Le Pentagone désigne 20 entreprises chinoises soutenues par l’armée chinoise

Par Frank Fang
26 juin 2020
Mis à jour: 26 juin 2020

Le sénateur Tom Cotton (Républicain-Arkansas) et le représentant Mike Gallagher (républicain-Wisconsin) ont applaudi la décision du Pentagone de publier une liste des entreprises chinoises qui sont contrôlées par l’armée chinoise ou qui lui appartiennent.

Une liste de 20 entreprises chinoises a été publiée le 24 juin en réponse à une demande exprimée par les sénateurs  Tom Cotton, Mike Gallagher, Chuck Schumer (démocrates-New York) et Ruben Gallego (démocrate-Arizona), dans une lettre adressée au secrétaire à la défense Mark Esper en septembre de l’année dernière.

Parmi ces entreprises figurent le géant de la technologie Huawei, les opérateurs de téléphonie mobile China Mobile et China Telecom, le fabricant de wagons de chemin de fer CRRC, le fabricant de vidéosurveillance Hikvision, les entreprises de construction navale CSIC et CSSC, l’entreprise aérospatiale AVIC, l’entreprise de défense Norinco et l’entreprise Inspur, spécialisée dans le Cloud Computing et les centres de données.

« Ce rapport est un élément essentiel de la campagne que notre nation doit mener contre le Parti communiste chinois et ses efforts de transfert de technologie parasitaire », ont déclaré les deux législateurs dans un communiqué de presse du 24 juin, et ont exprimé l’espoir que le Pentagone en ajoutera bientôt d’autres à la liste.

Dans cette lettre, les quatre membres du Congrès soulignent qu’en vertu d’une loi de 1999, le Pentagone a été mandaté pour désigner toutes les entreprises « détenues ou contrôlées » par l’Armée populaire de libération de la Chine (APL) qui sont engagées dans la fourniture de services commerciaux, la fabrication, la production ou l’exportation.

« Nous demandons instamment au président d’imposer des sanctions économiques à ces entreprises militaires chinoises », ont déclaré MM. Cotton et Gallagher dans le communiqué de presse.

La Maison-Blanche ne s’est pas prononcée sur la question de savoir si elle allait sanctionner ces entreprises qui figurent sur la liste.

Un haut fonctionnaire non désigné a déclaré que la liste peut être « un outil utile pour le gouvernement américain, les entreprises, les investisseurs, les institutions académiques et les partenaires de même sensibilité pour mener des vérifications préalables quant à des partenariats avec ces entités, en particulier lorsque la liste s’allongera », selon un rapport de Reuters.

Liens militaires

Pour beaucoup de personnes figurant sur la liste du Pentagone, leurs relations avec l’APL sont bien connues.

Huawei a de nombreux liens avec l’armée chinoise, puisque son fondateur, Ren Zhengfei, était l’ancien directeur d’un département d’ingénierie de l’information au sein de l’APL. Le gouvernement américain a déjà refusé à Huawei de prendre part au déploiement des réseaux mobiles 5G de nouvelle génération dans le pays.

Hikvision, qui est détenue à 42 % par la société d’État chinoise China Electronics Technology Corp (CETC), a fourni sa technologie de vidéosurveillance à intelligence artificielle pour la défense nationale et les objectifs de sécurité nationale chinoises, selon un témoignage du Congrès de 2019.

Hikvision a déclaré à Reuters qu’elle n’était pas une « société militaire chinoise » et qu’elle collaborerait avec le gouvernement américain pour résoudre le problème.

Le CTEC, le CRRC, China Telecoms et Inspur ont publiquement soutenu la stratégie de fusion militaire de la Chine, une initiative dirigée par l’État qui vise à tirer parti de la coopération entre l’armée et l’industrie privée pour faire progresser l’innovation technologique. L’effort de fusion est désormais supervisé par une agence gouvernementale chinoise appelée la Commission centrale pour le développement de la fusion militaire et civile.

En mai, le Département d’État américain a publié une déclaration expliquant la stratégie de fusion de la Chine, qui implique « le développement et l’acquisition de technologies clés par des moyens licites et illicites », comme l’orientation de la collaboration universitaire et de recherche au profit de l’armée, le transfert forcé de technologies, la collecte de renseignements et le vol pur et simple.

Le 29 mai, le président Donald Trump a publié une proclamation interdisant aux étudiants diplômés et aux chercheurs chinois qui sont liés à toute entité qui met en œuvre ou soutient la stratégie de fusion de la Chine, de demander des visas F ou J pour entrer aux États-Unis. Les visas F sont destinés aux étudiants à plein temps et les visas J, aux programmes d’échanges culturels ou éducatifs.

M. Trump a ajouté que le secrétaire d’État devrait examiner si les ressortissants chinois actuellement titulaires d’un visa F ou J devraient voir leur visa révoqué.

M. Cotton et M. Gallagher ont ajouté que « le Congrès devrait mettre à jour cette loi de 1999 pour mieux répondre aux défis actuels posés par la stratégie de fusion civilo-militaire menée par la Chine », dans le communiqué de presse.

La CRRC a remporté des contrats à Boston, Chicago, Los Angeles et Philadelphie pour la construction de voitures de métro, avant que les législateurs américains ne fassent part de leurs préoccupations concernant ces contrats et n’introduisent des projets de loi visant à empêcher l’octroi de fonds fédéraux aux entreprises chinoises.

Norinco et AVIC sont les fournisseurs de l’APL et les principaux exportateurs pour les ventes d’armes chinoises. Les deux entreprises ont déjà été frappées de sanctions américaines pour avoir contribué au développement de programmes de missiles iraniens.

La liste « est un début, mais elle est terriblement insuffisante pour mettre en garde le peuple américain contre les entreprises publiques qui soutiennent le gouvernement chinois et les activités du Parti communiste menaçant la sécurité économique et nationale des États-Unis », a déclaré le sénateur Marco Rubio (républicain-Floride) dans un communiqué.

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