L’épouse de « la conscience de la Chine » Gao Zhisheng craint qu’il ait été assassiné

Par Nicole Hao
18 avril 2021
Mis à jour: 10 mai 2021

L’épouse de Gao Zhisheng, surnommé « la conscience de la Chine », craint que le Parti communiste chinois n’ait assassiné cet avocat des droits de l’homme. Le 14 avril, elle a exigé que Pékin réponde à deux requêtes et a déclaré qu’elle prendrait d’autres mesures s’ils ne reconnaissaient pas son droit à l’information sur son mari, qui est détenu par l’État.

« Si Gao Zhisheng est effectivement mort, je demande au PCC de me rendre ses cendres, par humanité », a déclaré son épouse Geng He à Epoch Times lors d’un entretien téléphonique le 14 avril.

« [Si Gao est toujours en vie], j’aimerais être détenue dans la même prison que Gao. Je demande à l’ambassade de Chine de me délivrer un visa et de me laisser entrer en Chine », a ajouté Geng.

Gao est un avocat des droits de l’homme, un dissident et un auteur renommé en Chine, et le 20 avril sera son 57e anniversaire. Il s’est attiré la colère de l’ensemble de l’État-Parti communiste chinois parce qu’il n’a cessé de leur mettre des bâtons dans les roues, dénonçant les mauvais traitements infligés par le Parti au peuple chinois. Depuis le début des années 2000, il a toujours offert ses services juridiques, souvent à titre gracieux, pour défendre les groupes vulnérables en Chine. Le régime le maintient en détention ou en résidence surveillée depuis août 2006. Il a également été torturé.

Le 13 août 2017, Gao a disparu de la maison de son frère dans le comté de Jia, ville de Yulin, dans la province du Shaanxi (nord-ouest de la Chine). Le bureau politique de Yulin a confirmé que le Parti communiste avait placé Gao en détention, mais a refusé de dire où il était détenu.

Le 15 avril représente le 1 140e jour depuis la disparition de Gao. Pendant tout ce temps, le régime a refusé à Gao toute visite de ses proches et a refusé de divulguer toute information le concernant.

La voix de l’épouse

Geng He, épouse de l’avocat chinois des droits de l’homme Gao Zhisheng, lors d’une conférence de presse à Hong Kong, le 30 juin 2019. (Li Yi/The Epoch Times)

La femme de Gao, Geng, a fui la Chine avec leur fille de 16 ans et leur fils de 5 ans en 2009, avec l’aide de groupes religieux clandestins, et a trouvé refuge aux États-Unis. Au cours des trois dernières années, Geng a maintenu la pression sur les autorités chinoises pour obtenir des informations sur l’état de santé de son mari, mais elle n’a toujours pas reçu de réponse.

« J’ai appelé nos proches [en Chine le 9 avril] et ils m’ont dit qu’ils avaient appelé le bureau de police de Yulin pour obtenir des informations sur Gao. La police leur a répondu maintenant que les relations entre les États-Unis et la Chine sont tendues. Gao est un personnage sensible et personne ne peut lui rendre visite », a déclaré Geng.

Connaissant clairement le mal dont le régime communiste chinois est capable, il ne se passe pas un jour sans que Geng ne soit profondément inquiète pour son mari.

« [Le régime] ne permet pas aux proches de lui rendre visite, ne le libère pas, ne montre pas ses photos… J’ai peur qu’il soit mort. Je veux le voir s’il est encore en vie et voir son corps s’il est mort », a déclaré Geng en larmes à Epoch Times.

Le bureau de police de Yulin a raconté des récits divers à la famille sur l’endroit où se trouve Gao. Parfois, ils disent que Gao est détenu à Pékin, alors que quelques jours plus tard, ils disent que Gao est détenu dans le comté de Jia. Le bureau de police du comté de Jia a dit à la famille que le cas de Gao était traité par Yulin, et qu’il ne savait rien.

