Les bienfaits d’exposer ses propres fautes à la lumière de la vérité

Entrer en contact avec le monde intérieur : ce que l'art traditionnel offre au cœur
Par Eric Bess
18 mai 2020
Mis à jour: 18 mai 2020

Se tourner vers l’intérieur : ce que l’art traditionnel offre au cœur de votre être.

Il est intéressant de voir comment nos vices perdent de leur force lorsqu’ils sont révélés au grand jour ; ils gagnent en puissance lorsqu’ils sont cachés dans les espaces sombres de notre esprit. J’ai beaucoup réfléchi à ce que je considère comme mes propres vices et à la manière dont je dois les gérer. Je veux débarrasser mon cœur et mon âme de mes vices, mais la honte me contraint à les garder cachés, là où leur force ne fait que s’accroître.

La confession et la grâce de Dieu

Saint Augustin avait un problème similaire avec ses propres vices. À un moment donné, il a prié :
« Seigneur, donne-moi la chasteté, mais pas encore. »

Dans son livre Les Confessions, saint Augustin analyse la lutte de l’âme entre la vertu et le vice. Il commence chaque chapitre par une prière à Dieu et confesse son propre combat contre les péchés tels que l’ambition, l’orgueil et la luxure. À la fin, il affirme que l’humble confession de ses péchés à Dieu est nécessaire pour corriger ses vices. Seule la grâce de Dieu peut aider à vaincre le péché.

Saint Augustin, entre 1645 et 1650, par Philippe de Champaigne. Huile sur toile; 30,9 pouces par 24,4 pouces. Musée d’art du comté de Los Angeles. (Domaine public)

Saint Augustin, de Philippe de Champaigne

Entre 1645 et 1650, Philippe de Champaigne, peintre pour le cardinal Richelieu et le roi Louis XIII, réalise un tableau intitulé Saint Augustin.

Champaigne a représenté saint Augustin assis sur une chaise devant un bureau. Il porte une robe blanche recouverte d’un manteau d’or brodé d’images religieuses. Sa main droite tient une plume d’oie dont la pointe est couverte d’encre comme s’il était en train d’écrire, et son bras gauche repose sur le livre devant lui tandis que sa main gauche tient un cœur en feu. Les flammes du cœur se déplacent comme si elles étaient soufflées vers l’arrière de sa tête, qui semble également enflammée.

Saint Augustin ne regarde pas le livre devant lui, mais se retourne pour regarder derrière lui, où il voit une lumière brillante avec le mot « veritas » ou « vérité« . Cette lumière semble briller en direction de saint Augustin et illuminer son visage. Sous la lumière, se trouve un livre avec les mots « Biblia Sacra » écrits en haut de ses pages, ce qui se traduit par « Sainte Bible ».

La Passion de saint Augustin

Pour moi, le mot « veritas » dans la lumière affirme sans équivoque que la parole de Dieu est la vérité. Mais pourquoi saint Augustin regarde-t-il la lumière et non la Bible ? Est-ce parce que la parole de Dieu est plus omnipotente que ce qui est écrit ? Y a-t-il une vérité au-delà de la Bible qui ne soit communicable qu’entre l’individu et la grâce de Dieu ? Cette communication, se fait-elle, au moins en partie, par le biais de la confession ?

C’est cette lumière de la vérité qui semble illuminer le visage de saint Augustin. Cette lumière de la vérité, est-elle aussi ce qui enflamme son cœur et son esprit ? Je ne pense pas que ces flammes, cette passion, viennent de saint Augustin lui-même, mais qu’elles sont le résultat de la recherche intérieure de la lumière de la vérité.

Saint Augustin, par exemple, ne regarde pas la plume dans sa main comme si son écriture était ce qui enflammait son cœur et son esprit. Il ne regarde pas les livres en dessous ou derrière lui. Il ne regarde même pas la Bible. Il est dans la béatitude, dans une union mystique, et s’infuse de la lumière de la vérité comme si c’était cette lumière qui l’inspirait.

Avoir une confession à faire

La confession nécessite de faire une introspection : elle exige une réflexion et un examen de soi-même, et elle exige l’honnêteté et la sincérité dans la recherche des choses mauvaises qui sont encrées au plus profond de nous-même, dans les méandres de notre cœur et de notre esprit. Chaque fois que je suis sincère avec moi-même concernant mes vices, je parviens à discerner le mal qu’ils ont fait à mes proches comme à moi-même.

Confesser mes péchés a des conséquences non seulement pour moi, mais aussi pour ma famille, mes amis et ma communauté. Confesser ses péchés est un acte de compassion : cela demande le courage nécessaire pour faire abstraction de la honte de s’exposer au grand jour en avouant tout à autrui pour son bien-être et celui de ses proches ; c’est un acte d’amour. Quelle est la lumière de la vérité, la grâce de Dieu, si ce n’est l’essence de l’amour ?

Si la lumière de la vérité, la grâce de Dieu, est l’essence de l’amour, alors dans l’acte de confession, saint Augustin a donc le courage de se laisser purifier par la lumière qu’est l’amour.

Il expose tous ses vices à la seule chose à travers le filtre duquel ils ne peuvent que s’étioler pour mieux disparaître, la lumière divine.

Être exposé à la lumière divine vous révèle en vérité tel que vous êtes maintenant ainsi que le chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre votre but.

L’art, par ce qu’il exprime, a, depuis toujours, eu cette incroyable capacité à faire naître en nous des interrogations telles que : « Qu’est-ce que cela signifie pour moi et pour tous ceux qui le voient ? » « Comment cela a-t-il influencé le passé et comment cela pourrait-il influencer l’avenir ? » « Qu’est-ce que cela peut-il apporter à l’humanité ? »

Ce sont quelques-unes des questions que nous nous posons dans notre « quête l’intérieure » : ce que l’art traditionnel procure au cœur de votre être.

Eric Bess est un artiste figuratif. Il est actuellement doctorant à l’Institut d’études doctorales en arts visuels (IDSVA).

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