Pourquoi la légende de Mu, continent originel de l’humanité, pourrait être vraie

23 mai 2017 Mis à jour: 5 septembre 2017

À la mi-février 2017, des scientifiques mettaient en évidence l’existence d’un « nouveau » continent englobant la Nouvelle Zélande. S’il fallait s’en convaincre, de nouvelles découvertes sont sans cesse réalisées dans l’immensité océanique – l’homme n’ayant exploré que 6% des fonds océaniques, nul doute que celles-ci devraient se poursuivre.

L’histoire d’un continent originel à l’humanité situé au milieu de l’océan Pacifique a traversé les siècles. Les premiers écrits et recherches sérieuses à son sujet apparaissent au début du XXe siècle. C’est le mayaniste Augustus le Plongeon qui affirmera le premier son existence depuis la découverte d’un Codex (le Codex Tro-Cortesianus exposé à Madrid) mentionnant l’existence d’un mystérieux continent. Plus tard, le colonel britannique James Churchward soufflera le nom de « Mu » et donnera beaucoup de détails d’après la traduction de tablettes naacales qu’il aurait déchiffré.

L’existence d’un continent originel pour l’humanité pourrait apporter des réponses à de nombreuses énigmes archéologiques actuelles. Pourquoi, par exemple, certains symboles se retrouvent simultanément sur les ruines d’Asie du Sud Est et sur les pyramides aztèques, bien que rien ne relie ces civilisations ? Comment ont été conçus des édifices de pierres de plusieurs dizaines de tonnes dans des archipels où l’on ne trouve aucune pierre ? Quelle est l’origine véritable des statues de l’Île de Pâques ? La réponse pourrait être simple : ces différentes civilisations n’émergeraient que d’une seule. Et la civilisation de Mu aurait existé à un cycle de civilisation antérieur à celui que nous connaissons actuellement.

Carte dessinée par James Churchward d’après les indications fournies par les tablettes nacaales.

Comme l’Atlantide, Mu aurait été le berceau d’une civilisation à la technologie très développée. Et comme l’île évoquée par Socrate, son destin aura été de disparaître corps et bien dans les profondeurs marines – les codex mentionnant son existence évoquent des scènes apocalyptiques et un châtiment divin.

La communauté scientifique de façon générale tend à ne pas s’intéresser au sujet et fait peu de cas de ceux qui en rapportent l’existence. D’autres scientifiques, tel l’hydrologue français Louis-Claude Vincent, vont dans le sens des récits de Churchward. De nombreuses découvertes, parsemées, attestent aussi de l’existence de Mu – la découverte de la superstructure de Yogami, au Japon, citée plus bas, n’est qu’un seul de ces exemples. La valeur des différents éléments rapportés dans cet article sera laissée au jugement du lecteur.

1560-1834 : les convictions déçues des grands marins

L’histoire de Mu, avant d’être portée noir sur blanc au XXe siècle par Beaubourg de Brasseur, ou le militaire britannique James Churchward plus tard, a enflammé l’imagination depuis longtemps. Depuis le XVIe siècle, à l’époque des grands navigateurs, les Européens étaient convaincus que le Pacifique abritait une terre émergée. Au Pérou, les Espagnols s’interrogeaient déjà sur la vaste étendue océanique qui s’offrait à eux. Suite à la découverte d’un archipel par Juan Fernandez (l’Île où vécut un temps Alexandre Selkirk, marin britannique ayant inspiré l’histoire de Robinson Crusoé), plusieurs expéditions se lancèrent. D’abord, celle du vice-roi du Pérou, Francisco de Toledo, qui découvrit les Îles Salomon, abritant des traces d’or et des indigènes cannibales qui dissuadèrent les marins de s’installer. Un quart de siècle plus tard, le marin portugais Pedro Fernandes de Queiros découvrit un archipel qui deviendrait les Marquises. Mais le continent gravé dans l’imaginaire des marins restait absent de la surface de l’océan.

