L’engrenage vaccinal en Israël

Par Patricia Adams et Lawrence Solomon
1 septembre 2021
Mis à jour: 2 septembre 2021

Israël est donné en exemple de vaccination de masse dans le monde entier, et ce, pour de bonnes raisons.

Le pays a été le premier à obtenir les vaccins nécessaires pour vacciner complètement sa population contre le nouveau coronavirus, il a été implacablement efficace dans le déploiement de ses programmes de vaccination et, maintenant, il est le premier à administrer une troisième injection à toutes les personnes âgées de plus de 12 ans.

La détermination d’Israël à vacciner entièrement sa population – à l’époque où deux injections étaient considérées comme une vaccination complète – lui a valu d’être présenté comme un pays exemplaire. Après que la population a été largement vaccinée, les cas quotidiens de Covid-19, qui avoisinaient les 10 000 au début de l’année et submergeaient les hôpitaux, ont chuté sous la barre de 10 vers le mois de mai.

Mais, soudain, les cas de coronavirus ont été de retour en force, atteignant à nouveau 10 000 par jour et donnant à Israël l’un des taux d’infection les plus élevés au monde. Plus inquiétant encore, Israël a maintenant l’un des taux d’hospitalisation les plus élevés au monde – bien qu’il soit plus bas qu’aux États-Unis, il est de 50 % plus élevé qu’au Royaume-Uni, deux fois plus élevé qu’en Italie, cinq fois plus élevé qu’au Canada et sept fois plus élevé qu’en Suède. Le taux de patients en unité de soins intensifs est tout aussi affligeant – également plus bas qu’aux États-Unis, mais 50 % plus élevé qu’au Royaume-Uni, trois fois plus élevé qu’en Italie, deux fois plus élevé qu’au Canada et sept fois plus élevé qu’en Suède.

Le système hospitalier israélien a presque atteint sa capacité d’acquérir 1200 patients malades du coronavirus – son précédent record absolu – tandis que certaines projections indiquent que le pays devrait porter sa capacité à 2000 pour prendre correctement en charge l’avalanche de patients qui arrivent aux hôpitaux. Sept de ses hôpitaux ont déjà refusé d’admettre de nouveaux patients atteints du coronavirus, affirmant qu’ils n’avaient pas les ressources nécessaires pour gérer ce problème.

Pour les autorités sanitaires israéliennes, la réponse à l’urgence croissante du problème du Covid-19 consiste à vacciner toujours plus de gens, à un rythme toujours plus rapide et des personnes toujours plus jeunes – elle effectuait la vaccination des enfants de plus de 12 ans, a soumis aux tests sérologiques les enfants âgés de 3 et 12 ans  et a abaissé dimanche dernier à 12 ans l’âge minimal pour recevoir une troisième dose. Les autorités sanitaires israéliennes expliquent que bien que les vaccins Covid-19 aient bien fonctionné, ils n’ont pas fonctionné longtemps. Après cinq mois, leur effet a tellement diminué que les autorités israéliennes estiment qu’on ne peut plus compter sur eux, d’où la nécessité d’une troisième injection. C’est pourquoi Israël modifie son système de « passeport vert » qui donne le droit de voyager et d’entrer dans divers lieux, en le limitant en temps pour ceux qui n’ont reçu que deux injections, tandis que la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked a demandé d’annuler ce passeport pour ceux qui n’ont pas encore reçu la troisième dose.

Israël effectue donc une stratégie très simple dans le but de protéger ses hôpitaux du déluge : faire en sorte que le troisième vaccin soit administré plus vite que ne faiblisse l’effet du deuxième. Bien que les tests montrent que le pourcentage de personnes infectées a triplé au cours du mois dernier et continue d’augmenter jour après jour, les autorités sanitaires israéliennes sont prudemment optimistes quant au succès de leur stratégie. Plus de 2 millions d’Israéliens, soit plus de 20 % de la population, ont déjà reçu leur troisième injection, ce qui a permis de limiter la hausse fulgurante des infections et d’espérer que les cas vont bientôt se stabiliser, puis diminuer.

En même temps, les responsables de la santé en Israël reconnaissent que l’effet de la troisième dose de vaccin pourrait également s’estomper, rendant son effet temporaire. On peut donc craindre que les Israéliens ne soient abonnés aux vaccins, qu’ils doivent constamment se faire revacciner afin d’anticiper les menaces du nombre toujours croissant de variants que le SRAS-CoV-2 original engendre, et qu’ils soient particulièrement vulnérables aux variants qui ont appris à échapper aux vaccins, par exemple, pour le nouveau variant sud-africain.

L’engrenage vaccinal ne s’applique peut-être pas à tous les Israéliens. Dans une étude récente portant sur 32 430 personnes, dont la moitié avait obtenu l’immunité par la vaccination et l’autre moitié par une infection naturelle, après leur rétablissement de la COVID-19, les personnes vaccinées étaient 13 fois plus susceptibles d’être infectées et 27 fois plus susceptibles de souffrir d’un cas symptomatique. Seules neuf personnes ont été hospitalisées – dont huit avaient été vaccinées – et personne n’est décédé dans les deux groupes.

Une autre étude israélienne, publiée en juillet et portant sur 7700 nouveaux cas de coronavirus, a révélé que 72 cas seulement – soit moins de 1 % – concernaient les personnes ayant une immunité naturelle, tandis que plus de 3000 cas, soit environ 40 %, concernaient les personnes qui ont été vaccinées. Ces 72 personnes ne représentaient que 0,0086 % des 835 792 Israéliens qui étaient alors connus pour s’être rétablis du Covid-19.

La question pour Israël est maintenant de savoir comment sortir de cette spirale infernale. Une option qui peut être disponible pour certains autres pays – pour la Suède, par exemple, qui avait pu atteindre l’immunité collective à la suite de l’infection naturelle plutôt que par la vaccination – peut ne plus être disponible pour Israël, dont la précipitation à vacciner ses citoyens peut avoir limité ses options.

Patricia Adams est économiste et présidente de Energy Probe Research Foundation et de Probe International – un groupe d’experts indépendant international basé au Canada. Elle est l’éditrice des sites d’information en ligne Three Gorges Probe et Odious Debts Online et l’auteure ou l’éditrice de nombreux ouvrages. Ses livres et articles ont été traduits en chinois, espagnol, bengali, japonais et bahasa indonesia.

Lawrence Solomon est chroniqueur à Epoch Times, auteur et directeur exécutif du Consumer Policy Institute, basé à Toronto, Canada.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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