Les autorités chinoises annoncent des nombres contradictoires de cas de pneumonie virale, ce qui éveille les soupçons

Par Nicole Hao
24 janvier 2020 Mis à jour: 24 janvier 2020

Alors qu’une nouvelle forme de pneumonie virale a commencé à se répandre en Chine, les différentes autorités gouvernementales annoncent des nombres de cas différents, ce qui amène les citoyens à penser qu’ils ne disent pas la vérité.

Le Conseil du Cabinet d’État chinois a tenu une conférence de presse dans la matinée du 22 janvier, au cours de laquelle des hauts fonctionnaires de la Commission nationale de la santé et du Centre de contrôle et de prévention des maladies ont répondu aux questions des journalistes.

Li Bin, directeur adjoint de la Commission nationale de la santé, a donné les dernières données officielles du moment, indiquant qu’au total, 440 personnes en Chine ont été diagnostiquées avec le nouveau coronavirus. Ils sont originaires de 13 provinces différentes.

Mais la chaîne de télévision publique CCTV a annoncé que 444 cas ont été constatés dans la seule province de Hubei lors d’un reportage diffusé le 22 janvier à 20 heures.

Des nombres différents

Les médias chinois Caixin ont également annoncé le 22 janvier que Zhan Caihong, maire du comté de Qichun dans la province de Hubei, a dit lors d’une conférence au niveau du comté que le 19 janvier, il y avait 109 cas confirmés dans la ville de Huanggang, la municipalité à laquelle appartient Qichun.

Mais selon les informations transmises par la chaîne de télévision CCTV, il n’y a eu que 12 cas diagnostiqués à Huanggang.

Huanggang est à une heure de route de la ville de Wuhan. De nombreuses personnes se rendent à Wuhan pour y travailler.

Comme les autorités ont déjà confirmé que le virus peut être transmis de personne à personne, de nombreux citoyens craignent de contracter la maladie.

Le 21 janvier, Epoch Times a reçu une suggestion d’une lectrice anonyme de la ville de Yichang, dans la province de Hubei, à environ quatre heures de route de Wuhan. Elle a déclaré que le gouvernement de Yichang a désigné le troisième hôpital de la ville comme centre de traitement central de la nouvelle maladie, et qu’au moins un patient a été diagnostiqué avec le nouveau coronavirus.

Elle a déclaré que tous les patients présentant des symptômes de type pneumonie dans la ville ont été transférés au troisième hôpital, et que l’établissement est fortement surveillé par la police.

Des policiers chinois portent des masques de protection à la gare de Pékin, en Chine, le 22 janvier 2020. (Kevin Frayer/Getty Images)

Super-contagieux

Le 21 janvier, le maire de Wuhan, Zhou Xiansheng, a confirmé qu’un médecin et 13 infirmières avaient contracté le coronavirus en traitant un patient.

Zhou Xiansheng a déclaré à la chaîne de télévision CCTV en circuit fermé que le patient avait été infecté par le virus avant de se rendre au service de neurochirurgie de l’hôpital de l’Union de Wuhan. Après avoir opéré ce patient, le médecin impliqué et les infirmières du service de neurochirurgie sont tombés malades un à un.

Le patient est connu pour être super-contagieux. Des patients peuvent être plus ou moins contagieux que d’autres après avoir contracté la même maladie.

Mais les autorités ont nié qu’il puisse y avoir de tels patients. Le 22 janvier, le directeur du CDC, Gao Fu, a déclaré lors de la conférence de presse du 22 janvier : « Nous n’avons vu aucune preuve de l’existence d’une personne super-contagieuse. »

Lors de la conférence de presse, les responsables gouvernementaux ont refusé de donner des informations sur le nombre de membres du personnel médical qui ont contracté le virus auprès des patients.

Certains chercheurs ont estimé que le nombre réel d’infections en Chine pourrait être beaucoup plus élevé que ce que rapportent les autorités.

L’université de Hong Kong a publié le 22 janvier ses prévisions chiffrées selon lesquelles Wuhan pourrait compter 1 343 cas, et 359 autres cas dans d’autres villes du continent.

Cas suspects

Le 22 janvier, les médias d’État ont confirmé que Xu Dapeng, un militant écologiste de longue date, est mort d’une infection pulmonaire. Il y a neuf jours, la femme de Xu est morte de la même maladie.

Certains employés du gouvernement de Wuhan ont affirmé en ligne que Xu et sa femme étaient morts du nouveau coronavirus, mais l’hôpital a insisté sur le fait qu’ils étaient morts d’une grave maladie pulmonaire. L’hôpital a également refusé d’effectuer des tests de dépistage du coronavirus.

Un jour auparavant, le Guardian avait rapporté qu’une femme de 65 ans à Wuhan était morte de la nouvelle maladie virale, mais que le gouvernement ne l’avait pas comptée dans le bilan officiel.

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