Macchu Picchu. Les civilisations Incas et Maya font toutes deux mention d’une Terre située à l’Ouest du Continent américain. (Wikimedia)

L’intérêt premier des expéditions espagnoles, d’après les textes de l’époque, était la soif de l’or inca. Pedro Sarmiento de Gamboa, historien de l’empire inca, avait trouvé mention dans les traditions indiennes d’une « Terre de l’Ouest ». Le grand général inca de l’époque, Tupac Yupanqui, expliquait avoir voyagé à l’Ouest et découvert deux îles dont il aurait rapporté des esclaves noirs et de l’or. Les savants de l’époque ont alors supposé que Mangareva et l’île de Pâques, où le général inca se serait effectivement arrêté, n’étaient que des avant-postes d’une grande terre située 15° plus au sud du Pérou à 600 lieux de là.

De nouvelles expéditions commandées par les ministres de Philippe III, roi d’Espagne (1578-1621), approuvées par le Pape, rentrèrent bredouilles. Les Hollandais prirent le relais. Schouten et Lemaire sondèrent le sud de l’Amérique. L’île des États qu’ils avaient aperçus ne pouvait constituer qu’une partie, d’après eux, du continent austral. Par la suite, la Nouvelle Zélande et de la Tasmanie découvertes par le capitaine Abel Janszoon Tasman seraient elles aussi accréditées comme avant-poste de Mu.

Malgré l’absence totale de continent, les Européens continuent d’y croire. L’accueil à bras ouvert des Tahitiens aux marins britanniques et le folklore si dépaysant des îles étaient sur toutes les lèvres de la Cour française. On se souvient par exemple de Diderot, qui devisait à longueur de pages sur les mœurs des îles : « La vie sauvage est si simple, et nos sociétés sont des machines si compliquées ! » Il est imaginé, depuis Aristote, et conformément peut-être aux textes de la Bible qui mentionnent l’étendue de la terre par rapport à la mer, que s’il existe autant de terre dans l’hémisphère nord, une Terra Australis au Sud formerait un équivalent naturel dans l’équilibre du globe.

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Malgré le peu de preuves de l’existence d’un continent au Pacifique, les Européens le faisait figurer sur des cartes. La Nouvelle-Guinée se voyait ainsi démesurément grossie, et dans d’autres cas, comme cette carte du XVIe siècle de Petrus Bertius, on évoquait l’existence de la Terra Novalis.

Pour autant, en 1772, les expéditions du grand navigateur Cook finirent de sonner le glas, à l’époque, de la légende de la Terras Australis. Ayant parcouru sur deux voyages l’espace séparant la Nouvelle Zélande de l’Antarctique et celui entre l’île de Pâques et la Nouvelle Zélande, l’exploration maritime prit fin avec l’échec du navigateur. C’est alors que surgit une hypothèse, portée par le compagnon de Cook et théologien Johann Reinhold Forster : la Terra Australis a suivi le sort de l’Atlantide, et a disparu en s’affaissant dans les profondeurs marines. La théorie divisait les scientifiques, et continuera de les opposer jusqu’à aujourd’hui.

XVIIIe-XIXe siècle : premières allégations et témoignages

Le colonel James Churchward. (Wikimedia)

Il faudra attendre 1926 et la publication de James Churchward, Mu, le continent perdu, pour relancer l’idée d’un continent. Le colonel James Churchward consigne dans son ouvrage l’histoire qui l’a amené à rencontrer un prêtre en Inde. Les deux hommes auraient tissé des liens d’amitiés, et le prêtre accepta de montrer des tablettes à Churchward. Celles-ci appartenaient à un texte plus abondant, qu’il passa sa vie à chercher. Au Mexique, le colonel trouvera de nouvelles tablettes complétant ses découvertes.

Les tablettes étaient écrites dans une langue aujourd’hui morte, parlée par seulement trois personnes en 1926. Cette langue, le Naacal, était celle des habitants d’un continent, Mu. Beaucoup de détails y étaient consignés, comme les dimensions du continent, qui s’étendait du Nord des îles d’Hawaï jusqu’aux Îles Fidji et à l’île de Pâques.

D’après les codex de Churchwall, le continent comptait près de 64 millions d’âmes, qui formaient dix différentes tribus. Il y avait plusieurs races, blanche, noire, jaune. La race blanche prédominait cependant. Le continent était constitué d’une immense plaine vallonnée, arborant « une belle végétation tropicale ». Des rivières formaient des lacs où poussaient des « lotus sacrés ».