« L’année dernière, la police de Yulin a prétendu que personne ne pouvait rendre visite à Gao à cause de la pandémie », a déclaré Geng. « Maintenant, ils ont inventé une nouvelle excuse. »

Gao Zhisheng, avocat spécialisé dans les droits de l’homme (The Epoch Times)

Gao a subi d’importantes tortures lorsqu’il a été emprisonné en 2006. Le 28 novembre 2007, il a décidé de risquer sa vie et d’expliquer par écrit au monde extérieur ce qu’il avait subi dans une prison noire de Pékin quelques mois auparavant. Ses écrits ont été sortis clandestinement de Chine avec l’aide d’amis.

« J’ai pris des chocs de quatre matraques électriques en même temps. J’ai senti que mes organes et mes muscles bondissaient frénétiquement sous ma peau. Ils essayaient d’échapper aux chocs », a écrit Gao dans un article intitulé Dark Night, Dark Hood, and Kidnapping by Dark Mafia.

« Alors que je me roulais par terre à cause de la douleur, le policier surnommé Wang a commencé à choquer mes parties génitales à l’aide d’une matraque électrique. »

Après avoir subi des heures de chocs, les policiers ont allumé cinq cigarettes en même temps et ont soufflé la fumée sur le nez et les yeux de Gao pendant deux heures. « [À ce moment-là,] je pouvais seulement sentir que des larmes coulaient sur mes jambes. Je n’étais même pas conscient des actions des policiers », a écrit Gao.

La torture a continué pendant plus de 50 jours, et Gao a perdu connaissance à plusieurs reprises.

Geng a déclaré qu’elle avait élevé leurs enfants jusqu’à l’âge adulte maintenant, et qu’elle souhaitait vraiment être réunie avec son mari et rester avec lui, quelle que soit la dureté des tortures qu’il subit.

La conscience de la Chine

Gao Zhisheng, Geng He, et leurs deux enfants à Pékin (The Epoch Times)

Gao Zhisheng est surnommé « la conscience de la Chine » par de nombreux militants des droits de l’homme en Chine et à l’étranger, dont l’ancien secrétaire d’État canadien pour l’Asie-Pacifique, David Kilgour.

Gao a été nommé trois fois pour le prix Nobel de la paix, en 2007, 2008 et 2010.

Au début des années 2000, Gao a défendu plusieurs pratiquants de Falun Gong dans des affaires visant à obtenir réparation auprès du régime, qui a banni illégalement cette pratique spirituelle pacifique de l’école du Bouddha. Les pratiquants de Falun Gong ont été détenus et torturés par le régime, et leurs maisons ont été perquisitionnées simplement parce qu’ils refusaient de renoncer à leur croyance dans les principes d’Authenticité, de Bienveillance et de Tolérance du Falun Gong.

Vers la fin de 2004 et au début de 2005, Gao a écrit trois lettres au dirigeant chinois de l’époque, Hu Jintao, et au Premier ministre de l’époque, Wen Jiabao, pour leur faire part de l’injustice subie par les pratiquants de Falun Gong sous le régime et des tortures qu’ils avaient subies.

En novembre 2005, Gao et Geng ont annoncé qu’ils avaient quitté le PCC.

En août 2006, la licence de Gao pour pratiquer le droit lui a été retirée et il a été détenu pendant quatre mois. En 2007, il a été détenu pendant plus de 50 jours. En février 2009, il a disparu.

En avril 2010, il a accordé une interview à l’Associated Press dans sa maison à Pékin. Après cela, il a été à nouveau détenu pendant environ 20 mois.

En décembre 2011, le régime a annoncé que Gao avait été condamné à trois ans de prison. En 2014, le régime a libéré Gao mais l’a assigné à résidence jusqu’à ce qu’il disparaisse à nouveau en 2017.

Gao Zhisheng dans son bureau à Pékin en novembre 2005 (Verna Yu/AFP/Getty Images)

À cause des tortures qu’il a subies, Gao a eu la plupart de ses dents cassées en 2014, selon Geng. Gao a également été soumis à des tortures horribles, comme des cure-dents plantés dans ses parties génitales.

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