Le régime chinois soutient avec agressivité que le coronavirus vient des États-Unis

Par Nicole Hao
13 mars 2020
Mis à jour: 13 mars 2020

Les médias d’État chinois ont mal traduit les commentaires faits par les responsables américains lors d’une récente audition au Congrès afin de propager la nouvelle propagande du régime chinois : le COVID-19 viendrait des États-Unis.

Cette affirmation a ensuite été renforcée par un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, au sujet de l’introduction éventuelle du virus en Chine par l’armée américaine.

La pandémie mondiale a débuté à Wuhan, capitale de la province chinoise du Hubei, où des milliers de personnes sont mortes de la maladie.

Les médias chinois ont commencé à promouvoir le récit de l’origine du virus aux États-Unis fin février, lorsque le principal épidémiologiste chinois, Zhong Nanshan, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il est possible que le coronavirus ne soit pas originaire de Chine.

Informations déformées

Plusieurs médias d’État chinois ont publié des traductions erronées d’un échange entre le représentant américain Harley Rouda (Démocrate-Californie) et le Dr Robert Redfield, directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), lors d’une audition le 11 mars.

Mme Rouda a demandé à M. Redfield s’il était possible que certaines personnes aux États-Unis soient mortes du COVID-19 avant d’avoir été correctement testées et diagnostiquées comme étant infectées par le virus, car les symptômes sont similaires à ceux de la grippe saisonnière.

M. Redfield a répondu : « Certains cas ont en effet été diagnostiqués de cette manière aux États-Unis aujourd’hui. »

Les médias d’État chinois ont mal traduit cet échange pour insinuer que M. Redfield a admis que des personnes sont mortes du COVID-19 plus tôt dans la saison de la grippe aux États-Unis.

Le Global Times, Beijing News et d’autres médias ont également cité les statistiques du Centre de contrôle des maladies (CDC) pour donner l’impression aux lecteurs chinois qu’un grand nombre d’Américains sont déjà morts du virus : « Selon le CDC américain, au moins 34 millions d’Américains sont infectés par la grippe cette saison, et 20 000 d’entre eux sont morts. »

Le 12 mars, Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a posté sur Twitter une vidéo de l’échange avec des sous-titres en chinois mal traduits. Puis, en anglais, il a écrit : « Certains décès dus à la grippe ont en fait été infectés par le COVID-19, a admis Robert Redfield du CDC américain à la Chambre des représentants. »

Dans un deuxième tweet, M. Zhao a insinué que le CDC avait dissimulé le nombre réel d’infections par le coronavirus. « Le CDC a été pris sur le fait. Quand le patient zéro est-il apparu aux États-Unis ? Combien de personnes sont infectées ? […] C’est peut-être l’armée américaine qui a amené l’épidémie à Wuhan », a-t-il écrit.

Supports de formation pour les trolls Internet

Des documents ayant fait l’objet d’une fuite ont récemment circulé sur la toile chinoise, des documents destinés à la formation des trolls Internet ont été publiés par l’administration chinoise du cyberespace, principale agence du régime pour la censure d’Internet.

Les trolls chinois sur Internet, connus sous le nom d' »armée des 50 cents », cherchent à contrôler la liberté d’expression sur Internet en supprimant les informations jugées « sensibles ou nuisibles » par le régime, en diffusant la propagande favorable au régime de Pékin et en interdisant les échanges en ligne sur des sujets critiques pour le régime.

Les documents donnent des instructions sur différentes techniques de troll, comme : cacher leur véritable identité sur les médias sociaux en s’enregistrant sous des noms différents, utiliser des formulations différentes pour transmettre le même message, faire en sorte que plusieurs trolls postent et interagissent sur le même sujet pour en augmenter l’audience, et guider les internautes pour qu’ils fassent des commentaires favorables au régime de Pékin.

Le document de formation conseille également aux trolls d’influencer les internautes en initiant des conversations privées sur le chat.

Sur les plateformes des médias sociaux où il est plus difficile pour les trolls d’influencer les contenus, les documents suggèrent deux approches : poster de fausses informations pour interférer avec l’expérience utilisateur des internautes, et poster un grand nombre de messages absurdes pour semer le chaos.

Un document qui se veut être un guide de propagande relatif à l’épidémie du coronavirus aux États-Unis a récemment circulé sur les médias sociaux chinois. Il contient des récits destinés à rejeter la faute sur le système politique américain et à en souligner les lacunes.

Bien que l’authenticité du document ne puisse pas être vérifiée, les commentaires de M. Zhao et les informations des médias d’État reflètent les éléments évoqués dans le document.

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