la CBD sans composante de THC.

« Personnellement, au cours des deux dernières années, j’ai placé trois patients directement de l’urgence à l’hospice parce que le plan de traitement avec la marijuana qu’ils avaient choisi ne guérissait pas leur cancer », a dit Mme Randall dans une conférence. Elle a demandé : « Qui donc peut être tenu de responsables par ces familles ? »

Il y a quelques années, Mme Randall et ses élèves ont rédigé un article sur l’hyperémèse gravidique liée à la consommation de cannabis parce que le cas qu’ils ont rencontré était si rare. Aujourd’hui, elle le voit tous les jours à l’urgence. Les gens l’appellent « scromiting », ou crier et vomir. Chaque jour, il y a aussi des patients psychotiques. Tout le monde n’est pas reconnaissant à Mme Randall pour son travail éducatif, certains patients se fâchent même quand elle dit que leur état est lié à leur consommation de marijuana.

Nous ne pouvons pas prédire la réaction d’un individu au THC. Certains utilisateurs voient leurs tumeurs rétrécir, d’autres ont un mauvais « trip », développent de la schizophrénie et commettent des meurtres violents lors d’une crise psychotique.

Ce ne sont pas toutes les personnes atteintes de maladie mentale qui sont violentes, mais celles qui ont des psychoses sont statistiquement plus susceptibles de l’être. Les personnes atteintes de schizophrénie, qui est incurable et grave, sont au moins cinq fois plus susceptibles de commettre des crimes violents. Les personnes en santé atteintes de schizophrénie qui prennent des antipsychotiques sont très peu susceptibles de devenir violentes, mais les personnes atteintes de schizophrénie qui consomment également des drogues récréatives, comme la marijuana, sont très à risque de causer de graves préjudices.

Les données sur les psychoses proviennent en grande partie d’études européennes, car les renseignements sur la santé mentale des patients sont confidentiels aux États-Unis, mais les résultats montrent constamment que la consommation de marijuana, surtout chez les jeunes adultes, augmente le risque de symptômes psychotiques, peut déclencher l’apparition de la psychose ou exacerber les symptômes psychotiques et les agressions.

Une hypothèse est que certaines personnes sont incapables de métaboliser le THC, ce qui entraîne une psychose. Une autre hypothèse est que les personnes à plus haut risque de développer des psychoses ont tendance à rechercher la marijuana, ce qui n’était pas le cas pour Shane Robinson.

Qu’il n’y ait aucun moyen de prédire qui développera une psychose ne signifie pas que nous pouvons nous permettre d’ignorer ce problème. L’alcool et le tabac, ainsi que les autres substances intoxicantes légales, sont tous accompagnés d’avertissements clairs sur la santé et les limites d’âge. Nous savons que le tabagisme cause le cancer du poumon chez certains. Nous savons que l’alcool entraîne la violence chez d’autres. Pourtant, les promoteurs de la marijuana sont catégoriques : il n’y a pas d’effets néfastes.

Dans le cas de la marijuana, non seulement les consommateurs les plus à risque, les adolescents et les jeunes adultes, ne sont pas au courant, mais certains y ont recours en pensant qu’elle peut aider à réduire leur anxiété, leur dépression ou leur douleur physique, alors que cela pourrait aggraver leur état. Les parents qui consommaient de la marijuana avec 1 à 3 mg de THC à l’époque encouragent ou n’y prêtent pas grande importance.

Les gens qui voient le danger actuel s’inquiètent du fait que nous faisons face à un autre « Grand Tabac ». Il a fallu des décennies pour sensibiliser le public au sujet des dangers liés au tabac.

« En fait, je ne veux vraiment pas être sur la ligne de front de ce problème, a dit M. Berenson lors d’une conférence de presse qui a suivi la publication de Tell Your Children en janvier, mais je pense que ce livre contient beaucoup de faits que les gens ont besoin de savoir. […] Je pense que la science sur la psychose et la marijuana s’est perdue au cours des dernières années, ce qui n’est probablement pas une coïncidence. Il y a eu beaucoup de travail fait par des groupes de promotion, des groupes pour la défense du cannabis pour y arriver. »

Voix dissidentes

Après la deuxième crise psychotique de Shane, il a déménagé dans une cabane appartenant à la famille pour essayer de prendre un nouveau départ et de se rétablir. Il en avait fini avec la marijuana et Lori pensait que cela signifierait aussi la fin de sa psychose.

Sept mois plus tard, Shane s’est suicidé.

Après la mort de son fils, Lori a repris ses recherches là où elle s’était arrêtée, jurant qu’elle irait jusqu’au bout. Elle a appris tardivement que le risque de suicide est très élevé au cours des premiers six mois suivant le sevrage de la marijuana.

