L’école buissonnière

12 octobre 2017
Mis à jour: 10 novembre 2017

Un film charmant pour grands et petits, L’École buissonnière propose un doux cocktail aux justes dosages de beaux paysages, d’aventure, de secrets douloureux, d’amitié, et surtout de bons acteurs, sans oublier un zeste d’humour, pour être dégusté en famille.

Après avoir filmé les étendues sauvages du grand nord canadien dans Le dernier Trappeur et les immensités blanches de la Sibérie dans Loup, Nicolas Vanier retourne en France pour réaliser Belle et Sébastien dans les hautes Alpes pour enfin nous offrir, dans L’École buissonnière, la forêt et les étangs magiques de son « chez lui », sa région natale la Sologne. C’est là, que le réalisateur a appris de son grand-père à connaître et à aimer la nature, une passion et une admiration qu’à son tour il veut nous transmettre.

Nicolas Vanier aventurier et amoureux de la nature nous amène dans la France rurale des années 30, pleine d’harmonie et de bienveillance, deux vertus de plus en plus rare à trouver.

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Le spectateur serait alors témoin d’un monde où faune et flore s’entrelacent pour créer un petit paradis, où bêtes et humains vivent en paix, où les gitans sont les invités d’honneur des comtes, où les braconniers connaissent et aiment de la nature, où les gardes champêtres s’allient aux braconniers pour sauvegarder la nature en péril.

Les héros principaux de ce film, sont ses images époustouflantes. Celles d’une famille de sangliers traversant la forêt aux premiers rayons du matin, celles d’un cerf aux bois majestueux fixant le spectateur, de poissons qui valsent dans la rivière, mais aussi de villages enchantés, de château, de costumes, de couleurs, bref, de cette ambiance de l’entre deux guerre, tendre et nostalgique.

L’intrigue

C’est l’histoire d’un vieux monde disparu, régis encore par des valeurs considérées parfois aujourd’hui comme rétrogrades comme l’honneur, la transmission et le respect. C’est une histoire de partage et de bienveillance.

Paul (Jean Scandel) vit dans un orphelinat dans une banlieue grisâtre de Paris jusqu’au jour où il est confié à Célestine (Valérie Karsenti). Il part en Sologne vivre avec elle et son mari Borel (Éric Elmosnino), le garde-chasse du comte de la Fresnaye (François Berléand) qui a perdu sa fille préférée quelques années auparavant.

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Au début, méfiant et farouche, peu à peu, le petit orphelin, en même temps que le spectateur, se laisse séduire par le charme de sa nouvelle vie, par les habitants du village, par cette sensation de liberté que la nature lui offre. Avec sa ténacité et sa candeur, le petit Paul charme à son tour, tous ceux qui croisent son chemin, sa nouvelle famille, puis Totoche (François Cluzet) le braconnier et finalement le comte discret et distant. C’est ainsi que le secret qui pèse sur ce dernier va enfin être révélé. Et comme dans les contes de fée c’est le vrai, le beau et le bon (Paul) qui aura le mérite de gouverner ce magnifique domaine.

Le film ne se veut pas un chef-d’œuvre ni un film engagé mais un parfum d’antan ou un vieil air qui rappelle que la vie est splendide et mystérieuse, pleine de secrets et de surprises, il suffit de sortir la tête de l’ordinateur ou du téléphone portable pour partir en balade dans la forêt. Et en prime, une batterie de super acteurs à commencer par le jeune Jean Scandel aux yeux bleus dont c’est la première apparition au à l’écran, Valérie Karsenti douce et maternelle dans le rôle de Célestine, Eric Elmosnino drôle et touchant, François Berléand incarnant le comte avec justesse et François Cluzet en marginal proche de la nature, un rôle cousu pour lui.

Michal Bleibtreu Neeman

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