Le régime chinois ordonne un « transfert » de technologies étrangères, selon une fuite de documents

Par Alex Wu
9 janvier 2021
Mis à jour: 9 janvier 2021

Les autorités chinoises ont financé des projets visant à obtenir des technologies de pointe étrangères par le biais de partenariats avec des institutions de recherche internationales, révèle une série de documents gouvernementaux ayant fait l’objet d’une fuite, récemment obtenus par Epoch Times.

Les documents publics montrent que le ministère chinois de la Science et de la Technologie est à l’origine de ces efforts.

L’Association internationale d’échange de talents de Hebei (également connue sous le nom de Centre international de transfert de technologies) a été créée en 1988 dans la province de Hebei. Elle compte plus de 200 projets techniques internationaux et plus de 300 experts étrangers, couvrant plus de 10 domaines, dont l’intelligence artificielle, la communication de l’information, la biologie, la médecine et la santé.

Élargir les canaux de coopération
L’organisation a publié un rapport, « Hebei Provincial Budget Project Performance Evaluation Form » le 17 novembre 2020, dans lequel il est explicitement indiqué que le groupe vise à « introduire des technologies avancées étrangères […] et à réaliser un transfert de technologie [vers la Chine] ».

Pour atteindre cet objectif, le document précise que l’organisation doit élargir les canaux de coopération avec au moins 50 organisations internationales, mettre en place un minimum de quatre activités de coopération scientifique et technologique internationale, maintenir au moins 50 projets technologiques étrangers, obtenir au moins cinq accords d’intention de coopération et cibler le recrutement de 60 à 80 experts techniques étrangers.

Le rapport, intitulé « Hebei Provincial Budget Project Performance Evaluation Form », énumère le budget et les objectifs de « transfert » de technologies étrangères, avec le sceau d’approbation officiel du Hebei International Talent Exchange Association. (Document fourni par Epoch Times)

Le rapport a établi un budget d’un million de yuans (environ 130 000 euros) afin que l’association recrute des talents à l’étranger et finance les projets qu’elle mettra en place à Hebei. Il prévoyait également un bénéfice de 10 millions de yuans (environ 1,27 million d’euros) qui pourrait être réalisé en « transférant » des technologies de pointe étrangères à des entreprises chinoises à Hebei.

L’objectif du transfert de technologies étrangères a été mentionné dans un autre rapport publié au même moment, intitulé « Plan d’utilisation des fonds de subvention spéciaux pour la construction de la base de coopération scientifique et technologique internationale du Hebei ». La technologie étrangère permettrait de moderniser la technologie du Hebei, d’améliorer les produits et de stimuler la compétitivité internationale, selon le rapport.

L’initiative est un plan lucratif et un plan flagrant pour voler la technologie de pointe et la propriété intellectuelle d’autres pays au profit du régime chinois, a déclaré le commentateur américain Li Linyi au journal Epoch Times.

Selon les archives publiques, l’Association internationale d’échange de talents de Hebei fonctionne sous l’égide de l’Association chinoise pour l’échange international de personnel (CAIEP), gérée par l’État. Le CAIEP est directement géré par l’administration d’État des Affaires des experts étrangers, une agence dépendant du ministère de la Science et de la Technologie du régime chinois.

Exigences et objectifs

Les autorités éducatives du Hebei ont également fixé des exigences et des objectifs pour l’obtention de technologies étrangères par le biais du Plan de travail 2020 du Centre international de transfert de technologies de l’Université de technologie de Hebei, publié en 2019. Epoch Times a obtenu une copie de ce document.

Certaines des instructions comprennent la création d’un site web du centre international de transfert de technologie ; « l’introduction vigoureuse » de talents internationaux de haute technologie, d’équipes de gestion de haut niveau et de ressources technologiques avancées ; « le renforcement global » de la coopération internationale et du transfert de technologie ; et « l’amélioration des divers systèmes de travail dans le travail de transfert international de technologie ».

L’université d’ingénierie du Hebei, par exemple, a établi des partenariats avec des écoles internationales pour développer des projets scientifiques et technologiques de haut niveau, comme le souligne son rapport Hebei International Joint Center Base Defense, publié le 21 novembre 2020.

Le site web du Hebei International Joint Center Base de l’université d’ingénierie de Hebei, qui présente ses objectifs d’obtention de technologies d’autres pays et les avantages technologiques obtenus grâce au partenariat avec des universités étrangères. (Capture d’écran du site web de la base du Centre international commun du Hebei)

Dans la section « Unités coopératives et équipes de recherche » du document, l’université s’est associée à l’Université du Mans et à l’Université Paris-Saclay en France, à l’University College London en Angleterre et à la Nanyang Technological University de Singapour.

Le document note que l’University College London est la première université scientifique et technologique du monde, se classant parmi les 10 premières universités du monde, et que le professeur P. Picart de l’Université du Mans est un expert reconnu en matière d’affichage holographique numérique.

Donner l’alarme

En octobre 2020, lors de la cinquième session plénière du Parti communiste chinois (PCC), le dirigeant du Parti, Xi Jinping, a mis l’accent dans son discours sur « la science et la technologie indépendantes » et sur « le renforcement de la recherche fondamentale et l’accent sur l’innovation originale ».

Les analystes ont observé que les remarques de Xi sont une réponse aux critiques croissantes de la communauté internationale concernant le vol par le PCC de la propriété intellectuelle et de la technologie des pays occidentaux, en particulier des États-Unis.

Le 9 décembre, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a prononcé un discours au Georgia Institute of Technology dans lequel il a dénoncé le vol par le PCC de la propriété intellectuelle et des technologies d’autres pays.

« Une grande partie de la base industrielle haut de gamme en Chine est basée sur des technologies volées ou achetées à d’autres nations. Ce n’est pas un produit local », a-t-il déclaré.

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