L’économiste Stephen Moore prédit une crise financière dans les 18 prochains mois

Par Emel Akan
31 juillet 2021
Mis à jour: 31 juillet 2021

SALT LAKE CITY – Les dépenses excessives du gouvernement et l’augmentation de la dette nationale vont probablement déclencher une crise financière dans les 18 prochains mois, a averti l’économiste Stephen Moore le 28 juillet.

« C’est une période très précaire économiquement pour le pays », a dit Stephen Moore à Epoch Times lors de la réunion annuelle de l’American Legislative Exchange Council (ALEC, Conseil d’échange législatif américain) à Salt Lake City.

« Le  contrecoup de la dette approche. Et si nous restons sur cette voie que l’administration Biden veut nous faire suivre, je crois qu’il y aura une autre crise financière. »

Ses commentaires sont intervenus après qu’un groupe de sénateurs bipartisans et la Maison-Blanche ont annoncé un accord sur un ensemble d’infrastructures avec 550 milliards de dollars de nouvelles dépenses fédérales. Peu après l’annonce, le Sénat a voté à 67 voix contre 32 l’ouverture du débat sur cette mesure, 17 républicains se sont joints aux démocrates.

De nombreux conservateurs, dont M. Moore, estiment que le vote en faveur du projet de loi bipartisan sur les infrastructures équivaut de facto à un vote en faveur du vaste programme social de 3 500 milliards de dollars du président Joe Biden, qui prévoit des augmentations d’impôts et des dépenses plus élevées pour l’éducation, les soins aux enfants, le changement climatique et l’extension de Medicare.

« Je pense qu’au cours des 18 prochains mois, il y aura une énorme rectification », a dit M. Moore.

Outre l’accroissement de la dette, une « mauvaise répartition massive des ressources » est à l’origine des problèmes, a-t-il dit, citant en exemple les généreuses prestations fédérales qui découragent le travail.

De nombreux propriétaires d’entreprises à travers le pays se plaignent de ne pas pouvoir rivaliser avec les prestations offertes par le gouvernement fédéral. L’allocation de chômage supplémentaire introduite pendant la pandémie est considérée comme l’un des facteurs qui ont contribué à la grave pénurie de main-d’œuvre dans le pays.

Ces programmes, a dit M. Moore, vont à l’encontre de la réforme de l’aide sociale du milieu des années 90, qui obligeait les bénéficiaires à travailler pour recevoir des allocations.

Alors que les démocrates continuent de réclamer davantage de dépenses, plus de 1 000 milliards de dollars d’aides fédérales au titre du Covid-19 approuvées par le Congrès ne sont toujours pas dépensés, selon un rapport du Government Accountability Office (Bureau de la responsabilité gouvernementale) publié la semaine dernière.

« Pourquoi ne prenons-nous pas ces mille milliards de dollars, a demandé Moore, pour les utiliser pour les routes et les autoroutes sans s’approprier un autre billion en plus de ce que nous avons déjà emprunté ? »

M. Moore a également dit que l’inflation s’accélère à cause de la politique de Joe Biden et de la Réserve fédérale.

« Nous mettons beaucoup d’espoirs et de prières sur cette idée que l’inflation va disparaître. Mais si nous votons un autre projet de loi de dépenses de 4 000 milliards de dollars, je vous garantis que l’inflation va augmenter. »

M. Moore a également réagi aux mandats du gouvernement fédéral relatifs au port du masque. Le 27 juillet, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont déclaré qu’ils recommanderaient le port de masques dans les zones de haute transmission, tant pour les personnes vaccinées que pour celles qui ne le sont pas.

M. Moore dit que les investisseurs et les propriétaires d’entreprises s’inquiètent de nouvelles périodes de confinement.

« Je pense que beaucoup de gens ne savent pas où tout cela va les mener. Et d’un point de vue économique, cela pourrait vraiment freiner la reprise », a-t-il dit.

Des milliers de dirigeants locaux et étatiques des deux côtés politiques se sont réunis au sommet de l’ALEC de cette année pour discuter des principales questions de politique étatique.

M. Moore, qui a travaillé comme conseiller de campagne de Donald Trump en 2016, est coauteur de la publication de l’ALEC intitulée Rich States, Poor States (États riches, États pauvres), qui classe chaque année les États en fonction de leur compétitivité économique.

Dans un tweet du 28 juillet, Joe Biden a vanté son accord sur les infrastructures, le qualifiant de « plus grand projet de loi sur les infrastructures depuis un siècle ».

« Nous avons conclu un accord historique sur l’infrastructure, mes amis », a écrit M. Biden. « Il va faire croître l’économie, créer des emplois bien rémunérés et mettre l’Amérique sur la voie de la victoire pour l’avenir. »

Dans un rapport publié le 21 juillet, l’économiste en chef de Moody’s, Mark Zandi, prévoit que les politiques proposées par Joe Biden, notamment un projet de loi de réconciliation de 3 500 milliards de dollars pour soutenir une série d’investissements sociaux, stimuleront la croissance économique à long terme et créeront 14,4 millions d’emplois supplémentaires pendant son mandat.

« Les inquiétudes selon lesquelles le plan déclenchera une inflation élevée indésirable et une surchauffe de l’économie sont exagérées », a écrit M. Zandi dans son rapport.

Le leader de la majorité au Sénat, Chuck Schumer (Parti démocrate, NewYork), a salué l’analyse de M. Zandi et a exhorté les législateurs à lire le rapport.

« Le rapport de Moody’s devrait nous mettre le feu aux poudres », a dit Schumer au Sénat la semaine dernière.

De nombreux économistes de renom, dont Larry Summers, secrétaire au Trésor du président Bill Clinton, ont vivement critiqué les plans de relance excessifs, s’inquiétant des risques de surchauffe de l’économie et de création d’une inflation néfaste. Les économistes craignent également que la banque centrale américaine n’attende trop longtemps avant d’appuyer sur les freins pour contenir l’inflation.

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