Les animaux sauvages et le camping au Québec

6 août 2013 Mis à jour: 5 août 2015

 

Au Québec, dès que vous sortez des grands centres urbains pour camper dans la nature, vous allez vous retrouver sur le territoire d’un grand nombre d’animaux sauvages. Rassurez-vous : «Au Québec on n’a pas vraiment d’espèces dangereuses», souligne Nathalie Rivard de la Sépaq, la Société des établissements de plein air du Québec. Toutefois, certaines précautions de base s’imposent pour s’assurer que ces animaux, petits et grands, gardent une distance qui permet d’éviter tout incident. Une règle est valable avec tous les animaux, peu importe leur taille : faites attention de ne pas les attirer avec votre nourriture.

Tous les animaux, qu’ils soient grands ou petits, sont en quête de nourriture et font souvent des provisions pendant les beaux jours en prévision de l’hiver. L’homme peut leur fournir une source d’aliments très faciles à obtenir que les animaux peuvent soit voler ou mendier. Beaucoup d’entre eux ont modifié leur comportement à la suite de leur contact avec l’homme.

Il est donc bien important de faire particulièrement attention à la nourriture lorsque vous allez camper. La même consigne est valable pour tous les animaux : ne laissez aucune nourriture à proximité de votre tente, ne jamais apporter de nourriture dedans et ne jamais manger à l’intérieur de celle-ci non plus. Il vaut mieux enfermer tous les aliments dans votre voiture ou la suspendre à un arbre.

«On parle de nourriture, mais on parle aussi de tout ce qui sent : dentifrice, antisudorifique, etc.», souligne Mme Rivard, responsable du service de la conservation et de l’éducation pour les parcs nationaux des Îles-de-Boucherville et du Mont-Saint-Bruno. En cas de doute, ne prenez pas de risque. Vérifiez les poches et les sacs des enfants pour éviter d’oublier un bonbon par exemple. Mesdames, inspectez le fond de votre sac à main : il y a toujours des surprises à l’intérieur.

Si votre voiture est à côté, mettez tout dans celle-ci. Si vous êtes en camping rustique loin de votre auto, Parcs Québec offre souvent des installations qui permettent d’accrocher la nourriture dans les airs; dans certains parcs, des boîtes spéciales permettent de garder les aliments hors de portée des animaux. Sinon, prévoyez une longue corde solide pour suspendre votre nourriture dans un arbre, entre quatre et six mètres de haut et à un mètre du tronc. Selon la responsable de la conservation et de l’éducation, l’idéal est de l’installer à un minimum de 100 mètres de la tente, surtout dans les régions où l’ours est présent.

Cela est aussi valable pour les déchets qu’il ne faut pas enterrer, mais plutôt placer dans des poubelles spécialement conçues, ou bien avec sa nourriture pour les jeter par la suite.

Ne les nourrissez pas

«Il est si mignon, si je partageais mon sandwich avec lui?» Ce genre de réflexion bien courante est à l’origine du changement de comportement de nombreux animaux. Aussi joli que soit le raton laveur ou l’écureuil qui s’approche de vous, retenez-vous de le rendre dépendant à la nourriture humaine qui, dans la majorité des cas, est moins bonne pour sa santé que celle, bien adaptée à son système, qu’il peut se procurer dans la nature. En cas de dépendance, il ne saura plus aller la chercher lui-même. Vous ne lui rendrez pas non plus service en le rendant moins farouche envers l’homme, en particulier pour les animaux auxquels les chasseurs s’intéressent.

Nathalie Rivard cite de multiples exemples de cas problématiques d’animaux qui ont été nourris par les humains. «C’est pour ça que, dans Parcs Québec, nous avons un règlement qui stipule qu’il est interdit de nourrir les animaux, parce que ça crée une dépendance envers l’humain. C’est ce qui fait qu’on a des animaux qui n’ont aucunement peur. Si vous allez dans des endroits vraiment sauvages, vous allez voir que jamais un raton laveur ne viendra voir un être humain.»

Tout animal sauvage peut avoir des comportements imprévisibles. Ils peuvent être porteurs de différentes maladies virales et de parasites. «Il faut toujours être prudent. Ce sont des animaux sauvages. Ça peut quand même mordre. Un raton laveur ne nous tuera pas, comme une mouffette, ou un écureuil, mais ça peut mordre. Les loups c’est la même chose. Ça a une gueule un peu plus épeurante qu’un raton laveur», prévient Mme Rivard en riant. Il vaut donc toujours mieux garder ses distances avec tout animal sauvage.

Certains parcs nationaux ont connu des problèmes avec certains animaux que les gens avaient pris l’habitude de nourrir : des mouffettes dans certains campings, un bébé ours au parc de la Jacques-Cartier qui a par la suite causé des problèmes lorsqu’il a eu trois ans, ou des loups au parc du Mont-Tremblant. Dans tous les cas, les parcs ont dû prendre des mesures. Par exemple, le parc du Mont-Tremblant a ceinturé le camping d’une corde avec des drapeaux rouges, et les loups n’ont jamais traversé cette ligne. Ils leur ont aussi fait peur au printemps et, surtout, ils ont fait énormément de prévention auprès des humains pour qu’ils ne les nourrissent pas, et cela a fini par régler le problème.

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