L’épidémie de coronavirus place sous surveillance les recherches chinoises sur la guerre biologique

7 février 2020
Mis à jour: 7 février 2020

L’origine du nouveau coronavirus qui a entraîné le confinement de 34 villes chinoises et s’est maintenant propagé à au moins 35 pays hors de la Chine est encore inconnue.

Selon les premières informations en provenance de Chine, la source serait un marché d’aliments vivants à Wuhan, la capitale de la province de Hubei, et pourrait avoir été causée par des chauves-souris.

D’autres rapports affirment que la source pourrait être l’Institut de virologie de Wuhan, géré par l’État, situé près du marché, où le virus pourrait avoir fui du premier laboratoire « P4 » de haut niveau du pays, qui traite les types d’agents pathogènes les plus dangereux.

Le premier rapport faisant état du laboratoire P4 comme source potentielle a été publié par GreatGameIndia, une revue sur la géopolitique et les relations internationales. D’autres publications, telles que le Washington Times, ont suivi, avec des affirmations supplémentaires basées sur des interviews.

Bien que l’histoire du virus provenant du laboratoire n’ait pas été démentie, elle a été critiquée par plusieurs organes de presse, car certaines connexions ne sont toujours pas prouvées.

Quelle que soit l’origine du coronavirus, l’attention portée au laboratoire P4 a braqué les projecteurs sur les prétendus programmes de guerre biologique du régime chinois et soulève des questions sur la nature du laboratoire P4 de Wuhan.

Le principal argument contre l’idée que le régime chinois ait un programme de guerre biologique est le fait que la Chine est devenue un État membre de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques (CIAB) en 1984, ce qui lui interdirait de développer des armes biologiques.

Un bref examen des documents officiels et des stratégies, cependant, alimente rapidement le doute quant à savoir si le régime chinois a suivi la CIAB de près. Un rapport du Département d’État américain datant d’août 2019 fait état de l’évaluation américaine selon laquelle la Chine avait un programme d’armes biologiques offensives depuis au moins les années 1950 jusqu’à la fin des années 1980, et malgré la signature de la CIAB, « il n’y a pas d’informations disponibles pour démontrer que la Chine aurait pris des mesures pour remplir ses obligations au titre du traité » pour « détourner ou détruire » toute arme biologique offensive qu’elle aurait développée auparavant.

Le rapport note également que le régime chinois « s’est engagé, au cours de la période considérée, dans des activités biologiques susceptibles d’avoir des applications à double usage, ce qui suscite des inquiétudes quant à son respect de la CIAB ».

En d’autres termes, certains programmes de recherche réalisés par le régime chinois pourraient être utilisés à des fins à la fois pacifiques et hostiles. Le rapport note que « les informations disponibles sur les études des chercheurs des institutions médicales militaires chinoises identifient souvent des activités biologiques de nature éventuellement anormale […] avec des applications potentielles à double usage ».

Rick Fisher, chercheur principal au Centre international d’évaluation et de stratégie et collaborateur d’Epoch Times, a déclaré dans une interview que les évaluations américaines du gouvernement et des services de renseignement soutiennent que « la Chine a développé ces armes depuis le début ».

Rick Fisher a noté qu’on soupçonnait que les programmes de guerre biologique en Chine étaient liés à des fuites du virus du SRAS, après son apparition en 2002 et 2003, et à une épidémie virale à la fin des années 1980 dans le Xinjiang.

« Ce sont toujours des catastrophes – des effondrements – dans le processus de ces laboratoires qui ont permis à ces virus très nocifs de se répandre dans le public et de causer des morts importantes, mais clairement inutiles », a déclaré M. Fisher.

Le laboratoire P4 de Wuhan a des liens avec l’armée chinoise, l’Armée populaire de libération. Lorsque la société américaine Gilead Sciences a récemment envoyé en Chine un nouveau médicament (le remdesivir) qui pourrait éventuellement traiter le nouveau coronavirus, l’Institut de virologie de Wuhan a rapidement déposé une demande de brevet.

Dans une déclaration du 4 février publiée sur le site web de l’institut à propos du brevet, l’institut indique qu’il a mené des recherches en collaboration avec l’Institut de médecine d’urgence de l’Académie nationale de recherche médicale militaire pour la prévention et le contrôle des drogues. Il note également des liens avec le Centre de recherche en technologie d’ingénierie de prévention de l’Institut de recherche médicale militaire, et avec le Centre de recherche en ingénierie et contrôle de la médecine d’urgence de l’Institut national de médecine d’urgence pour la recherche médicale militaire.

Le laboratoire P4 de Wuhan fait partie de l’Académie chinoise des sciences, qui entretient des liens étroits avec l’armée chinoise dans ses programmes de recherche.

Entre-temps, la doctrine militaire chinoise a identifié la guerre biologique comme un élément clé des stratégies militaires du régime – en particulier dans tout scénario de guerre avec les États-Unis. Parmi les programmes clés figure la stratégie dite de « Sha Shou Jian » ou « coup de massue ».

Michael Pillsbury, un consultant du Pentagone, a mis en garde contre cette stratégie dans son livre de 2016 The Hundred-Year Marathon (« Le marathon de cent ans », inédit en français), dans lequel il a noté que la seule fois où la Chine a gagné dans un jeu de guerre simulé avec les États-Unis, l’équipe chinoise a utilisé la stratégie de « Sha Shou Jian ». Il a écrit : « Chaque fois que l’équipe chinoise a utilisé des tactiques et des stratégies conventionnelles, l’Amérique a gagné – de manière décisive. Cependant, dans tous les cas où la Chine a utilisé les méthodes de ‘Sha Shou Jian’, la Chine a été victorieuse. »

Rick Fisher a déclaré que la stratégie de « Sha Shou Jian » est conçue pour utiliser diverses armes non conventionnelles en conjonction avec une attaque surprise brutale, et que « lorsqu’elle est utilisée au bon moment, et ciblée sur une faiblesse spécifique de l’ennemi, elle peut entraîner l’effondrement rapide de la menace militaire de cet ennemi ».

Il a également noté que les responsables militaires chinois n’ont pas hésité à parler de l’utilisation d’attaques brutales et d’armes, y compris d’armes biologiques. Certaines de ces déclarations sont cependant si cyniques et extrêmes que beaucoup d’analystes de la défense américaine ont tendance à les rejeter.

En ce qui concerne les rumeurs sur la propagation du nouveau coronavirus en Chine, il a fait remarquer que si elles ne sont pas encore prouvées, elles ne devraient pas non plus être écartées sans enquête.

« Des scientifiques réputés commencent à se rassembler autour de l’idée qu’au minimum, le coronavirus auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est le produit d’un laboratoire et non le produit d’un processus naturel », a déclaré M. Fisher.

Il a ajouté que « le consensus qui se développe sur le fait que ce coronavirus soit un virus créé par l’homme lie naturellement ce fait aux capacités et aux programmes de guerre biologique de la Chine ».

« Le monde devrait prendre cette possibilité très au sérieux, et elle devrait affecter notre politique et nos relations avec la République populaire de Chine. »

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