Le massacre de la place Tian’anmen du 4 juin: cinq vérités encore méconnues

Par Epoch Times
5 juin 2020
Mis à jour: 5 juin 2020

AVERTISSEMENT : CET ARTICLE CONTIENT DES IMAGES QUE CERTAINS LECTEURS POURRAIENT TROUVER DÉRANGEANTES

À la suite de la mort soudaine d’un réformateur politique bien-aimé, Hu Yaobang, 200 000 étudiants se sont rassemblés sur la place Tian’anmen le 22 avril 1989 pour attendre le corbillard qui transportait le corps de M. Hu – mais il n’est jamais arrivé. Les étudiants étaient en colère, et leur désir ardent de liberté ne pouvait plus être contenu.

Pendant les semaines qui ont suivi, la place Tian’anmen a été occupée par ces étudiants qui voulaient réaliser leur rêve : libérer le pays de la tyrannie communiste et apporter des réformes démocratiques. Leur manifestation non violente a peut-être apporté une lueur d’espoir… jusqu’à ce que l’armée intervienne. Bien que la loi martiale ait été déclarée le 20 mai de cette année-là, qu’est-ce qui a poussé l’armée à se livrer à un massacre ce 4 juin 1989 ?

À gauche : Des milliers de Chinois se rassemblent le 2 juin 1989 sur la place Tian’anmen autour de « La bonté de la démocratie », réclamant la démocratie malgré la loi martiale de Pékin. (CATHERINE HENRIETTE/AFP via Getty Images). Droite : « La déesse de la démocratie », une réplique de 10 mètres de la statue de la liberté créée par les étudiants d’un institut d’art pour promouvoir la protestation pro-démocratie contre le gouvernement chinois. (TOSHIO SAKAI/AFP via Getty Images)

1. Meurtre de masse par le régime chinois

Au moins 10 454 personnes ont été assassinées par le régime communiste chinois sur la place Tiananmen, selon une source anonyme du Conseil d’État chinois. Ce chiffre est bien plus élevé que le nombre « officiel » déclaré : 200 morts.

Le 4 juin 1989, des étudiants ont été abattus en masse et « fauchés » par des chars. « Des véhicules blindés de transport de troupes (APC) ont ensuite écrasé les corps à maintes reprises pour en faire des ‘tartes’, et les restes ont été ramassés par un bulldozer. Les restes ont été incinérés puis jetés dans les égouts », peut-on lire dans une déclaration déclassifiée, obtenue par Alan Donald, ambassadeur de Grande-Bretagne en Chine en 1989.

On ne sait toujours pas combien de personnes ont été massacrées pendant et après la manifestation pacifique des étudiants.

Le 25 mai 1989, des lycéens brandissant des banderoles défilent dans les rues de Pékin près de la place Tian’anmen, lors d’un rassemblement de soutien à la manifestation pro-démocratie contre le régime chinois. (CATHERINE HENRIETTE/AFP via Getty Images)

2. Le chef de file est toujours en vie

Outre le fait d’avoir écrasé les étudiants avec des chars, l’armée a tiré des obus explosifs qui se dilatent à l’impact, également appelés balles dum-dum (interdites par la Convention de Genève) pour tuer les étudiants en causant le plus de dommages possible.

La question demeure : quel genre d’être humain pourrait ordonner un massacre aussi brutal contre des citoyens en quête de liberté ?

Jiang Zemin, ancien leader du Parti communiste chinois (Feng Li/Getty Images)

L’ancien chef suprême du parti, Deng Xiaoping, a été impressionné par la proposition de Jiang Zemin d’utiliser l’armée pour sévir contre les étudiants. Il l’a promu du poste de chef du Parti de Shanghai à celui de secrétaire général du Parti communiste chinois quelques jours avant le massacre, lui laissant toute latitude pour faire ce qu’il voulait.

Le 4 juin, Jiang Zemin, organisateur du massacre, a ordonné à l’armée d’exécuter sa stratégie sanglante. La « porte de la paix céleste » (Tian’anmen) s’est soudainement transformée en enfer sur terre.