La technologie était plus avancée que celle existante au XXe siècle, et les anciennes civilisations indiennes, babylonienne, perse, égyptienne, maya, porteraient des traces résultant de la civilisation de ce supercontinent. Le peuple était très croyant, construisait d’innombrables temples pour ses divinités, et commerçait avec des colonies extérieures. Mais alors que la civilisation était à son zénith, une série de catastrophes naturelles s’abattit sur l’île.

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Représentation de Mu. (Pinterest)

Le Codex Tro-Cortesianus, ensemble de 56 feuillets découvert par l’historien français Beaubourg de Brasseur en 1860 à Madrid – et exposé actuellement -, atteste et confirme les écrits de Churchward. Une partie de cet ouvrage, écrit d’un scribe Maya, évoque une scène apocalyptique où le représentant religieux du continent avertit les habitants. « Un déluge de feu et de fumée s’éleva des palais. Les cris de la multitude montaient dans les airs. Le peuple cherchait un refuge dans ses temples et ses citadelles, et le sage Mu se dressa et lui dit: « N’avais-je pas prédit cela? » Et les femmes et les hommes dans leurs beaux vêtements brillants brodés de pierreries se lamentaient « Mu, sauve-nous! » Et Mu répliqua: « Vous allez tous mourir avec vos serviteurs et vos richesses, et de vos cendres de nouvelles nations surgiront. Et si elles oublient qu’elles sont supérieures non à cause de ce qu’elles se mettent sur le dos mais à cause de ce qu’elles font, le même sort leur sera réservé. » »

D’après les tablettes nacaales de Churchwall, Mu fut alors englouti. « Tout le continent se souleva et roula comme les vagues de l’océan. La terre trembla et se secoua comme les feuilles des arbres dans un orage. Temples et palais s’écroulèrent, monuments et statues furent renversés. Les villes n’étaient plus que ruines ».

L’île de Pâques

Les récits de Churchward sont aujourd’hui discutés. Parmi les bémols soulevés par les scientifiques, on trouve une géolocalisation parfois erronée, comme les sites mexicains cités par le militaire. Mais à sa charge, certaines découvertes ont confirmé ses dires.

L’île de Pâque a stimulé bien des imaginations sur ses statues érigées, les moaïs, et la disparition de sa civilisation. Il n’y a aucun consensus autour d’une théorie scientifique sur leur origine, le mystère reste donc entier. On peut tout de même souligner le degré de technologie d’un peuple sachant dresser ces colossales statues. Parmi les éléments ajoutant au mystère, certaines tablettes ont été trouvées sur l’île, rédigées en rongo rongo, une ancienne écriture dont le déchiffrage s’avère impossible de nos jours – les scientifiques manquent d’informations et de liens sur le contexte de l’île.

Toutefois, certains témoignages ont survécu. En 1886, l’intendant de l’USS Mohican, séjourne douze jours sur l’île de Pâques. Il consigne un grand nombre de note sur le rongo-rongo, qui seront très utiles plus tard dans leur déchiffrage. William J. Thomson, se passionne pour ces tablettes, en tire un premier calendrier. Visant leur déchiffrage, il est mis en présence de l’Intendant du Roi de Rapa Nui, ayant la connaissance d’anciens rites et parlant le rongo rongo. À grande force de persévérance, parfois à l’aide de rhum, il parvient à se faire traduire deux de ces tablettes. Sous la dictée, William J.Thomson entrevoit la description d’une genèse.

D’après les notes de Thomson, l’île de Pâques était autrefois habitée par une civilisation florissante qui reflétait un continent existant dans le Pacifique : « Cette petite île a fait partie jadis d’un vaste continent, traversé par de nombreuses routes, merveilleusement pavées de belles pierres plates. Les routes étaient si adroitement conçues qu’elles formaient une toile d’araignée, et aucun homme ne pouvait en découvrir le commencement ni la fin », consigne t-il.

