«L’émergence de machines sexuelles»: critique de l’hyper-sexualisation de la société moderne

Par Ian Henderson
31 décembre 2019 Mis à jour: 31 décembre 2019

Rise of the Sex Machines (L’essor des machines sexuelles), le dernier livre de Barak Lurie, auteur, avocat et animateur de radio, examine l’hypersexualisation de la société, la culture de la gratification instantanée, la banalisation du sexe, la promotion des relations non traditionnelles et comment ces questions ont un impact négatif sur les relations hommes-femmes, les mariages et la famille.

« J’ai perdu mon mari à cause d’un robot sexuel », lit-on dans la description du livre. « Vous commencerez à entendre des femmes prononcer ces paroles sombres dans les 7 à 10 prochaines années. Et quand ça arrivera, on se demandera tous : ‘Comment en est-on arrivé là ?’ »

Barak Lurie dit qu’une forme extrême de féminisme, ainsi que la honte de la masculinité dans l’histoire récente, a amené beaucoup d’hommes à abandonner l’idée d’avoir une relation avec une femme, alors qu’on apprend aux femmes à placer leur carrière au-dessus de la famille.

« Ça a probablement commencé au début ou au milieu des années 60, quand le féminisme a commencé à prendre une influence beaucoup plus grande. Au début, c’était une idée géniale, mais les choses ont vraiment commencé à devenir destructrices lorsque le mouvement féministe a dit qu’une femme a besoin d’un homme comme un poisson a besoin d’un vélo. Cette notion a été intériorisée par les femmes comme par les hommes », a-t-il déclaré à Epoch Times.

On peut le voir dans la montée du mouvement « Men Going Their Own Way » (littéralement, Les hommes suivant leur propre voie), ou MGTOW, un groupe d’hommes anti-féministes qui ont renoncé aux relations avec les femmes en réaction au féminisme et au phénomène #MeToo, a dit M. Lurie.

« Les jeunes hommes voient le sexe comme un champ de mines. C’est peut-être génial, mais ça pourrait t’exploser au visage. C’est leur attitude », a déclaré M. Lurie à propos du mouvement MGTOW.

Barak Lurie dit également que les applications pour rencontres et la pornographie facilement disponibles sont un reflet de la culture de la gratification instantanée du XXIe siècle.

« Tinder ne fait que répondre à une demande. Nous vivons dans une culture de l’instantanéité », a-t-il dit, en comparant avec Uber, les services bancaires mobiles et les livres électroniques. « De moins en moins d’hommes sont intéressés par les relations, donc les femmes doivent poursuivre ces hommes, en espérant qu’un jour ils seront à nouveau intéressés par les relations. C’est pourquoi Tinder a tant de succès. »

La pornographie est également disponible sur Internet et sur les téléphones intelligents. Elle a atteint un point où certains gouvernements envisagent d’imposer des restrictions à l’accès aux contenus explicites en raison de leur accessibilité aux mineurs.

Le Royaume-Uni a récemment tenté de mettre en place un système « robuste » de vérification de l’âge pour empêcher les mineurs d’accéder aux sites pour adultes. Toutefois, le plan a été abandonné à la fin de 2019 en raison de questions sur son efficacité et de préoccupations relatives à la protection de la vie privée.

Dans d’autres pays, la pornographie est totalement interdite, comme la Corée du Sud, l’Inde, la Chine, l’Ukraine, les Philippines, une grande partie du Moyen-Orient et une grande partie de l’Afrique. La pornographie est libre dans tout l’Ouest, à quelques exceptions près.

« La pornographie est là parce que la technologie lui permet d’être là, mais en même temps, nous incorporons et banalisons la sexualité. Il n’est pas étonnant que le porno soit devenu omniprésent et que la possibilité de faire de l’argent à partir de cette demande populaire soit trop tentante », a expliqué Barak Lurie.

Une étude de l’université de Cambridge en 2014 a révélé que la dépendance à la pornographie présentait des similitudes frappantes avec la toxicomanie dans le cerveau.

Un nombre croissant de jeunes hommes connaissent également des dysfonctionnements sexuels dans leurs relations « parce qu’ils ont détruit leur appétit avec la pornographie », a déclaré Paula Hall, présidente de la Sexual Addiction and Compulsion Association, lors d’une interview à la BBC.

« La vie sexuelle des autres ne vous regarde pas »

Barak Lurie explique que le chapitre le plus surprenant du livre pour lui s’intitule « La vie sexuelle des autres ne vous regarde pas », qui explore l’idée que puisque le sexe se déroule derrière des portes fermées, il n’affecte pas le reste de la société. Barak Lurie soutient dans son livre que cela affecte en effet la société.

« La réalité est que le sexe est l’affaire de tous. En fait, la vie sexuelle des autres devient votre affaire. »

Barak Lurie a cité un exemple tiré de son livre : si une jeune fille a des rapports sexuels avec un garçon et tombe enceinte et donne naissance, la grand-mère peut devoir s’occuper du bébé, en devant éventuellement quitter son emploi ou allouer plus de ressources pour s’occuper du bébé si la jeune mère est incapable de le faire.

Il affirme également que la normalisation des tabous sexuels traditionnels dans la société a contribué à l’épidémie de sida et aux infidélités conjugales qui ont détruit des familles.

« Quand je dis que la vie sexuelle des autres ne vous regarde pas, nous avons tous une obligation dans le monde de la sexualité, que nous le réalisions ou non. On ne peut qu’espérer que la relation entre un homme et une femme se développera », a-t-il dit. « Le sexe favorise les relations, et il y a la possibilité d’avoir des enfants. Si cela arrive, alors vous allez prendre soin d’une famille, élever de bons enfants, contribuer à la civilisation. »

« Ces autres personnes qui sont poussées par l’orgasme ne font rien pour la civilisation », a-t-il poursuivi. « Elles ne font que ce qu’elles peuvent pour elles-mêmes. Le niveau d’intensité du sexe est tel que nous n’osons pas le traiter à la légère. Nous devrions le traiter comme du plutonium », a-t-il ajouté.

Barak Lurie a précisé que son livre Rise of the Sex Machines n’est pas un appel à l’interdiction de Tinder ou des robots sexuels. « Il s’agit de la façon dont les robots sexuels et Tinder reflètent qui nous sommes », a-t-il dit. Sa solution consiste à rappeler aux gens la valeur des enseignements traditionnels de la morale et de la religion pour la société.

« Ce que nous voyons dans ce monde où nous abandonnons les relations, c’est précisément parce que nous nous sommes éloignés de Dieu. La banalisation du sexe est simplement un symptôme de la banalisation beaucoup plus grande de Dieu. Lorsque vous abandonnez Dieu, vous allez inévitablement chercher à obtenir une émotion instantanée dans tout ce que vous faites. »

M. Lurie vit avec sa femme Stacey et leurs enfants à Los Angeles. En plus de gérer son cabinet d’avocats, il anime une émission de radio, The Barak Lurie Show sur Radio Salem Network. Il siège au conseil d’administration de nombreuses organisations, notamment PragerU et Stand With Us.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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