Le Royaume Uni bannit l’exploitation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants

Par Shanshan Hu
17 août 2019 Mis à jour: 17 août 2019

Fini les ours sur trottinette faisant des tours de pistes l’air hagard, les éléphants perchés sur de minuscules trépieds, les tigres sautant dans les cerceaux de feu. Une tradition du monde du spectacle s’éteindra en 2020 au Royaume-Uni, dans un soulagement partagé : les animaux sauvages quitteront les cirques itinérants.

Le Royaume-Uni se joint ainsi à l’Autriche, la Grèce, le Portugal, la Bolivie, l’Inde ou l’Irlande, tous partisans pour la protection des animaux sauvages. On compte à ce jour une liste de 28 pays – dont beaucoup d’européens – ayant fait une croix sur ces numéros.

Certains ont partiellement banni les numéros d’animaux, d’autres ont rayé de leur programme tous les animaux. Les animaux sauvages désignent les fauves, ours, éléphants, mais aussi rennes, zèbres, chameaux, otaries, chimpanzés, girafes, autruches et perroquets.

Le secrétaire à l’Environnement, Michael Gove, a annoncé le 1er mai que le projet de loi avait été présenté au Parlement et que l’interdiction entrerait en vigueur le 19 janvier 2020. Il a déclaré : « Les cirques itinérants ne sont pas une place pour les animaux sauvages au XXIe siècle et je suis heureux que cette mesure législative mette fin à cette pratique pour de bon ».

Les recherches effectuées par le média britannique VOX indiquent que les animaux de cirque sont maintenus en chaînes ou en cages 96 % du temps et peuvent voyager jusqu’à 100 heures consécutives dans des espaces très confinés.

Les animaux de criques sont souvent retirés de leur mère avant le sevrage, laissant des séquelles irréversibles. Ils sont souvent enfermés dans des cages exiguës et des remorques stériles, où il peut être difficile, voire impossible, de simplement étirer leurs membres. Apprendre leurs tours signifie pour eux être dressés, punis, recevoir fréquemment des coups. On les laisse aussi parfois mourir de faim dans des conditions insalubres.

Les images circulant sur les réseaux sociaux ne laissent aucune place au doute. On y voit des animaux développant des tics, des comportements agressifs et des syndromes dépressifs.

« Animal Defenders International[ADI] a rassemblé les témoignages de mauvais traitement dans les cirques britanniques pendant plus de 20 ans et cette mesure tant attendue mettra fin aux souffrances du cirque en Angleterre » a déclaré Jan Creamer, le président de l’ADI.

Les organisations de défense des droits des animaux, telles que PETA, militent depuis des années pour sauver les animaux des mauvais traitements. Les efforts de l’organisme ont commencé en 2011, lorsque la PETA a contacté les députés et a rédigé une pétition qui a recueilli des dizaines de milliers de signatures.

Même des vedettes britanniques bien connues comme Little Mix, Ashleigh et Pudsey ont participé à la campagne et ont fait des apparitions dans des publicités PETA pour sensibiliser les gens.

D’autres groupes tels que la RSPCA, la Born Free Foundation et l’ADI ont également milité pendant de nombreuses années pour la protection des animaux.

Depuis des années, les parlements promettaient de promulguer l’interdiction, donnant de l’espoir à ces organisations. Après des années de promesses non tenues, l’annonce du projet de loi est enfin arrivée.

Les représentants du gouvernement et les groupes de défense des droits des animaux sont ravis d’entendre cette annonce ; leurs efforts n’ont pas été vains.

« Nous accueillons très favorablement le dépôt par le gouvernement d’un projet de loi visant à interdire la pratique désuète de l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques », a déclaré David Bowles, chef des affaires publiques à la RSPCA.

©Shutterstock | David Tadevosian

« Nous avons fait campagne contre la présence d’animaux sauvages dans les cirques pendant de nombreuses années. Ils ont des besoins complexes qui ne peuvent pas être satisfaits dans un cirque. »

Un nombre croissant de pays soutiennent cette législation. En juillet 2017, neuf membres de l’Union européenne avaient annoncé l’interdiction. L’Irlande et l’Écosse l’ont mis en vigueur en 2018, et un projet de loi similaire a été déposé au Pays de Galles. Des pays comme le Mexique, la Colombie et l’Inde ont tous interdit les animaux sauvages dans les cirques itinérants.

Un éléphant du cirque Krone, à Munich, en Allemagne, en février 2018. (©Getty Images | Hannes Magerstaedt)

Ce sont des animaux « sauvages » ; leur habitat se trouve dans la nature, pas dans des cages enfermées. Il est inhumain de les forcer à exécuter des tours dangereux pour le divertissement humain dans des conditions cruelles. L’exploitation d’animaux sauvages ne devrait pas exister dans une société aimante et compatissante.

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