Symboles sacrés

L’un des points le plus intéressant de la démonstration de Churchward, est l’existence simultanée de cultures présentant des traits similaires aux quatre coins du globe. Par exemple, l’Indonésie, coupée du monde occidental pendant 12 000 ans, présente des récits de Genèse ressemblant à s’y méprendre avec la Bible.

Dans les tablettes analysées par Churchward, on trouve nombre de références à des animaux ou divinités représentés dans d’autres cultures, tel que le serpent, ou Quetzoacal. L’étude de ces concordances serait passionnante, bien que de très longue haleine et parcourue de supposition.

L’un des symboles le plus important rapporté par Churchward est la svastika.

Svastika photographiée depuis les tablettes nacaales découvertes par Churchward, dans son livre, Le continent perdu de Mu.

La tablette n°1231 présentée par James Churchward, représentant un symbole sacré connu sous le nom de svastika et retrouvé dans différentes cultures orientales et occidentales. Symbole bouddhiste millénaire, elle possède plusieurs significations spirituelle. Pour Churchward, elle détient la « clé du mouvement de l’univers ». « Ce symbole, est particulièrement important car parmi la collection de plus de 2 600 tablettes de Niven, il est la clef du mouvement de l’univers. C’est un symbole des Quatre Forces Sacrées, qui ont joué un rôle important dans la conception humaine du Créateur et de la création, depuis l’aube des temps jusqu’à ce jour. Les écrits Naacal nous disent que les Quatre étaient l’agent des commandements du Créateur qui établirent l’ordre et la loi dans le chaos universel « .

Ce symbole a été retrouvé aux quatre coins du monde sur d’anciennes sculptures, temples, poteries, ou même coiffures d’amérindiens depuis l’Ukraine à l’Islande, en passant par l’Angleterre, la Syrie, l’Asie et l’Amérique.

La Svastika dans l’Église Saint Georges d’Éthiopie (Bet Giyorgis (Lalibela)), construite au XIIe siècle. Pour plus d’informations sur la svastika, voir cet excellent article d’ancient-origins.net. (Pinterest)

Ses plus anciennes traces remontent à au-delà de 10 000 ans. Il convient de noter qu’il s’agit de découvertes et recoupages récents, que Churchward lui-même ignorait au moment où il écrivait son ouvrage. Le mouvement dans le symbole de la svastika et la liaison aux forces cosmiques sont quasi-systématiques dans toutes les descriptions accompagnant la présence de ce symbole, ce qui laisse peu de place à une série de coïncidences. La croix gammée de Hitler est peut être la seule usurpation existante de ce symbole sacré.

Découverte archéologique

Une découverte archéologique de 1985 est devenue, à notre période récente, associée à la légende de Mu. Dans la profondeur des eaux de Yonaguni, au Japon, se trouve une superstructure dont l’apparence évoque fortement les ziggourats du Moyen Orient.

Selon les scientifiques, cette structure remonterait à au moins 12 000 ans, date à laquelle elle n’était pas encore immergée. Longue de 200 mètres et haute de 30 mètres, elle est composée de blocs de pierre aux angles parfaitement droits et aux surfaces lisses.

Les premières traces de civilisation au Japon remonteraient à 11 000 ans, une époque où leur technologie n’allait alors pas au delà du silex pour allumer un feu. Pour Masaki Kimura, premier scientifique à analyser le site, la structure n’a « définitivement pas été fabriquée par la nature ». On trouve également la présence de gravures fines sur sa surface.

Le professeur a examiné des tablettes de pierre trouvée dans la structure. Les symboles y figurant ressemblent aux symboles analysés de long en large par le colonel Churchward dans ses écrits. La forme de poternes retrouvées sur le site évoquent également l’architecture des anciens Mayas.

La liste de ces concordances pourrait s’allonger. Alors, Mu est-il un mythe ou une réalité ? À chacun de se faire son opinion. Certains scientifiques, comme le Pr Kimura, soutiennent son existence. La communauté scientifique actuelle, cependant, refuse dans sa grande majorité de poursuivre des recherches sur la base des découvertes existantes. Heureusement, on peut croire que de nouvelles découvertes viendront et seront à même de soutenir ou réfuter cette légende.

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