L’épidémie de coronavirus met en évidence les liens étroits entre la Chine communiste et les pays les plus impactés

Éditorial
Par Epoch Times
13 mars 2020
Mis à jour: 23 mars 2020

Dans les dernières semaines de 2019, une nouvelle épidémie de coronavirus s’est déclarée dans la ville de Wuhan, en Chine centrale. Alors que le monde passait à l’année 2020, le Parti communiste chinois (PCC) a choisi de supprimer les informations sur cette épidémie naissante jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus rester cachée.

Deux mois après la découverte par les autorités de la Chine continentale de l’existence de ce virus contagieux, la crise s’est étendue dans le monde entier, prenant des proportions épidémiques dans plusieurs régions. Le nombre de personnes infectées au-delà des frontières chinoises se compte désormais par dizaines de milliers, dont plus de 1 000 ont succombé au virus. La bourse a plongé, les experts préviennent d’une possible récession économique.

Divers facteurs ont facilité la propagation rapide du coronavirus, officiellement appelé SRAS-CoV-2, et de la maladie qu’il provoque, le COVID-19. La mondialisation a rapproché les peuples du monde entier, en augmentant les risques de pandémie mondiale.

Pourtant, les régions les plus touchées en dehors de la Chine ont toutes un point commun : des relations étroites ou lucratives avec le régime communiste de Pékin.

Crise sanitaire, péril politique

Sous l’influence politique ou économique de la République populaire de Chine (RPC), de nombreuses organisations et politiciens étrangers, y compris des organisations internationales, ont été influencés au point de soutenir le PCC, en s’accommodant du système communiste autoritaire et en fermant les yeux sur les crimes inqualifiables commis par les autorités chinoises.

Ces dernières décennies ont vu la RPC étendre considérablement son pouvoir dans les affaires économiques et géopolitiques. En trompant le monde sur « l’ascension pacifique de la Chine », le régime communiste a attiré des gouvernements étrangers et des entreprises internationales pour investir sur les marchés chinois en plein développement.

Mais le PCC n’a jamais abandonné ses principes idéologiques de lutte des classes et de contrôle totalitaire. Au cours des 30 années qui se sont écoulées depuis le massacre de la place Tiananmen, le début en 1999 de la persécution de la pratique spirituelle du Falun Gong, jusqu’à la répression systématique de toutes les confessions et de toute pensée indépendante, la situation des droits de l’homme en RPC n’a fait qu’empirer.

La véritable nature du PCC et du communisme est connue depuis longtemps par les lecteurs du journal Epoch Times. Il y a quinze ans, Epoch Times publiait la série éditoriale « Neuf commentaires sur le Parti communiste« , qui a déclenché un mouvement de démission populaire en Chine pour rejeter le communisme. Depuis 2004, plus de 350 millions de personnes ont renoncé à leurs liens avec le PCC et démissionné de ses organisations de jeunesse affiliées.

Conjuguée à l’environnement géopolitique actuel, la répartition géographique de ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle désormais la pandémie du coronavirus met en évidence le péril ultime auquel sont confrontés ceux qui se sont alignés avec le communisme chinois.

Des soldats sud-coréens portant des équipements de protection pulvérisent du désinfectant pour prévenir la propagation du coronavirus COVID-19, dans un quartier commercial de Séoul, le 4 mars 2020. (Jung Yeon-je/AFP via Getty Images)

En dehors de la Chine, la propagation du coronavirus a été la plus sévère en Italie, en Iran, en Corée du Sud, la France et au Japon. Tous ces pays ne sont pas situés à proximité de la Chine, mais tous ont des intérêts importants en RPC.

L’Italie, le pays le plus touché en dehors de la Chine au 10 mars, a été le premier (et le seul) pays du G-7 à signer l’initiative « La Ceinture et la Route » de la RPC (BRI, également connue sous le nom de One Belt, One Road). Pour soutenir son économie affaiblie, l’Italie a également cherché à conquérir le marché chinois pour vendre ses produits de luxe.

L’épidémie obligeant maintenant Rome à mettre le pays en quarantaine, ces perspectives ont été interrompues.

L’Italie a également signé des dizaines d’accords de jumelage avec la Chine, dont les villes de Milan, Venise et Bergame. Ce sont les régions les plus touchées par le virus.

Au Moyen-Orient, l’Iran a vu le nombre d’infections augmenter, en particulier parmi les fonctionnaires du gouvernement.

Le régime iranien entretient un partenariat stratégique global avec la Chine depuis 2016, et ses liens avec Pékin ont commencé bien avant. En infraction avec les sanctions internationales, l’Iran a importé de Chine du matériel sous embargo, tout en continuant à lui vendre du pétrole. La République islamique a autorisé les vols à destination et en provenance de quatre grandes villes chinoises jusqu’à la fin du mois de février.