« Qui aurait pu le savoir ? », a dit Lori.

Cette fois-ci, dans tout ce qu’elle a appris, elle a également établi des liens avec d’autres parents, des scientifiques et des défenseurs des droits de l’homme dans l’espoir qu’elle pourrait apporter des changements et sensibiliser le public. À son grand désarroi, ce fut une « tâche herculéenne ».

« Comment se mesurer à une industrie qui a tant d’influence monétaire ? », a dit Lori. « C’est le carnage et la destruction en attendant. »

« Nous, les Américains (et Européens), sommes malheureusement vraiment aveuglés dans cette situation. L’industrie de la marijuana est puissante et… Je pense que nous sommes en train de devenir une société très favorable à la promotion de la drogue et je trouve cela tout simplement tragique », a-t-elle dit. « Je suis vraiment triste de ce qui se passe dans ce pays. »

Une chose que Lori a accomplie est de faire équipe avec une autre femme qui a vécu une histoire similaire et de créer un site Web MomsStrong.org où les gens peuvent partager leurs propres histoires.

« J’ai tellement d’histoires qu’honnêtement, honnêtement, j’en perds presque la trace. » C’était navrant d’apprendre que ce qu’elle avait vécu était loin d’être rare et que la situation ne faisait que s’aggraver.

« Je n’ai pas assez de larmes pour le reste de ma vie au sujet de ce qui se passe », a dit Lori.

Lori travaille à plein temps, la recherche qu’elle fait a évolué pour devenir pratiquement un autre travail à temps plein. Elle voyage, fait de la randonnée et reste active pour équilibrer sa vie. Elle et son mari viennent de célébrer leur 40e anniversaire en prenant deux semaines de vacances.

Récemment, un lundi soir, Lori rentrait chez elle en voiture et écoutait la radio. D’habitude, elle écoute de la musique qui la met de bonne humeur mais, cette fois, elle a écouté les nouvelles. Un psychologue et un psychiatre étaient interviewés au sujet des fusillades de masse à El Paso, au Texas, et à Dayton, en Ohio, et Lori se souvient que l’un d’eux a dit qu’il ne le savait tout simplement pas, car il n’avait pas grandi avec les choses horribles qui se produisent aujourd’hui.

Ce n’était pas une surprise pour Lori d’apprendre cette fois que le tireur avait eu des crises psychotiques liées à la marijuana.

« Nous n’avons jamais rien vu de tel », a-t-elle dit. « Ça ne devrait pas être la norme. »

Lori fait remarquer que si l’alcool et la cigarette peuvent tuer lentement, la marijuana cause un autre type de préjudice, car elle présente un risque disproportionné pour les jeunes.

« Habituellement, les jeunes apprennent de leurs erreurs, mon fils a définitivement expié ses erreurs, mais cela lui a coûté la vie », a-t-elle dit.

L’information devient de plus en plus accessible, avec des nouvelles comme le livre de M. Berenson, le National Health Service de Londres qui ouvre la première clinique de psychose au cannabis suite à un besoin urgent, et d’autres rapports détaillés.

« C’est seulement triste que mon fils ait été l’un des premiers cobayes », a-t-elle dit. « Je ne pense pas que ce soit juste qu’ils nous aient fait ça à nous et à nos enfants. »

Par eux, elle veut dire les législateurs prolégalisation du cannabis qui prétendent à tort qu’il n’y a pas de décès liés ou que cela n’apportera que des avantages publics.

Lori, une femme aimable, gentille et sociable dit que le sujet l’attriste. Elle a toujours vu le meilleur chez les gens, mais elle se demande si c’est l’argent de l’industrie ou la pure ignorance qui pousse ces législateurs à faire du mal aux enfants. Elle souhaite, puis se sent coupable d’avoir souhaité, que ces législateurs et leurs familles essaient eux-mêmes ces gélatines de THC avant d’imposer cette industrie à leurs communautés.

« Honnêtement, je pense qu’ils doivent commencer à comprendre ce qu’ils prônent », a dit Lori.

« On ne pense jamais pouvoir perdre un enfant », a dit Lori. « Vous faites l’expérience de toutes les maladies de l’enfance et toutes les blessures que les enfants ont, et vous comptez sur votre bonne étoile : ils sont pleins de vie et en bonne santé, ils vivront bien plus longtemps que vous. Malheureusement, je suis l’un des nombreux parents qui ont découvert que ce n’est pas vrai. »

« Quand cela s’est produit, en octobre 2009, cette nuit-là est ancrée dans mon cerveau et dans celui de mon mari pour le reste de notre vie », a dit Lori. « Je ne peux pas m’en laver les mains, croyez-moi, même si je préférais tout ignorer. »

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