Pris en charge par d’autres, un journaliste étranger non identifié (2e à droite) est transporté depuis le lieu de l’affrontement entre l’armée et les étudiants, le 4 juin 1989, près de la place Tian’anmen. (TOMMY CHENG/AFP via Getty Images)

3. Abus de pouvoir impitoyable

Le massacre de la place Tian’anmen n’est que le début de l’impitoyable abus de pouvoir de Jiang Zemin. Il a ensuite commis les crimes les plus odieux, qui ne supporteront jamais la lumière du jour. Dans le sillage sanglant du massacre, Jiang Zemin est devenu l’héritier rêvé de Deng Xiaoping pour devenir le nouveau chef du Parti, un poste qu’il a obtenu en 1993.

Jiang Zemin, un marxiste pur et dur et ancien agent secret du bureau du KGB pour l’Extrême-Orient, ne faisait que commencer à montrer son vrai visage par la façon dont il a traité les étudiants qui protestaient ; il a ensuite orchestré des campagnes encore plus sanglantes. En 1999, Jiang Zemin a cherché à « éradiquer » le Falun Gong – une pratique spirituelle populaire – alors que le nombre de personnes la pratiquant avait atteint 100 millions, dépassant les 70 millions membres du Parti de l’époque, selon les rapports de l’État.

Des pratiquants de Falun Gong font les exercices de groupe à Guangzhou, en Chine, en 1998. (Minghui)

Sous le règne de Jiang Zemin, une habile campagne de désinformation a envahi la Chine, retournant l’opinion publique contre le Falun Gong au moyen d’une diffamation extrême, y compris l’infâme canular d’ « auto-immolation » de la place Tian’anmen, qui a réussi à duper le pays, ouvrant ainsi la voie à la phase suivante de Jiang Zemin : « transformer » ou « éliminer » de force les pratiquants qui refusaient d’abandonner le Falun Gong.

En réponse à la politique génocidaire de Jiang Zemin, dont on pense qu’elle a causé un nombre important, mais non quantifiable, de mises à mort approuvées par l’État, y compris les prélèvements d’organes forcés, plus de 209 000 procès ont été intentés depuis lors contre Jiang Zemin, faisant de lui le dictateur le plus poursuivi de l’histoire.

« Traduire Jiang Zemin en justice » – Des pratiquants de Falun Gong lors d’un rassemblement devant l’ambassade de Chine à New York le 3 juillet 2015, en soutien à l’effort mondial destiné à poursuivre Jiang Zemin en justice. (Larry Dye/The Epoch Times)

4. Des histoires horribles gardées secrètes

Le média canadien en ligne Blacklock’s Reporter a recueilli des messages télex secrets relatifs aux récits horrifiants des événements qui se sont réellement produits sur la place Tian’anmen ce jour-là, grâce aux lois sur l’accès à l’information.

« Une vieille femme s’est agenouillée devant des soldats pour plaider la cause des étudiants ; les soldats l’ont tuée », a rapporté à l’époque l’ambassade canadienne de Pékin.

Blacklock’s écrit : « Un garçon a été aperçu alors qu’il tentait de s’échapper en aidant une femme et son enfant de 2 ans à bord d’une poussette, il a été renversé par un char » ; « Le char s’est retourné et les a écrasés » ; « Les soldats ont tiré à la mitrailleuse jusqu’à ce que les munitions soient épuisées. »

Une quantité incroyable de balles a été tirée sur des civils à Tian’anmen, qui « ont ricoché à l’intérieur des maisons voisines, tuant de nombreux habitants ».

L’ambassade a qualifié les meurtres de « sauvages », selon le Blacklock’s Reporter.

« Ils sont à présent entrés dans une période de répression brutale : les dénonciations et la peur de la persécution terroriseront le peuple », lit-on dans un autre communiqué.