Les images prises sur le terrain par des citoyens iraniens rappellent la tragédie qui se déroule à Wuhan, avec un personnel médical débordé, des patients découragés et des sacs mortuaires qui tapissent le sol des hôpitaux.

Images diffusées sur les médias sociaux des corps à la morgue de Behesht-e Masoumeh à Qom, Iran. (Capture d’écran)

Bien que les chiffres officiels publiés par les autorités iraniennes montrent que le nombre de décès et de cas confirmés est inférieur à celui de l’Italie, il est probable que l’ampleur réelle de l’épidémie soit largement sous-estimée. Passant en revue les données disponibles, un épidémiologiste cité par le Washington Post le 5 mars a estimé que le nombre réel de personnes infectées en Iran pourrait atteindre 28 000, soit près de cinq fois plus que ce que le régime a déclaré.

En Corée du Sud, le public est de plus en plus critique à l’égard du président Moon Jae-in qui refuse d’interdire la circulation des touristes chinois et qui se contente d’interdire l’entrée à ceux qui se sont récemment rendus dans la province de Hubei, l’épicentre de l’épidémie en Chine.

Plus de 1,4 million de citoyens ont signé une pétition adressée à la Maison bleue présidentielle pour demander la destitution de Moon Jae-in. Le texte de la pétition est le suivant : « En voyant la réaction de Moon Jae-in face à la nouvelle épidémie, nous avons le sentiment qu’il est plus un président pour la Chine que pour la Corée ».

Le cas de la France

Pour la France, les liens avec le régime chinois sont très nombreux. La France a par exemple entrepris depuis les années 2000, une formidable coopération avec le régime chinois au niveau hospitalier. Au moins 17 hôpitaux publics français se targuent de partenariat de formation hospitalière et d’échanges inter-universitaires avec les grands hôpitaux et universités chinois comme on le trouve dans un document du Ministère de la Santé (https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/4_cooperations_hospitalieres_franco-chinoises_f.pdf).

Wuhan, appelée la plus française des villes chinoises, représentait avant le début de l’épidémie, 40% des investissements français en Chine avec la présence de plus d’une centaine de grandes entreprises françaises.

LIRE AUSSI: Coronavirus: 40% des investissements français en Chine ont lieu à Wuhan – retour sur les liens étroits de la plus françaises des villes chinoises

Selon Challenges également, un laboratoire Pathogènes de classe 4 (P4) y a été construit récemment grâce à une coopération franco-chinoise. Après l’épidémie de SRAS, en 2003, la France avait livré à la Chine ce laboratoire très décrié de haute sécurité biologique, pouvant héberger les virus les plus dangereux de la planète (Ebola, Coronavirus, H5N1…).

Les leçons de l’histoire: le cas de Taïwan

Malgré sa proximité avec la Chine continentale et l’importance de ses échanges commerciaux avec elle, Taïwan a connu un nombre relativement faible d’infections.

Le 26 janvier, l’Université John Hopkins a identifié Taïwan comme étant le deuxième pays en dehors de la Chine où le risque de propagation de l’épidémie est le plus élevé. Cependant, des mesures de prévention solides se sont avérées efficaces.

Les autorités taïwanaises ont commencé à procéder à la vérification des passagers le 31 décembre 2019, lorsque les autorités de Wuhan ont confirmé l’épidémie. Début février, Taïwan a interdit l’entrée aux ressortissants étrangers venus de la RPC. Le 10 mars, il n’y a plus que 47 cas de contamination confirmés à Taïwan. L’île autonome a été considérée comme un modèle en matière de contrôle de l’épidémie, bien qu’on lui a refusé à plusieurs reprises la participation à l’OMS amie du PCC.

Comme l’a dit le commentateur des affaires chinoises Heng He, Taiwan a une compréhension claire du régime communiste et est peut-être le seul État à avoir tiré les leçons de l’épidémie de SRAS de 2003, qui a également commencé en Chine.

À Hong Kong, qui a vu des millions d’habitants s’opposer à la mainmise de Pékin sur les libertés et l’État de droit de la ville depuis l’année dernière, l’épidémie a été tout aussi modérée.

En revanche, le Japon, bien que n’étant pas géo-stratégiquement aligné avec la RPC, a placé le profit au-dessus de la prudence. Des millions de Chinois se rendent chaque année au Japon pour y faire du shopping et du tourisme, le Japon a tardé à fermer ses frontières aux visiteurs provenant de Chine continentale.

Récemment, le PCC a tenté de présenter sa gestion draconienne sur l’épidémie du coronavirus comme le triomphe du système autoritaire du parti. Mais le bilan historique de la Chine donne plus à réfléchir. Au fil des siècles, les pestes et autres calamités ont annoncé la chute des dynasties.

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