Léonard de Vinci : la réédition de ses Carnets, une mine d’or pour les amateurs

Par Epoch Times avec AFP
29 septembre 2019 Mis à jour: 29 septembre 2019

Les « Carnets » de Léonard de Vinci, rédigés par le maître florentin entre 1487 et 1508 et publiés initialement par Gallimard en 1942, vont être réédités jeudi dans la collection Quarto du même éditeur à l’occasion du cinquième centenaire de la mort de l’artiste.

Le fort volume (1 656 pages illustrées, 33 euros) reprend la seule traduction aujourd’hui disponible en français (par Louise Servicen, 1896-1975) des écrits léonardiens.

Toute sa vie durant, Léonard de Vinci (1452-1519) griffonne, note, étudie, dissèque, analyse, calcule.

Les « Carnets » de Léonard de Vinci contiennent les réflexions de l’artiste sur des sujets philosophiques ou techniques. Archétype du génie universel, l’autodidacte dresse des projets d’architecture, d’armes ou encore de machines volantes concurrençant le vol des oiseaux.

Ils sont bourrés de croquis et de figures géométriques. Il était impossible pour l’éditeur de tous les reproduire mais on trouve cependant dans le volume les dessins les plus connus du peintre comme le char d’assaut, certains modèles de machines volantes, des planches anatomiques, botaniques ou cartographiques. On peut les découvrir en intégralité sur internet, via la bibliothèque de l’Institut de France.

« Si les peintures de l’artiste suscitent de son vivant l’admiration des princes (…) ce n’est toutefois qu’à la fin du XIXe siècle que l’on redécouvre ses manuscrits », rappelle Pascal Brioist, historien et professeur à l’université de Tours, qui a dirigé l’édition publiée par Quarto.

Certains des manuscrits du maître toscan sont reproduits dans le volume. Gaucher, Léonard de Vinci écrivait de droite à gauche si bien qu’il est difficile de le lire sans un miroir. Sa langue est l’italien mêlé de dialecte lombard. Son orthographe est personnelle et il n’use d’aucune ponctuation ni d’accentuation.

Douze « Carnets » sont conservés à l’Institut de France à Paris mais de nombreux feuillets de l’artiste sont éparpillés de par le monde, notamment à Londres et Milan. Au total, les manuscrits et carnets de Léonard de Vinci représentent des milliers de pages de notes, d’esquisses et de croquis, de réflexions et de traités. Toutes révèlent l’immensité des connaissances, des préoccupations et des interrogations scientifiques de l’homme de la Renaissance.

Le premier à avoir édité ces « Carnets » a été le Britannique Edward MacCurdy en 1938. C’est son œuvre qui fut traduite en 1942 par Louise Servicen et que les lecteurs d’aujourd’hui vont redécouvrir.

Quarto publie également la préface rédigée en 1942 par Paul Valéry à l’occasion de la première publication en français des « Carnets ». L’écrivain est très élogieux.

« II y eut une fois Quelqu’un qui pouvait regarder le même spectacle ou le même objet, tantôt comme l’eût regardé un peintre, et tantôt en naturaliste; tantôt comme un physicien, et d’autres fois comme un poète; et aucun de ces regards n’était superficiel », écrit l’auteur du Cimetière marin.

Les « Carnets » demeurent incomplets. « Seul un travail d’équipe difficile, réunissant de multiples spécialistes, pourra un jour prochain proposer (…) une traduction en français de la totalité des manuscrits léonardiens », écrit Pascal Brioist dans sa préface de l’ouvrage.

« En attendant, ajoute-t-il, la réédition de la belle anthologie traduite par Louise Servicen (…) rendra de précieux services au lecteur curieux comme au chercheur, à tous ceux désireux de se plonger dans les méandres de cet esprit hors du commun, et de suivre le cheminement d’une pensée exceptionnelle couchée sur papier ».

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