Le régime chinois crée et embrigade les médias sociaux pour influencer l’opinion publique

Par Alex Wu
26 août 2020
Mis à jour: 26 août 2020

Une série de documents du régime chinois révèle les méthodes utilisées par les autorités locales pour surveiller et contrôler l’opinion publique sur Internet, notamment la façon dont elles exploitent des comptes de médias sociaux populaires ou créent leurs propres comptes pour afficher des contenus pro-gouvernementaux, surveiller les contenus défavorables au régime et gérer les catastrophes en matière de relations publiques.

Les autorités ont décrit un processus administratif pour gérer l’opinion publique « négative » – lorsque les internautes expriment leur mécontentement envers le gouvernement, dans une série de directives gouvernementales internes divulguées à Epoch Times par une source fiable.

Perfectionner les influenceurs pro-gouvernementaux

Dans un document marqué « secret » qui contenait le compte-rendu d’une réunion des directeurs du bureau d’information du réseau de la province du Henan, les fonctionnaires ont souligné l’importance de développer des médias sociaux d’influence pro-gouvernementale en se procurant des comptes existants et en créant les leurs.

Un document marqué « secret » qui explique l’importance pour les autorités locales de former des influenceurs de médias sociaux pro-gouvernementaux. (Fourni à Epoch Times)

Les influenceurs des médias sociaux pro-gouvernementaux sont tenus de publier ou de rediffuser les discours officiels et les commentaires sur leurs comptes. Les autorités doivent également organiser un grand nombre de commentateurs Internet rémunérés pour suivre ces comptes et « aimer » ces messages, afin de créer un buzz en ligne favorable au gouvernement, tout en étendant l’influence des comptes pro-gouvernementaux et gouvernementaux, selon le compte-rendu de la réunion.

En attendant, les autorités devraient également accroître la surveillance et la censure des comptes de médias sociaux influents, selon le document. La technologie automatisée et la surveillance manuelle devraient être utilisées pour suivre certains « groupes clés » et comptes publics et individuels sur WeChat, QQ et d’autres médias sociaux populaires, a-t-il ajouté.

Quand et qui surveiller

Dans un document publié par la branche locale de la Ville de Nanyang de l’administration du cyberespace (la principale agence de censure en ligne du régime chinois), les autorités ont défini deux grandes catégories de contenus à surveiller de près : « L’opinion publique en ligne significative » et « l’opinion publique générale sur Internet. »

Un document publié par la branche locale de la Ville de Nanyang de la principale agence de censure en ligne du régime chinois, l’Administration du cyberespace, détaillant la manière de traiter l' »opinion publique » sur Internet. (Fourni à Epoch Times)

Le premier fait référence aux contenus en ligne concernant les catastrophes majeures ou les incidents de sécurité publique, les événements qui attirent beaucoup l’attention des médias, les messages qui impliquent les intérêts de « grands groupes » ou qui « affectent la sécurité politique », et plus encore, selon le document. La « sécurité politique » est un terme souvent utilisé pour désigner la stabilité du régime du Parti communiste chinois (PCC).

« Opinion publique générale sur Internet » fait référence à des sujets sensibles circulant à plus petite échelle, comme par le biais de groupes de discussion, de commentateurs indépendants en ligne, ou des récits de médias influents, d’intellectuels publics et d’influenceurs des médias sociaux.

Un autre document de la province du Henan qui a été diffusé aux administrations de niveau inférieur explique que les autorités locales doivent réagir à toute information ou opinion publique négative sur les autorités circulant en ligne, en mobilisant différents organismes gouvernementaux, tels que les départements de la Propagande, de la Cybernétique, de la Sécurité publique et autres.

La directive a défini un processus en 7 étapes pour traiter les messages en ligne, comme le suivi, l’évaluation, la « régulation de l’opinion publique » et « l’orientation des commentaires en temps utile ».

Une autre cyber armée

En plus de l’ « armée des 50 cents » du régime chinois, composée de trolls professionnels engagés qui affichent des commentaires pro-régime et attaquent verbalement ceux qui sont en désaccord avec le gouvernement, un document officiel interne a également révélé que le Parti communiste chinois a commencé à recruter des « volontaires de la surveillance d’Internet ».

Un avis publié le 22 juillet par l’administration du cyberespace de la ville d’Anyang indique que toutes les administrations de comté doivent former une équipe de ces volontaires, avec au moins 30 personnes.

Les volontaires seraient chargés d’examiner avec attention les portails, les moteurs de recherche, les plateformes de médias sociaux, les blogs, les forums, les plateformes de diffusion en direct, les plateformes de vidéos courtes et les app stores mobiles afin de repérer des « informations politiques nuisibles ».

Traitement de l’opinion publique « négative »

Epoch Times a également obtenu des copies de « rapports spéciaux sur l’opinion publique en ligne » de la branche de la Ville de Nanyang de l’administration du cyberespace, datés du 17 mars au 11 mai, qui ont enregistré des exemples de la façon dont le gouvernement local a géré « l’opinion publique négative ».

Par exemple, au début de cette année, un compte de média social a fait état de sociétés qui ont construit illégalement des propriétés dans le parc industriel local de Longshen et qui ont tiré profit de la location ou de la vente de ces biens immobiliers. Les internautes ont exprimé leur indignation face à cette nouvelle.

Le rapport indique que les autorités ont réussi à repérer rapidement l’avis « négatif » et à « orienter les commentaires en ligne » pour qu’ils soient favorables aux autorités. Après que le gouvernement local a lancé une enquête sur les entreprises et annoncé les résultats, « l’opinion publique et le sentiment sont maintenant calmes », conclut le rapport.

Toujours en avril, les nouvelles locales ont rapporté que les responsables de l’éducation du comté de Tanghe ont visité les écoles locales sans porter de masque pendant la propagation de Covid-19. Les autorités locales « ont communiqué et se sont coordonnées avec les médias concernés » pour supprimer le post initial, ainsi que les rediffusions et les commentaires sur ces informations sur les plateformes de médias sociaux, selon un autre rapport.

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