Des passants chinois s’enfuient alors qu’un soldat les menace d’un fusil le 5 juin 1989, alors que des tanks prennent position aux principaux carrefours de Pékin, à côté du complexe diplomatique. (CATHERINE HENRIETTE/AFP via Getty Images)

Les diplomates ont précisé qu’un millier d’exécutions ont eu lieu après le massacre, mais le nombre exact reste à confirmer. « Il était probable que le massacre de quelques centaines ou milliers de personnes allait convaincre la population de ne plus poursuivre ses protestations. Cela a semblé fonctionner », peut-on lire dans un communiqué des diplomates.

Le câble secret britannique, obtenu par le site d’information HK01, révèle plus de détails sur les crimes de la 27e armée de la province du Shanxi ce jour-là.

« La 27e armée a reçu l’ordre de n’épargner personne et de tirer sur les soldats SMR (Shenyang Military Region) blessés. Quatre étudiantes blessées ont crié pour être épargnées : elles ont été tuées à la baïonnette. Une fillette de 3 ans a été blessée, sa mère a été abattue lorsqu’elle s’est portée à son secours ainsi que 6 autres personnes qui ont essayé. »

« Un millier de survivants ont été informés qu’ils pouvaient s’échapper en passant par Zhengyi Lu, mais ils ont ensuite été abattus par des mitrailleuses préparées spécialement [en vue de leur arrivée]. »

Des étudiants de l’Université de Pékin, en grève de la faim, reçoivent les premiers soins sous une tente de fortune installée le 17 mai 1989 sur la place Tian’anmen, alors que les étudiants entament leur cinquième jour de grève de la faim pour protester contre le gouvernement chinois. (CATHERINE HENRIETTE/AFP via Getty Images)

5. « 4 juin » : sujet très tabou en Chine aujourd’hui

Bien que Hong Kong s’illumine toujours le 4 juin, au cours de la veillée annuelle aux chandelles pour commémorer les victimes du massacre, les Chinois de l’autre côté de la frontière ne bénéficient pas de cette liberté d’expression. Parler du massacre de la place Tiananmen, ou même mentionner « 4 juin » ou « 4 du 6 », pourrait faire disparaître l’un d’entre eux.

En 2007, Zhang Zhongshun, un professeur de l’université de Yantai, a montré à sa classe une vidéo du massacre qu’il avait obtenue sur un site internet étranger. Il a ensuite été emprisonné pendant trois ans par le tribunal municipal de Laishan le 28 février 2008.

Des dizaines de milliers de personnes tiennent des bougies lors de la veillée organisée à Hong Kong le 4 juin 2018 pour marquer le 29e anniversaire de la répression de Tian’anmen à Pékin en 1989. (ANTHONY WALLACE/AFP via Getty Images)

« J’imaginais que le pire serait que le président de l’université me critique devant mes collègues lors d’une réunion. Je n’aurais pas pensé que le régime communiste m’emprisonnerait », a déclaré M. Zhang dans une interview accordée au journal Epoch Times après sa libération.

« Le fait d’inclure un événement historique dans mon cours est-il illégal ? » a-t-il demandé.

Un étudiant brandit une banderole portant l’un des slogans scandés par la foule composée de quelque 200 000 personnes déferlant sur la place Tian’anmen le 22 avril 1989 à Pékin pour tenter de participer à la cérémonie d’enterrement de l’ancien dirigeant du Parti communiste chinois et réformateur libéral Hu Yaobang. Sa mort en avril avait déclenché une vague sans précédent de manifestations pro-démocratiques. Le mouvement d’avril-juin 1989 a été écrasé par les troupes chinoises lorsque les chars de l’armée ont roulé sur la place Tian’anmen le 4 juin 1989. (CATHERINE HENRIETTE/AFP via Getty Images)

Qui oserait soulever cette question pour en discuter en Chine, en connaissant les conséquences ? Cette année marque le 31e anniversaire du massacre de la place Tian’anmen. Les dirigeants chinois actuels vont-ils redresser la situation et traduire Jiang Zemin en justice pour ses multiples crimes ? Seul l’avenir nous le dira.

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