Le ministre de l’Environnement et du Développement durable du Sénégal : « nous sommes là pour aider le monde à prendre une décision »

12 juillet 2015
Mis à jour: 14 juillet 2015

 

Du 6 au 8 juillet, des intervenants de tous horizons professionnels, politiques ou géographiques se sont rencontrés dans le prestigieux domaine de Chantilly. Pourquoi ? Il s’agissait de débattre écologie et économie responsables. « Tous acteurs de la rupture », tel était le thème fondateur de la dixième édition de la Global Conference qui a réuni une centaine d’acteurs du développement durable. Placée sous le haut patronage du président de la République, la Global Conference a fait figure de pré-rentrée avant la grand-messe de la Conférence Climat en décembre à Paris.

Notre partenaire NTD Télévision a pu interroger quelques personnalités importantes pendant cet événement. Leurs messages, leurs volontés et leurs initiatives, voilà ce que vous pourrez suivre dans cette série d’interviews.

Abdoulaye Baldé est ministre de l’Environnement et du Développement durable au Sénégal.

Bonjour Mr Abdoulaye Baldé, pourquoi avez-vous tenu à être présent à cette conférence ?

Nous sommes ici aux Ateliers de la Terre pour discuter autour du thème « Tous acteurs de la rupture ». C’est un thème extrêmement important parce que le monde fait face à des enjeux cruciaux notamment les changements climatiques qui nous concernent nous.

Il est important que nous puissions venir ici pour échanger sur les questions d’énergie, pour les pays du tiers-monde comme le Sénégal qui sont confrontés aux aléas climatiques. Le Sénégal est un pays côtier avec 700 kilomètres de côtes, notre littoral est donc menacé.

Une partie de notre territoire est également sahélienne, dont nous connaissons la sécheresse quand les phénomènes extrêmes du changement climatique nous frappent de plein fouet.

Nous sommes là pour aider le monde à prendre une décision et trouver un accord important à Paris, parce que, tout ce qui concourt à aller vers un accord sur le climat nous préoccupe et nous intéresse.

Pourquoi l’énergie est un facteur de développement pour le Sénégal ?

Oui le Sénégal a un déficit chronique en matière d’électricité. Le taux d’électricité globalement dans le pays ne dépasse pas 54 %. En ville, nous sommes globalement à 90 % mais en milieu rural nous sommes à peine à 24 % d’accès à l’énergie électrique.

Notre principale source d’énergie est le fuel qui est source de gaz à effet de serre. Donc nous voulons changer de cap à travers les énergies renouvelables.

La problématique pour le moment, c’est que ça coûte cher, la technologie est inaccessible et hors de portée de nos États africains. Il faut que la communauté internationale rende accessible la technologie aux pays du sud.

Il faut donc trouver collectivement un accord pour nous permettre d’accéder aux énergies renouvelables et à des financements pour y faire face. Sinon hélas nous allons continuer à produire notre électricité par l’utilisation du charbon, parce qu’il est le moins cher et qu’il est le plus accessible.

Nous voulons aller vers le développement durable, mais on ne veut pas priver encore les ménages sénégalais d’énergie, quitte à utiliser encore le charbon.

Reportage réalisé par NTD Télévision

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